• LECTURE A VOIX HAUTE: 3 POEMES. Arthur Rimbaud."Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers"

     

     

    Cette semaine sur le thème de l'été et de sa langueur, Anne Cardona, l'enlivreuse, nous propose une Lecture à voix haute de 3 poèmes d'Arthur Rimbaud : SENSATION (2ème poème sur 15 du 1er Cahier de Douai) PATIENCE (Mai 1872), BONNE PENSÉE DU MATIN (Mai 1872).

    Si vous appréciez un tant soit peu l’Enlivreuse, sachez que cette dernière a grand besoin de vous, et pour l’aider, rien n’est plus simple ABONNEZ-VOUS ici https://www.youtube.com/c/lenlivreuse 

    Bienvenue parmi les Enlivrés aux oreilles affutées, amateurs de lectures littéraires à voix haute, nous faisons salon chaque mercredi à 19 H ! https://www.youtube.com/watch?v=wqJBe... 

    C'est du bonheur à l'état pur, à écouter sans limite. 

     

    https://www.youtube.com/watch?v=VxHEOiuguE8&fbclid=IwAR2QwJ3EEKVm3O-26zzd64ZcxQVPqVUO9ZIkspdVAxllAgZgOT1d8dsFkEo

     

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  • Où sont les miens ? (Aux pays perdus et à ceux qui les arpentent)

     

    Où sont les miens

    dont je n'entends  plus que des voix lointaines ? 

    Où sont les miens ? 

    Sont-ils dans le flanc des pirogues

    dans la trace sur le sable

    dans le vol silencieux d'un oiseau

    dans l'aube qui blanchit la porte de la nuit ? 

    Où sont les miens

    les miens racines

    les miens maisons

    Où sont-ils les miens d'ici 

    les miens d'ailleurs ? 

    Je les suis, doigt hésitant,

    je soulève les pierres

    je plonge tout au fond des mers

    j'entre dans les arbres

    je demande aux animaux

    Les miens sont fantômes

    ils murmurent en moi

    mais je ne sas pas où les trouver

    Je n'ai qu'une valise

    en elle dorment tous les secrets

    les secrets miens

    et mon acte de naissance

    et un passeport usé par les aéroports

    Où sont les miens ? 

    Je ne sais pas, je ne sais plus.

    Où sont les miens ? 

    Je m'allonge dans ma valise

    et j'apprends par cœur le numéro de mon siège

    en face e moi il est écrit "Interdit de..."

    Où sont les miens ? 

    Là bas, là bas, sur la terre perdue... 

     

            Mariem Mint Derwich 

    Poétesse mauritanienne 

    traduit par Maram al-Masri

    (Anthologie des femmes poètes du monde arabe)

     

    Où sont les miens ?  de Mariem Mint Derwich

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  • Murs 

    Un mur de neige

    Dans des mains chaudes

    Un mur de silence

    Dans une bouche assoiffée

    Un mur de larmes

    Dans des yeux amoureux ! 

    Un mur de flammes

    Dans un cœur blanc

    Un mur de désespoir

    Dans une âme radieuse

    Dans un esprit fleuri

    Le mur de l'obscurité

    S'effiloche devant l'aube

    Et, au-delà, la vie ! 

     

    Murs visibles, et d'autres invisibles...

    Murs de neige, 

    Et d'autres, de silence, de larmes,

    de doute, d’amertume, de flammes

    Murs d'obscurité...

    L'oeil s'y passionne

    Et l'âme chérissant la beauté

    N'y est pas encore née ! 

     

    Là où le néant règne ! 

    Les doigtes caressent la beauté

    Là où elle est oubliée

    Les verbes la chantent

    Là où elle est silence

    Les coeurs passionnés la retrouvent

    Même au fond du miroir ! 

     

    Elle est par ici, elle est par là

    Jasmin sauvage des sentiers perdus

    Goutte d'amour survivant au désespoir ! 

     

         Mounia Boulila,

                poétesse tunisienne.

                                                          traduite par Maram al-Masri 

                                                          (Anthologie des femmes poètes du monde arabe)

     

     

    Murs de Mounia BOULILA

     

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  • La Martyre

     

    Là où tu te trouves 

    Tu es martyre

    Tu ne ressembles pas aux intentions qui ont débordé

    Sur les pistes de la course

    Tu ne ressembles guère à la vague terrifiée

    Aux rames des brumes alourdies

    Tu es l'aiguisoir de l'oppression

    Tu es la gomme des menottes épuisées

    Qui s'endorment entre les poitrines et les dos

    Ils lanceront entre tes doigts

    Les douleurs et les désirs

    Et en direct

    Vous deviendrez plus étroite

    Qu'une joie fragile

    Dans un ballon sans sommeil

    Vous deviendrez... le chasseur et la proie

    Vous deviendrez... le chevalier et sa victime

    Tu es le pronom impersonnel... le supprimé et l'estimatif 

    Révolte-toi sur le discours de l'ABC

    Sois indéchiffrable une fois absente

    Sois illisible une fois présente

    Là où nul jour en ta présence

    Là où nul jour en ton absence 

     

       Fouzia Akermi

                poétesse tunisienne 

                            traduite par Maram al-Masri 

                                                          (Anthologie des femmes poètes du monde arabe)

     

     

    La martyre  de  Fouzia Akermi

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  • Jour après jour augmente ma conviction

    que j'ai été créée pour toi

    J'ai vu de mes propres yeux ta bouche dire

    les poèmes avant moi

    et sans toi, Ô homme qui m'as envahie comme

    une fièvre côtière,

    je suis desséchée comme un pays détruit 

    et pâle comme le ruisseau à sec

    et je n'ai ni couleurs ni goût

    et mon odeur est comme le lit de l'étang que 

    la pluie n'a pas visité

     

    Jour après jour augmente ma conviction

    que tu es un homme venu de tout l'espace

    et que tu as colorié le visage de la vie qui m'appartient

    avec les couleurs de la vie

    et le goût de la vie

    et les formes de la vie

    Etranger qui es apparu  l'univers au soir d'un jour

    j'ai crié : " C'est toi, ma voisine ? "

    Tu n'as pas répondu

    mais je savais

    bénis soyons-nous, nous les étrangers

     

    Jour après jour augmente ma conviction

    que je suis comme une allumette

    qui ne flambe qu'une seule fois

    Alors, sois cette fois ! 

    et laisse-moi illuminer de nuit ton champ

    car tu es le seul à posséder le secret des allumettes

    qui flambent de longues années, pour une longue vie

    Toi seul, tu donnes à l'existence la belle couronne

    coloriée de la vie

    Toi seul, tu convaincs le coeur, ce badineur révolté

    et effronté en tout, d'en finir avec la mauvaise 

    habitude qu'il a contractée depuis longtemps 

    et qui revient à chaque nouvelle aube et s'appelle

    le départ

     

    Jour après jour augmente ma conviction 

    que j'endure ta présence, 

    j'y insiste, comme la plus grande prison

    que mon existence ait connue

    Je contrefais la vérité quand je te nomme mon ami

    et que je dis que tu es une partie de moi

    que tu es un petit symboles décorant mes cheveux

    Je pratique la jolie peur des femmes

    et je cache même aux amis ma situation

    Alors tu deviens une nouvelle et belle voix

    une fleur de jasmin qui parfume toutes mes lettres

    et ma pudeur

    et mes lettres me trahissent

    Ô toi, ma peur que mon parfum soit senti des gens

     

    Jour après jour augmente ma conviction

    et j'en consolide les fortifications

    Par où vais-je fuir de ma certitude

    qui se dresse autour de moi comme une barrière

    d'herbe, de jasmin et de chèvrefeuille ? 

    Jour après jour augmente ma conviction

    S'il vous plaît, pour l'amour de Dieu, 

    renforcez ma certitude. 

     

                Rouadha Al-Hadj 

                    poétesse soudanaise

                              traduite par Maram al-Masri 

                                                          (Anthologie des femmes poètes du monde arabe)

     

     

    Sur la côte, le coeur confesse. de Rouadha Al-Hadj

     

     

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