• "Ô Jour, lève-toi!
    Fais resplendir ta Lumière, les atomes dansent.
    Grâce à Lui l'Univers danse, les âmes dansent, éperdues d'extase,
    libérées du corps et de l'esprit,
    Je te murmurerai à l'oreille où les entraîne leur danse.

    Tous les atomes dans l'air et dans le désert dansent,
    étourdis et ivres dans un rayon de lumière,
    comme fous.

    Tous ces atomes ne sont pas si différents de nous,
    heureux ou malheureux,
    hésitants et déconcertés
    Nous sommes tous des Êtres dans le rayon de lumière du Bien-Aimé,
    au-delà des mots."

     

      https://www.youtube.com/watch?v=oewbC5KgKrc 

     

    Le poème des atomes - Jalal dine Rûmî

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  • Phrases au phare de François MIGEOT

     

     

    Au bout du corps

    et du labour de l’âge

    d’une vie restent les cendres

    les traces de feux anciens

    laissés au courant de la marche

    pour éclairer ton labyrinthe

    au plus fort du silence

     

    Les chemins sont usés

    Ils descendent se perdre

    au bout des terres

    là où l’absence s’accroît

    mais le phare brûle encore

    de la phrase des vivants

    rassemblés sur les bords du langage

     

    Veilleuses droites

    leur tour est venu

    d’habiter d’un adieu le rivage

    ils donnent forme à la nuit

    à ce moment de houle

    qui bruit de souvenir

    et creuse entre ses lames

    la langue morte de l’oubli

     

    Ils lancent cette parole

    à la crête de l’écume

    sac et ressac

    qui se forme et se tait

    puis qui chaîne et qui trame

    pour vêtir

    l’interminable

    oubli

    de la

    mer

     

                                                                     François MIGEOT 

                                                                                      (extrait du recueil « Traces »)

     

    Phrases au phare de François MIGEOT

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  • Parfois 

     

     

    refermant l’instant dans tes yeux

    tu partais par éclipses

    aux dédales du dedans

    divaguer dans les limbes

    et revenais en fantômes

    à tâtons hanter le présent

     

    Sorti de tes gonds

    et  fenêtres enfoncées

    sans feu ni lieu

    tu vivais en absence

    au soleil de l’oubli

    et chaque jour pour t’escorter

    ton ombre s’amenuisant

     

    En vain les mots lancés à tes trousses

    et les pronoms pour te reprendre

    Ils revenaient piteux

    égaré  dans la trace

    plus une âme qui vive

     

    Partie se noyer au large

    de ce matin d’octobre

    elle t’exclut du respir

    et t’enchâsse dans les dates

    tandis que depuis le canot de la vie

    on sauve du naufrage ton image

    tombée à la mer des mémoires

     

    Les marins meurent

    mais persistent les fanaux

    car où rien demeure

    où rien ne nous reste

    que ton froid et la geste des vivants

    où tout dire est abus

    abus de la vie brève sur la mort éternelle

    il reste à veiller l’horizon

     

    Droite flamme blanche

    ta silhouette est soufflée

    mais l’astre de ta mort

    n’est pas encore éteint

     

                                    François MIGEOT  (extrait du recueil « Traces »)

     

    Parfois de François MIGEOT

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  •  

    Soudain,

    comme ouverte au passage

    une porte battant au regard

    un fragment du dehors en chemin de lumière

    entre les arbres et jalons laissés par l’hiver

    quelqu’un passe dans l’épaisseur du silence

     

    Soi-même à dos de soleil

    virgule de présence

    dans la phrase infinie du chemin

    on emprunte la route

    on déchiffre les ombres

    on avance mot à mot

    à la lueur lointaine des espoirs

     

    Mais tandis que personne avance

    qui brûle dans les marges

    qui passe dans la clarté qui avance

    qui creuse dans le vide des yeux

    qui s’absente à la voûte du moment

    pour tenir le présent ?

     

    Au bout de la marche

    en compagnie de l’âge

    dans la ruine des visages

    à qui rendre

    les bâtons du voyage ?

     

                    François MIGEOT  (extrait du recueil « Traces »)

     

    Entrevu de François MIGEOT

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  • Vieillir - Jean Marie VIVIER

     

    Vieillir c'est garder sa jeunesse comme un beau souvenir

    C'est s'habituer à vivre un peu au ralenti

    Réapprendre son corps pour pouvoir s'interdire

    Ce que la veille encore on se savait permis

    Se dire à chaque fois lorsque l'aube se lève

    Que quoi que l'on y fasse on est plus vieux d'un jour

    A chaque cheveux gris se séparer d'un rêve

    Et lui dire tout bas un adieu sans retour

     

    Vieillir c'est se résigner à rester sur le rivage

    Espérer pour ses fils un avenir heureux

    C'est vivre dans son coin sans devenir sauvage

    Se laisser ignorer tout en restant près d'eux

     

    Et c'est pouvoir enfin apprivoiser l'amour

    Faire une symphonie aux accords de sagesse

    C'est aimer une femme pouvoir lui faire la cour

    Pour d'autres raisons que la plastique de ses fesses

     

    Vieillir ce n'est plus faire l'amour mais c'est faire la tendresse

    Ce n'est plus dire encore c'est murmurer toujours

    C'est sentir dans sa main une main qu'on caresse

    Et trembler à l'idée qu'elle vous quittera un jour

    Vivre dans un jardin où l'on peut s'attendrir

    Se prendre par le cœur et lui dire je t'aime

    Avouer qu'on l'a trompée mais osera-t-on lui dire

    Quand on sait maintenant qu'on s'est trompé soi-même

     

     

    Vieillir c'est s'inquiéter soudain du salut de son âme

    Entrer dans une église sans bien savoir pourquoi

    De tous les Saints Patrons devenir polygame

    Et avoir des frissons en regardant la croix

    C'est ignorer la fin d'un sketch qu'on a écrit

    Vouloir rejouer encore devant ses spectateurs

    En cherchant une réplique ou bien un mot d'esprit

    Tout en sachant très bien qu'on en n'est pas l'auteur

     

    Vieillir c'est s'en aller un jour sans jamais faire de vagues

    En une heure, un endroit qu'on ne choisira pas

    Sentir un soir quelqu'un qui souffle votre flamme

    Disparaître doucement parce que c'est comme ça

     

    Vieillir... Vieillir...

     

    https://www.youtube.com/watch?v=RQ6_alkoE-A

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