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    Au fond d'un lointain souvenir,

    Je revois, comme dans un rêve,

    Entre deux rocs, sur une grève,

    Une langue de mer bleuir.

     

    Ce pauvre coin de paysage

    Vu de très loin apparaît mieux,

    Et je n'ai qu'à fermer les yeux

    Pour éclairer la chère image.

     

    Dans mon cœur les rochers sont peints

    Tout verdis de criste marine,

    Et je m'imprègne de résine

    Sous le vent musical des pins.

     

    L'œillet sauvage, fleur du sable,

    Exhale son parfum poivré,

    Et je me sens comme enivré

    D'une ivresse indéfinissable.

     

    De longs groupes de saules verts,

    À l'éveil des brises salées,

    Mêlent aux dunes éboulées

    Leurs feuillages, blancs à l'envers.

     

    Je revois comme dans un rêve,

    Au fond d'un lointain souvenir,

    Une langue de mer bleuir

    Entre deux rocs, sur une grève.

                         

       André Lemoyne.

     

    Marine de André Lemoyne

     

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    Je t'adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,

    Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,

    Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,

    Se divise et demeure entière

    Ainsi que l'amour maternel !

     

    Je te chante, et tu peux m'accepter pour ton prêtre,

    Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu

    Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,

    L'humble vitre d'une fenêtre

    Pour lancer ton dernier adieu !

     

    Tu fais tourner les tournesols du presbytère,

    Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher,

    Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,

    Tu fais bouger des ronds par terre

    Si beaux qu'on n'ose plus marcher !

     

    Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !

    Sois béni parmi l'herbe et contre les portails !

    Dans les yeux des lézards et sur l'aile des cygnes !

    Ô toi qui fais les grandes lignes

    Et qui fais les petits détails!

     

    C'est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre

    Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit,

    De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,

    A chaque objet donnant une ombre

    Souvent plus charmante que lui !

     

    Je t'adore, Soleil ! Tu mets dans l'air des roses,

    Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !

    Tu prends un arbre obscur et tu l'apothéoses !

    Ô Soleil ! toi sans qui les choses

    Ne seraient que ce qu'elles sont !

                                                        Edmond Rostand

     

    Hymne au soleil – Edmond Rostand

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    Poème de Jean Pierre BOULIC - Citation en image

     

    Ces quelques vers de Jean-Pierre Boulic, tirés du recueil « Cette simple joie » mis en image.

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    Le soleil, immense œil unique,

    Ne voit pas autant de choses que moi ;

    Et la lune, fière, tout-argent,

    Pourrait aussi bien n’être qu’un nuage.

     

    Et le Printemps, oh le Printemps !

    Je mène une vie de Roi !

    Couché dans l’herbe foisonnante

    J’observe les jeunes beautés.

     

    J’ose regarder ce que nul n’ose voir

    Et j’observe ce que nul n’observe

    Et quand la nuit s’approche

    Les moutons bêlent ma berceuse.

     

                                                                                John Keats

                                                                   Les Odes Ed Arfuyen

                                                                   Traduction Alain Suied

     

    Le chant de la marguerite de John Keats

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