• Murs 

    Un mur de neige

    Dans des mains chaudes

    Un mur de silence

    Dans une bouche assoiffée

    Un mur de larmes

    Dans des yeux amoureux ! 

    Un mur de flammes

    Dans un cœur blanc

    Un mur de désespoir

    Dans une âme radieuse

    Dans un esprit fleuri

    Le mur de l'obscurité

    S'effiloche devant l'aube

    Et, au-delà, la vie ! 

     

    Murs visibles, et d'autres invisibles...

    Murs de neige, 

    Et d'autres, de silence, de larmes,

    de doute, d’amertume, de flammes

    Murs d'obscurité...

    L'oeil s'y passionne

    Et l'âme chérissant la beauté

    N'y est pas encore née ! 

     

    Là où le néant règne ! 

    Les doigtes caressent la beauté

    Là où elle est oubliée

    Les verbes la chantent

    Là où elle est silence

    Les coeurs passionnés la retrouvent

    Même au fond du miroir ! 

     

    Elle est par ici, elle est par là

    Jasmin sauvage des sentiers perdus

    Goutte d'amour survivant au désespoir ! 

     

         Mounia Boulila,

                poétesse tunisienne.

                                                          traduite par Maram al-Masri 

                                                          (Anthologie des femmes poètes du monde arabe)

     

     

    Murs de Mounia BOULILA

     

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  • La Martyre

     

    Là où tu te trouves 

    Tu es martyre

    Tu ne ressembles pas aux intentions qui ont débordé

    Sur les pistes de la course

    Tu ne ressembles guère à la vague terrifiée

    Aux rames des brumes alourdies

    Tu es l'aiguisoir de l'oppression

    Tu es la gomme des menottes épuisées

    Qui s'endorment entre les poitrines et les dos

    Ils lanceront entre tes doigts

    Les douleurs et les désirs

    Et en direct

    Vous deviendrez plus étroite

    Qu'une joie fragile

    Dans un ballon sans sommeil

    Vous deviendrez... le chasseur et la proie

    Vous deviendrez... le chevalier et sa victime

    Tu es le pronom impersonnel... le supprimé et l'estimatif 

    Révolte-toi sur le discours de l'ABC

    Sois indéchiffrable une fois absente

    Sois illisible une fois présente

    Là où nul jour en ta présence

    Là où nul jour en ton absence 

     

       Fouzia Akermi

                poétesse tunisienne 

                            traduite par Maram al-Masri 

                                                          (Anthologie des femmes poètes du monde arabe)

     

     

    La martyre  de  Fouzia Akermi

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  • Jour après jour augmente ma conviction

    que j'ai été créée pour toi

    J'ai vu de mes propres yeux ta bouche dire

    les poèmes avant moi

    et sans toi, Ô homme qui m'as envahie comme

    une fièvre côtière,

    je suis desséchée comme un pays détruit 

    et pâle comme le ruisseau à sec

    et je n'ai ni couleurs ni goût

    et mon odeur est comme le lit de l'étang que 

    la pluie n'a pas visité

     

    Jour après jour augmente ma conviction

    que tu es un homme venu de tout l'espace

    et que tu as colorié le visage de la vie qui m'appartient

    avec les couleurs de la vie

    et le goût de la vie

    et les formes de la vie

    Etranger qui es apparu  l'univers au soir d'un jour

    j'ai crié : " C'est toi, ma voisine ? "

    Tu n'as pas répondu

    mais je savais

    bénis soyons-nous, nous les étrangers

     

    Jour après jour augmente ma conviction

    que je suis comme une allumette

    qui ne flambe qu'une seule fois

    Alors, sois cette fois ! 

    et laisse-moi illuminer de nuit ton champ

    car tu es le seul à posséder le secret des allumettes

    qui flambent de longues années, pour une longue vie

    Toi seul, tu donnes à l'existence la belle couronne

    coloriée de la vie

    Toi seul, tu convaincs le coeur, ce badineur révolté

    et effronté en tout, d'en finir avec la mauvaise 

    habitude qu'il a contractée depuis longtemps 

    et qui revient à chaque nouvelle aube et s'appelle

    le départ

     

    Jour après jour augmente ma conviction 

    que j'endure ta présence, 

    j'y insiste, comme la plus grande prison

    que mon existence ait connue

    Je contrefais la vérité quand je te nomme mon ami

    et que je dis que tu es une partie de moi

    que tu es un petit symboles décorant mes cheveux

    Je pratique la jolie peur des femmes

    et je cache même aux amis ma situation

    Alors tu deviens une nouvelle et belle voix

    une fleur de jasmin qui parfume toutes mes lettres

    et ma pudeur

    et mes lettres me trahissent

    Ô toi, ma peur que mon parfum soit senti des gens

     

    Jour après jour augmente ma conviction

    et j'en consolide les fortifications

    Par où vais-je fuir de ma certitude

    qui se dresse autour de moi comme une barrière

    d'herbe, de jasmin et de chèvrefeuille ? 

    Jour après jour augmente ma conviction

    S'il vous plaît, pour l'amour de Dieu, 

    renforcez ma certitude. 

     

                Rouadha Al-Hadj 

                    poétesse soudanaise

                              traduite par Maram al-Masri 

                                                          (Anthologie des femmes poètes du monde arabe)

     

     

    Sur la côte, le coeur confesse. de Rouadha Al-Hadj

     

     

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  • Le bruit du vide 

     

    Brouillard sur le chemin de la mémoire

    La poussière enveloppe mon âme

    L'air lourd m'emporte pour dormir dans ses bras

    sur la véranda ds passants

    et sur notre chemin

    Le silence du silence cavale

    et dans l'obscurité du chagrin

    Je me faufile hors de moi

    pour la pupille des yeux qui ne me voient pas

    pour un moment de désir

    pour ce que je ne connais pas

    Je suis fatiguée des routes

    fatiguée de la nuit

    celle qui vient et ne revient pas vers toi

    et de la lune qui tient tête à l'obscurité

    Je reviens

    et l'amour me menace

    et la sympathie

    et l'opposition

    et l’humiliation

    et le tout

    Je reviens à l'exil

    J'étais dans l'exil

    et dans la souffrance

    et je porte un peu de moi et je marche

    pour où ? 

    Je ne sais pas

    Alors j’acquiers la certitude

    d'arriver  jusqu'à toi

    Impossible

    Et je ne peux pas rester

    avec la veille

    et le vent qui éparpille et efface mes pas

    Il marche en moi

    dame de l'amour

    où réside la source de mon histoire

    Ô moi, 

    Ô le chant de mes douleurs sur mon cadavre

    et la poussière d'images 

    les vitres de la fable

    et les chandelles de la mort

    et mon ombre qui fuit

    et en moi il  a des chemins qui se perdent

    estompés par la rosée du matin

    et le brouillard 

    Et je ne disparais pas... disparaître. 

     

                                  Nada Damra poétesse jordanienne

                               traduit par Maram al-Masri dans 

                                                      "Anthologie des femmes poètes du monde arabe"

     

    Le bruit du vide de Nada DAMRA

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  • Des courts-métrages pour le jeune public à l'Escale - Migennes (89400)

     

     

    Le poème de Jacques Prévert mis en animation. C'est fantastique. Mes petites filles ont adoré cette version qui leur a donné envie de découvrir la poésie. 

    Deux escargots s’en vont pour un enterrement

    À l'enterrement d'une feuille morte
    Deux escargots s'en vont
    Ils ont la coquille noire
    Du crêpe autour des cornes
    Ils s'en vont dans le soir
    Un très beau soir d'automne
    Hélas quand ils arrivent
    C'est déjà le printemps
    Les feuilles qui étaient mortes
    Sont toutes ressuscitées
    Et les deux escargots
    Sont très désappointés
    Mais voilà le soleil
    Le soleil qui leur dit
    Prenez prenez la peine
    La peine de vous asseoir
    Prenez un verre de bière
    Si le cœur vous en dit
    Prenez si ça vous plaît
    L'autocar pour Paris
    Il partira ce soir
    Vous verrez du pays
    Mais ne prenez pas le deuil
    C'est moi qui vous le dis
    ça noircit le blanc de l'œil
    Et puis ça enlaidit
    Les histoires de cercueil
    C'est triste et pas joli
    Reprenez vos couleurs
    Les couleurs de la vie
    Alors toutes les bêtes
    Les arbres et les plantes
    Se mettent à chanter
    À chanter à tue-tête
    La vraie chanson vivante
    La chanson de l'été
    Et tout le monde de boire
    Tout le monde de trinquer
    C'est un très joli soir
    Un joli soir d'été
    Et les deux escargots
    S'en retournent chez eux
    Ils s'en vont très émus
    Ils s'en vont très heureux
    Comme ils ont beaucoup bu
    Ils titubent un p'tit peu
    Mais là-haut dans le ciel
    La lune veille sur eux.
     
                                        Jacques Prévert
     
     

     

    Réalisateurs : Jean-Pierre Jeunet et Romain Segaud
    Production : Tapioca Films
    D’après « Chanson des escargots qui vont à l’enterrement »
    Poème de Jacques Prévert, Editions Gallimard
    Scénario : Jean-Pierre Jeunet
    Dialogues : Jacques Prévert
    Animation : Romain Segaud
    Création des personnages : Jean-Pierre Jeunet
    Inspirés des oeuvres de Jephan de Villiers
    Musique : Raphaël Beau
    Directrices de Production : Emmanuelle Sterpin, Marjorie Orth
    Photographe : Elske Koelstra
    Chef monteur : Julien Lecat
    Chef opérateur du son : Julien Lecat
    Effet sonores : Sélim Azazi
    Mixage : Vincent Arnardi
    Etalonnage : Didier Lefouest
    Sous-titres anglais : Victoria Britten

    Interprétation :
    Sarah Bauer, Jean-Pierre Becker, Dominique Bettenfeld, Urbain Cancelier, Clovis Cornillac, Lorànt Deutsch, Jean-Claude Dreyfus, Albert Dupontel, Marina Fois, Youssef Hajdi, Irène Jacob, Mathieu Kassovitz, Jérôme Kircher, Nicolas Marié, Jean-Pierre Marielle, Laure Marsac, Serge Merlin, Yolande Moreau, Chantal Neuwirth, Patrick Paroux, Claude Perron, Ludovic Pinette, Dominique Pinon, Audrey Tautou, Florence Thomassin, Juliette Wiatr

    Distributeur : La maison du Film Court

     
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