•  

    Laisse couler le sable entre tes doigts

    Surtout ne compte pas.

     

    Heures secondes années

    Qu’importe le calendrier

    Ma montre est grippée

    Le passé se conjugue au futur

    Et le présent recomposé

    Confond aujourd’hui et toujours.

     

    Invente si tu veux d’autres repères

    Trois fois par jour fêtons notre anniversaire

    Et vivons notre mort avant notre naissance.

     

    Surtout ne compte pas.

     

    Entre tout et rien il y a nous

    Infini du désir

    Et la joie saute la mesure.

    C’est décidé

    Pas de frontières à notre vie

    Vitesse illimitée jusqu’à l’immobilité.

     

    Et si ce n’est pas vrai

    Ça ne compte pas non

    Ça ne compte pas.

     

                       Bernard Friot  - La vie sexuelles des libellules et autres poèmes pas chiants.

     

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  • L’orage a crevé mon ennui

     

    Je suis assis sur un tas de nuages noirs

    Les mains collées à mes oreilles

    Et je contemple le bazar.

     

    Pauvres petites fourmis tout en bas

    Oui courez vous mettre à l’abri

    Le vent tord vos parapluies

    Et dans les grondements du ciel enroué

    Les ombres galopent après vous.

     

    C’est une toute petite catastrophe

    Que j’ai organisée

    Rien de terrible pas de morts aujourd’hui

    Une ou deux caves inondées une vieille dame

    Eclaboussée par un autobus

    Quelques poubelles renversées

    Rien de plus.

     

    La prochaine fois

    Je ne sais pas

    On verra.

     

                       Bernard Friot  - La vie sexuelles des libellules et autres poèmes pas chiants.

     

    L’orage a crevé mon ennui

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  • A lire sous la douche de Bernard FRIOT

     

    La mer à boire

    Et les yeux pour pleurer

    L’addition est un peu salée

    Vous ne trouvez pas ?

     

    Vallée de larmes et cocotiers

    Le paysage est désolé

    S’il vous plaît allumez la télé

    C’est l’heure de la publicité

    Fraîcheur citron en super-promotion

    Donnez-moi ma ration d’illusions.

     

    Mes mains sont trouées

    Et j’ai tout un monde à créer

    Papier mâché cœurs déchirés

    Tout est à recommencer.

    Dieu s’est trompé dans ses calculs

    Et c’est à moi de sucrer les fraises

    Pour adoucir vos jours étouffés

    Entre deux tranches de pain rassis.

     

    Ce n’est pas la mer à voire

    Et vous avez les yeux pour pleurer

    Préparez votre chéquier

    L’addition sera salée

    Et la maison ne fait pas crédit

    Mes amis.

              Bernard Friot  - La vie sexuelles des libellules et autres poèmes pas chiants.

     

    A lire sous la douche de Bernard FRIOT

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  • O. de Bernard Friot

    J’ai compté les flocons les gouttes de pluie

    Les grains de sable les cendres du foyer

    Les cailloux des chemins les fleurs du jardin

    Et les mots prononcés

    Quand je n’écoutais pas.

    J’ai compté les pages imprimées

    Les heures passées à rêver

    Les serrures brisées les bâillements étouffés

    Les dents cachées sous l’oreiller les lettres déchirées

    Les mains que j’ai serrées

    Et toutes les idées reçues.

     

    Et puis

    Je me suis embrouillé dans mes additions

    Je n’ai gardé que les zéros.

    Exact ils font le compte rond

    bulles crevées cerceaux roulés sur le pavé

    Il faudrait inventer une nouvelle unité

    Pour mesurer la vie

    Que j’ai vécue à moitié.

     

    Et s’il faut rendre le temps perdu

    Voilà prenez

    J’ouvre mes mains

    Servez-vous

    Pièces et billets roupies de sansonnet

    Je paie en monnaie de singe

    Et mes châteaux sont en Espagne.

    Je ne crains pas les dévaluations

    Pas besoin de saler l’addition

    Le compte est bon

    J’ai plus un rond

    Et quelques millions.

     

                                          Bernard Friot  -

                                    La vie sexuelle des libellules et autres poèmes pas chiants.

     

    O. de Bernard Friot

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  • J’atteste de Abdellatif LAÂBI

     

    J’atteste qu’il n’y a d’Etre humain

    que Celui dont le cœur tremble d’amour

    pour tous ses frères en humanité

    Celui qui désire ardemment

    plus pour eux que pour lui-même

    liberté, paix, dignité

    Celui qui considère que la Vie

    est encore plus sacrée

    que ses croyances et ses divinités

    J’atteste qu’il n’y a d’être humain

    que Celui qui combat sans relâche la Haine

    en lui et autour de lui

    Celui qui dès qu’il ouvre les yeux au matin

    se pose la question :

    Que vais-je faire aujourd’hui pour ne pas perdre

    ma qualité et ma fierté

    d’être homme ?

                                  Abdellatif LAÂBI

     

    J’atteste de Abdellatif LAÂBI

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