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    Ces mots où tu poses

    Patine de l’âme

    Et douce effigie

    D’une vie

     

    Ces mots que tu portes

    Parfums des vergers

    Encensent le ciel

    De tendresse

     

    Ces mots des étoiles

    Miettes du silence

    Des mots paysans

    A voix basse

     

    Ces mots dans la flaque

    D’un ru bruissant

    Faufilent toujours

    Les roseaux

     

    Ces mots dans le beau

    Mouvement des mains

    Frémissent encor

    Sur tes doigts

     

    Ces mots sur la feuille

    Du haut châtaignier

    Au seuil de l’allée

    Ont tracé

     

    Des mots des sépales

    Des mots éblouis

    Remis à la terre

    De ce jour.

     

    Jean-Pierre BOULIC – poème extrait du recueil « Cette simple joie »

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  • Jean-Pierre BOULIC – poème extrait du recueil « Cette simple joie »

     

    C’est une silhouette assise

    Sur une pierre

    Le puits et sa margelle

    Au pied de la colline

     

    Une femme survient

    Portant la cruche

     

    Deux âmes vulnérables

    Tendent leur soif

    Vers cette source inépuisable

    Du puits d’amour

     

    Tout passe en ces regards

    Où la ferveur inattendue

    Elucide les mots

     

    L’espace luit

    De l’eau vivante

    D’une parole sans retour.

     

    Jean-Pierre BOULIC – poème extrait du recueil « Cette simple joie »

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    Tiré du recueil "Cette simple joie" de Jean-Pierre Boulic

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  • Hymne au soleil, Edmond Rostand

     

    Je t'adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,

    Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,

    Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,

    Se divise et demeure entière

    Ainsi que l'amour maternel !

     

    Je te chante, et tu peux m'accepter pour ton prêtre,

    Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu

    Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,

    L'humble vitre d'une fenêtre

    Pour lancer ton dernier adieu !

     

    Tu fais tourner les tournesols du presbytère,

    Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher,

    Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,

    Tu fais bouger des ronds par terre

    Si beaux qu'on n'ose plus marcher !     ...

     

    C'est toi qui, découpant la sœur jumelle et sombre

    Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit,

    De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre

    A chaque objet donnant une ombre

    Souvent plus charmante que lui !

     

    C'est toi qui, découpant la sœur jumelle et sombre

    Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit,

    De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,

    A chaque objet donnant une ombre

    Souvent plus charmante que lui !

     

    Je t'adore, Soleil ! Tu mets dans l'air des roses,

    Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !

    Tu prends un arbre obscur et tu l'apothéoses !

    Ô Soleil ! toi sans qui les choses

    Ne seraient que ce qu'elles sont !

     

    Hymne au soleil, Edmond Rostand

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  • Jean Amrouche – Le vent

    Je t’entends enfin ô vent des horizons nus de la Terre Africaine,

    Vent très dur, vent très froid,

    Vent si pur !

     

    Je sais le chant violent de ta voix sur la plaine

    Et ton sifflement déchirant à travers les pauvres rues de la ville,

    Quand l’homme se courbe vers le sol,

    Sous ton geste royal vers l’Avant

     

    Vent de vie !

     

    Je sais ton cœur,

    Je sais que tu viens de là-bas, très loin,

    Là où l’homme n’a point de part,

    Souffle de la Terre

    Et que tu traînes les prémices de l’offrande terrestre

    Vers la Mer Vivante.

     

    Emporte-moi !

    Elève en tourbillons d’anges jusqu’au ciel

    Les pensées de mon âme

    Aux gouffres du vice enracinées.

     

    Vent,

    Mains innombrables de mes intercesseurs

    Ô vous tous qui priez, et joignez vos désirs silencieux

    Du ciel,

     

    Unissez aux vôtres mon chant,

    Et que brûlent enfin mes souillures

    Et mes vaines craintes.

                                                           28 janvier 1931

                           

                                            Une anthologie des poésies arabes – Rachid Koraïchi

     

    Jean Amrouche – Le vent

     

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