• Vieillir - Jean Marie VIVIER

     

    Vieillir c'est garder sa jeunesse comme un beau souvenir

    C'est s'habituer à vivre un peu au ralenti

    Réapprendre son corps pour pouvoir s'interdire

    Ce que la veille encore on se savait permis

    Se dire à chaque fois lorsque l'aube se lève

    Que quoi que l'on y fasse on est plus vieux d'un jour

    A chaque cheveux gris se séparer d'un rêve

    Et lui dire tout bas un adieu sans retour

     

    Vieillir c'est se résigner à rester sur le rivage

    Espérer pour ses fils un avenir heureux

    C'est vivre dans son coin sans devenir sauvage

    Se laisser ignorer tout en restant près d'eux

     

    Et c'est pouvoir enfin apprivoiser l'amour

    Faire une symphonie aux accords de sagesse

    C'est aimer une femme pouvoir lui faire la cour

    Pour d'autres raisons que la plastique de ses fesses

     

    Vieillir ce n'est plus faire l'amour mais c'est faire la tendresse

    Ce n'est plus dire encore c'est murmurer toujours

    C'est sentir dans sa main une main qu'on caresse

    Et trembler à l'idée qu'elle vous quittera un jour

    Vivre dans un jardin où l'on peut s'attendrir

    Se prendre par le cœur et lui dire je t'aime

    Avouer qu'on l'a trompée mais osera-t-on lui dire

    Quand on sait maintenant qu'on s'est trompé soi-même

     

     

    Vieillir c'est s'inquiéter soudain du salut de son âme

    Entrer dans une église sans bien savoir pourquoi

    De tous les Saints Patrons devenir polygame

    Et avoir des frissons en regardant la croix

    C'est ignorer la fin d'un sketch qu'on a écrit

    Vouloir rejouer encore devant ses spectateurs

    En cherchant une réplique ou bien un mot d'esprit

    Tout en sachant très bien qu'on en n'est pas l'auteur

     

    Vieillir c'est s'en aller un jour sans jamais faire de vagues

    En une heure, un endroit qu'on ne choisira pas

    Sentir un soir quelqu'un qui souffle votre flamme

    Disparaître doucement parce que c'est comme ça

     

    Vieillir... Vieillir...

     

    https://www.youtube.com/watch?v=RQ6_alkoE-A

    Pin It

    6 commentaires
  •  

    Dans ton cœur,

    des épines, des nuits

    noires – mais les crocus

    dans l’herbe rase,

     

    les regarder donne

    envie de vivre. Ce n’est pas encore le printemps,

    un merle déjà s’égosille,

     

    la journée paraît si

    solide qu’on croit voir

    le lierre pousser. N’aie

     

    pas de regrets pour cet

    amour qui ne sut jamais

    s’accomplir – les crocus,

    s’en souvenir suffit.

     

            Richard Rognet (extrait de « Un peu d’ombre sera ma réponse »)

     

    Dans ton cœur de Richard Rognet

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Des histoires – des

    histoires d’enfants,

    des contes bleus,

     

    des fables inachevées,

    les soupirs des sirènes

    qu’on ne sait plus

    ecouter, tant et tant

     

    de paroles enfouies

    sous de sanglantes

    détresses, tant de portes

     

    méchamment refermées sur

    les vestiges d’un amour

    qu’on croyait partagé –

     

    les histoires d’enfants

    n’ont pas la fin espérée.

     

     

     

            Richard Rognet (extrait de « Un peu d’ombre sera ma réponse »)

     

    Des histoires de Richard Rognet

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Tu as rejoint l’éternité,

    mon ami, - c’est aux

    dépens du temps d’aimer,

     

    aux dépens de ceux

    qui bâtissaient leurs

    jours en compagnie

    des tiens, tu as

     

    basculé, d’un coup,

    de l’autre côté – on

    croit parler d’éternité,

    or c’est notre temps

     

    qui s’émiette, et notre

    vie, comme un lambeau,

    qui pend et flotte

    au-dessus du vide.

     

            Richard Rognet (extrait de « Un peu d’ombre sera ma réponse »)

     

    6 mois ce 8 mai que mon ami Alain nous a quittés laissant sa famille, ses amis dans la peine. Les articles ce jour lui sont dédiés.

     

    Tu as rejoint de Richard Rognet

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Il y a tant de joie,

    tant de pudeur, tant

    d’élégance dans ce

    premier soleil

     

    qu’on ne peut croire

    que la terre est

    mortelle. les crocus

    jaunes se font signe

    d’un bout à l’autre

    du jardin. Un chat

     

    s’attarde sur un mur,

    l’air est doré,

    presque impalpable,

     

    on dirait que le silence

    qui vient de naître

    incise les ombres

    pour retrouver la vie.

     

     

            Richard Rognet (extrait de « Un peu d’ombre sera ma réponse »)

     

    Il y a tant de joies de Richard Rognet

    Pin It

    3 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique