• La constante macabre - Franck Lepage

     

    « Le rôle d’un enseignant est de fabriquer 3 tiers dans une classe : des bons, des moyens et des mauvais. Et que quelques soient les élèves qu’on lui donne, il va faire ça.

    Autrement dit, son rôle c’est de fabriquer de la hiérarchie. Alors qu’il dit, et qu’on l’oblige à dire qu’il fabrique de l’égalité.

    Un prof qui ne donnerait que des bonnes notes à ses élèves serait immédiatement considéré comme un mauvais prof…

    Les profs sont dans un système   qui va leur demander de fabriquer de la hiérarchie. Et pour cela ils vont utiliser des méthodes d’évaluation, des exercices bourrés de piège… soit des questions sur quelque chose qui n’a pas été vu en cours mais qu’on devrait être capable de déduire si on a compris ce qui a été vu en cours. C’est hyper vicieux.»  C’est cela la constante macabre

    L’école reproduit les hiérarchies sociales, c’est une école de l’inégalité. Et le système des notations est une manifestation de cette inégalité.

    Un extrait de la conférence : « l’inculture » de Franck Lepage.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=ZJEYOKycooY 

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  • Speak white, par Michèle Lalonde.

     

     

    Speak white

    il est si beau de vous entendre

    parler de Paradise Lost

    ou du profil gracieux et anonyme qui tremble

    dans les sonnets de Shakespeare

    nous sommes un peuple inculte et bègue

    mais ne sommes pas sourds au génie d’une langue

    parlez avec l’accent de Milton et Byron et Shelley et Keats

    speak white

    et pardonnez-nous de n’avoir pour réponse

    que les chants rauques de nos ancêtres

    et le chagrin de Nelligan

     

    speak white

    parlez de choses et d’autres

    parlez-nous de la Grande Charte

    ou du monument à Lincoln

    du charme gris de la Tamise

    De l’eau rose de la Potomac

    parlez-nous de vos traditions

    nous sommes un peuple peu brillant

    mais fort capable d’apprécier

    toute l’importance des crumpets

    ou du Boston Tea Party

    mais quand vous really speak white

    quand vous get down to brass tacks

    pour parler du gracious living

    et parler du standard de vie

    et de la Grande Société

    un peu plus fort alors speak white

    haussez vos voix de contremaîtres

    nous sommes un peu durs d’oreille

    nous vivons trop près des machines

    et n’entendons que notre souffle au-dessus des outils

     

    speak white and loud

    qu’on vous entende

    de Saint-Henri à Saint-Domingue

    oui quelle admirable langue

    pour embaucher

    donner des ordres

    fixer l’heure de la mort à l’ouvrage

    et de la pause qui rafraîchit

    et ravigote le dollar

     

    speak white

    tell us that God is a great big shot

    and that we’re paid to trust him

    speak white

    parlez-nous production profits et pourcentages

     

    speak white

    c’est une langue riche

    pour acheter

    mais pour se vendre

    mais pour se vendre à perte d’âme

    mais pour se vendre

    ah! speak white

    big deal

    mais pour vous dire

    l’éternité d’un jour de grève

    pour raconter

    l’histoire de peuple-concierge

    mais pour rentrer chez-nous le soir

    à l’heure où le soleil s’en vient crever au dessus des ruelles

    mais pour vous dire oui que le soleil se couche oui

    chaque jour de nos vies à l’est de vos empires

    rien ne vaut une langue à jurons

    notre parlure pas très propre

    tachée de cambouis et d’huile

     

    speak white

    soyez à l’aise dans vos mots

    nous sommes un peuple rancunier

    mais ne reprochons à personne

    d’avoir le monopole

    de la correction de langage

    dans la langue douce de Shakespeare

    avec l’accent de Longfellow

    parlez un français pur et atrocement blanc

    comme au Vietnam au Congo

    parlez un allemand impeccable

    une étoile jaune entre les dents

    parlez russe parlez rappel à l’ordre parlez répression

     

    speak white

    c’est une langue universelle

    nous sommes nés pour la comprendre

    avec ses mots lacrymogènes

    avec ses mots matraques

    speak white

    tell us again about Freedom and Democracy

    nous savons que liberté est un mot noir

    comme la misère est nègre

    et comme le sang se mêle à la poussière des rues d’Alger ou de Little Rock

     

    speak white

    de Westminster à Washington relayez-vous

    speak white comme à Wall Street

    white comme à Watts

    be civilized

    et comprenez notre parler de circonstance

    quand vous nous demandez poliment

    how do you do

    et nous entendez vous répondre

    we’re doing all right

    we’re doing fine

    We are not alone

    nous savons

    que nous ne sommes pas seuls.

     

    Speak white (en français : « Parlez blanc ») est une injure proférée aux Canadiens français par les Canadiens anglais lorsqu'ils parlaient français en public. Cette expression péjorative est rarement utilisée de nos jours. L'invective a également inspiré un poème écrit par Michèle Lalonde en 1968 et un film réalisé par Pierre Falardeau et Julien Poulin en 1980.

    On y entend Marie Eykel déclamer le poème. Ce film dénonce par des photos chocs l'impérialisme économique et culturel ainsi que le colonialisme des classes dominantes.

     

    https://youtu.be/JyOzGdDN-sw 

     

     

     

     

    Une seconde version métal déclamer par l’écrivain et cinéaste Pierre Falardeau

     

    https://www.youtube.com/watch?v=lNg5UP3alus 

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  • Des obéissances civiles

     

    Nous vivons au cœur d’une société aberrante, inhumaine, indifférente où seul compte les intérêts de quelques-uns. Quid du facteur humain, quid de la nature, quid de la biodiversité. Non il n’y a que commerce, économie, enrichissement personnel qui compte et tout ça soutenu par la politique de tous les états du monde ou presque. Nous voyons au quotidien les dérives de la mondialisation.

    Quel moyen avons-nous pour lutter contre ça ? Que pouvons-nous faire concrètement pour inverser le courant qui nous entraîne vers le mur ?

    Outre le fait que nous devons dénoncer ces situations désastreuses par tous les moyens mis à notre disposition : intégrer des associations, participer à des manifestations, signer des pétitions, il reste un moyen d’action et d’expression essentiel : la désobéissance civile.

    En quoi consiste-t ’elle ?

    Voici la définition qu’a donné le juriste québécois Yves de Montigny : « On qualifie généralement de désobéissance civile tout acte de défi à la loi ou, pour être plus précis, toute transgression d’un texte législatif ou réglementaire basée sur des motifs moraux, religieux, politiques ou philosophiques. »

    C’est un moyen d’action qui nous permet, au nom de l’égalité, de la justice, de l’écologie, de faire pression en désobéissant aux lois complices, aux directives par des actions non-violentes, pacifistes et collectives en vue d’améliorer la loi et en ayant le souci de la paix, de la justice, de l’égalité et de l’humanité. C’est une forme de contestation active, un moyen d’exprimer notre opposition à une situation dangereuse, injuste, répressive.

    Les exemples de désobéissance civile sont de plus en plus nombreux : les lanceurs d’alertes, les faucheurs d’OGM, le boycott commercial des marques dont les actes sociaux, économiques, écologiques sont inadmissibles, les personnes qui soutiennent les migrants, qui luttent contre les expulsions inhumaines…

    N’oublions pas parmi d’autres ces deux grands héros de la désobéissance civile : Gandhi qui a offert à l’Inde son indépendance par son action et Martin Luther King qui a ouvert la voie de l’égalité pour les noirs d’Amérique.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=QTZJ3t-XA8c&feature=youtu.be

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  • Koyaanisqatsi

     

    Koyaanisqatsi est un documentaire de 1983 produit par Francis Ford Coppola, réalisé par Godfrey Reggio sur une composition philharmonique de Philip Glass ; quant aux images elles sont  de Ron Fricke.

    C’est le premier volet de  Trilogie des Qatsi. Les deux volets suivants sont : Powaqqatsi et Naqoyqatsi.

    Venant de la langue hopi, Koyaanisqatsi se décompose ainsi  « Ko-yaa-nis » : déséquilibre ou folie, et « qatsi » : vie.

    C’est un film sans paroles avec des images spectaculaires. Le but est d’amener le spectateur à une réflexion personnelle sans influence par un texte quelconque mais par un montage sonore et visuel utilisant des échelles différentes d'espace et de temps.

    Il se décompose en plusieurs temps, intitulés successivement :

        Vie folle

        Vie tumultueuse

        Vie en déséquilibre

        Vie se désagrégeant

        Un mode de vie qui appelle une autre philosophie de l'existence.

        Interprétation : l’avancée de la technologie sur la nature

    Bref l’évolution de l’homme au sein de son environnement et de l’environnement depuis le berceau de la civilisation à une société hyper technologique.

    3 prophéties hopi sont le point de départ du film et amène une première réflexion :

    -  Si l'on extrait des choses précieuses de la terre, on invite le désastre.

    -    Près du Jour de Purification, il y aura des toiles d'araignées tissées d'un bout à l'autre du ciel.

    -    Un récipient de cendres pourrait un jour être lancé du ciel et il pourrait faire flamber la terre et bouillir les océans.

    Il s’agit vraiment d’un film audacieux, surprenant et de toute beauté. Et la musique de Philipp Glass y tient le rôle principal apportant toute sa force à l’ensemble. J’ai envie de dire qu’il s’agit d’un voyage sensoriel.

     

    https://vimeo.com/21922694

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  • La vérité surprenante sur ce qui nous motive

     

    Cette animation à partir du discours du journaliste et auteur américain Daniel H. Pink, veut nous montrer ce qui nous motive vraiment et la façon dont nous pouvons utiliser nos connaissances pour travailler plus intelligemment et vivre mieux.

    Est-il révolu le temps de la carotte et du bâton qui nous motivait il y a peu ? Les études démontrent que pour des tâches simples de travail manuel, la récompense peut motiver les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes. Mais dès lors que le travail devient plus complexe nécessitant une réflexion, une pensée créatrice, une cognition importante, la motivation par la récompense entraine de mauvais résultat. Cette expérience a été faite avec des personnes de toutes catégories sociales et dans plusieurs pays différents.

    Tout ceci nous permet de comprendre que la façon de diriger basée sur le système punition-récompense, ne motive pas, loin s’en faut. Il ne pousse pas à accomplir des défis. Mais alors qu’elles sont les sources de motivation ?

    Il s’agit de l’autonomie, de la maîtrise/compétence avec l’envie de s'améliorer, et d’un but/sens qui justifie la raison d’être d’une tâche. Le défi, la maîtrise et le sentiment de contribuer apportent une satisfaction qui motive infiniment plus.

    De là à imaginer que cette façon de fonctionner puisse aller au-delà du monde du travail et toucher le monde de l’apprentissage, il n’y a qu’un pas. Je pense que donner aux enfants dès le plus jeune âge l’autonomie dans l’apprentissage en montrant ce dont ils sont capables pour faire quelque chose d’utile ne peut être que profitable. Or le système de notations instaurées en France va à l’encontre de cette idée.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=J2L5HD0tyhY&

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