• Hubert Félix Thiéfaine – La vierge au dodge 51

     

    Ce matin le marchand de coco n’est pas passé

    Et au lieu de se rendre à l’école

    Tous les vieillards se sont amusés à casser des huîtres

    Sur le rebord du trottoir avec des démonte-pneus

    Sur ma porte j’ai marqué : absent pour la journée

    Dehors il fait mauvais, il pleut des chats et des chiens

    Les cinémas sont fermés c’est la grève des clowns

    Alors je reste à la fenêtre

    A regarder passer les camions militaires

    Puis je décroche le téléphone

    Et je regarde les postières par le trou de l’écouteur

     

    Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe

    Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe

    Et moi je suis timide comme un enfant mort-né

    Et moi je suis timide comme un enfant mort-né

    Oh timide, mort-né !

    Dans X temps il se peut

    Que les lamelles de mes semelles se déconnectent

    Et que tu les prennes sur la gueule

    Je t’aime, je t’aime, je t’aime

     

    Et je t’offre ma vie et je t’offre mon corps

    Mon casier judiciaire et mon béribéri, je t’aime !

     

    Ce matin les enfants ont cassé leur vélo

    Avant de se jeter sous les tramways n° 1, n° 4, n° 10,

    n° 12, n° 30, 51, 62, 80, 82, 90, 95, 101, 106 et 1095

    Qui gagne un lavabo en porcelaine

    En sautant de mon lit j’ai compté les morceaux

    C’est alors que j’ai vu le regard inhumain

    De ton amant maudit qui me lorgnait comme une bête

    A travers les pâles du ventilateur

    Tout en te faisant l’amour dans une baignoire

    Remplie de choucroute garnie

     

    Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe

    Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe

    Et moi je suis timide comme un enfant mort-né

    Et moi je suis timide comme un enfant mort-né

    Oh timide, mort-né !

     

    Dans X temps il se peut

    Que les lamelles de mes semelles se déconnectent

    Et que tu les prennes sur la gueule

    Je t’aime, je t’aime, je t’aime

    Et je t’offre ma vie et je t’offre mon corps

    Mon casier judiciaire et mon béribéri, je t’aime !

     

    https://www.youtube.com/watch?v=BAJVUs9-aRs

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  • OCEAN - John Butler - 2012 Studio Version

     

    Une pure merveille à écouter au calme

     

    https://www.youtube.com/watch?v=jdYJf_ybyVo&feature=youtu.be

     

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  • Mathieu Lippé – Forêt

     

    Cesse de dire il forêt

    Il forêt conifère ci

    Il forêt conifère ça

    Houx encore

    Il aurait feuillu

    Ombellifère autrement

    Pour sauver nos «fadrait»

    Bien sûr, il y en a toujours qui chercheront ce qui est coupable

    Pour les écorcés vifs

    Pour les mettre en copeaux de scie

    En copeaux de si nous avions su

    Que nous avions pu

    Nous aurions tondu

    Mais nous, nous te disons que ce n’est nid

    Nid la faute des érables

    Nid la faute des …ifs

    Et qu’il appartient qu’à nous

    De nous sortir de notre propre mélèze

    De quitter nos chênes

    Pour que ce ravage frêne

    Et qu’on se mette au bouleau

     

    Faut rêver aux forêts

     

    Bien sûr, la vie n’est pas toujours rose

    Surtout quand les fougères le monde

    Mais ce n’est pas une floraison

    Pour se noyer

    Dans le désespoirier

    Il ne faut pas qu’on tremble nid qu’on cèdre

    Devant les friches

    Qui remplissent leurs coupes à blanc

    Sans remplir nos espaces verres à nous

    Nous te disons:

    «Surpassons les embûches et relevons le grand défi

    Le grand défi défiguier»

    Et rappelons-nous que nous ne sommes plus les saules à croître en ce rêve

    Et qu’il faut rêver aux forêts forever

     

    Faut rêver aux forêts

     

    Ce n’est pourtant pas sorbier

    Il suffit d’unir nos branches

    Pour qu’advienne le ramage d’or

    Où nous serons ces hêtres

    Flores et courageux

    Qu’ils n’arrêt’ tronc

    Jamais de pousser

    En liber thé des bois

    Sacré

     

    Faut rêver aux forêts

     

    https://www.youtube.com/watch?v=TKHs1nLTzP0

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  •  

       Stéphane Delrine, un talent à découvrir

     

     

    Voici quelques semaines j’ai été amenée à échanger avec un jeune artiste, Stéphane Delrine  qui m’a aimablement autorisé à écouter son premier album « la belle affaire ». Ce fut un plaisir de découvrir ce nouveau talent avec sa voix chaude et apaisante, un style musical varié.

    Auteur, compositeur, interprète, Stéphane a  créé et porté avec passion, intimement son album ; c’est son bébé. Il y a mis beaucoup de lui, beaucoup d’amour.

    Aujourd’hui je voudrais que vous aussi, amis lecteurs, puissiez découvrir Stéphane. Et pour ce faire il s’est aimablement prêté à un échange questions-réponses afin de nous permettre de le connaître un peu.

     

     

    Parlez-nous de vous Stéphane. Racontez-nous qui se cache derrière l'artiste. Quels sont les rêves de l'homme, ses aspirations, ses envies et désirs secrets ?

     

    J’ai longtemps marché dans les traces de l’homme moderne dans la société de consommation. Son mythe,  son fantasme,  sa vanité puis son aberration.  Je me suis libéré depuis peu de poids inutiles. Dans un grand feu de joie.  Une pause était plus que nécessaire.  Cela donnera vie à ces 10 chansons.

    Un artiste se révèle comme tel une fois l’objet de son travail mis à jour. En ce sens je suis un tout jeune artiste (l’album « La Belle Affaire » est sorti en juin 2017).  S’il faut contourner cette poignée de chansons pour remonter un fil d’Ariane qui mènerait jusqu’à l’individu (« L’Homme du Commun à l’Ouvrage » cher au peintre Jean Dubuffet),  je dirai avant tout qu’il y a là, aujourd’hui et face à vous, un homme à la croisée des chemins, à un moment où il faut faire des choix décisifs. Choix de vie, alternatives, options et résolutions.  Délicat, mais primordial.  Cet album est un pont,  une jonction entre deux rives. Il a été mon affut dans le temps imparti à son façonnage. Un abri de branchage hivernal.

    Je suis né et je vis sur les rivages méditerranéens.  Pourtant mes yeux se tournent souvent vers le centre du Pays, Le Nivernais, où j’ai passé l’intégralité de mes vacances d’enfants, puis d’ado. Nevers, Château-Chinon, Decize, La Charité-sur-Loire forment un chapelet de noms qui distillent les effluves d’un paradis perdu. Un éden à l’odeur de foin. Un eldorado pour charolaises immaculées.

    Mes rêves et mes aspirations, puisque c’est là votre question, ont bel et bien aujourd’hui un fort penchant pour un exil sans retour en campagne. La saveur d’un verre de Sancerre blanc siroté en bordure de Loire et l’agrément d’une partie de pêche au Sandre, ou à la Perche, dans le viseur.

     

       Stéphane Delrine, un talent à découvrir

    Bord de Loire (Stéphane Delrine)

     

     

    Comment votre histoire d'amour avec la chanson a-t'elle commencé ?

     

    La chanson est le vecteur artistique qui générait le plus d’émotion chez moi lorsque j’étais enfant. Elle imageait ma vie, elle habillait mes sentiments naissants, mes actes, mon expérience quotidienne lorsque ses sonorités s’élevaient au détour d’un 33T mis en place sur la HI-FI du salon ou d’une cassette insérée dans l’autoradio. C’est par le biais de mes parents – donc indirectement et de façon imposée – que ces chansons et leur lot d’aventures me parvenaient. Véronique Sanson ou Claude-Michel Schoenberg gagnaient ma curiosité. Charles Aznavour et Serge lama sollicitaient mon attention. Certains thèmes évoqués par ces artistes me captivaient et, composante parallèle et essentielle, j’étais séduit par leurs voix, leurs mélodies. Je découvrais alors que des sujets tels que L’ambigüité du sentiment amoureux ou la nature équivoque du temps pétrissaient mon imaginaire pubère.

    C’est donc tout naturellement que je me suis tourné vers la chanson pour exprimer un besoin artistique devenu de plus en plus pressant au fil du temps.

     

     

    Quel a été le déclic pour vous lorsque vous avez souhaité partager votre talent ?

     

    N’étant pas issu d’une famille de musiciens et n’ayant pas autour de moi des individus qui auraient pu me conduire vers cet univers, l’idée d’écrire des chansons et de les mettre en forme m’a traversé l’esprit assez tardivement. Je prenais bien des cours de guitare auprès d’un professeur irlandais qui était né dans le même quartier que Bono et qui avait côtoyé sa sœur. Ces cours me rapprochait des mes influences (Greg Brown, Donovan, Bert Jansch…) dont les partitions agrémentaient la teneur de cette heure partagée, mais mettre sur pied le canevas propice à l’élaboration d’un véritable album semblait chimérique. Et puis j’ai découvert par hasard en 2005 des livres et des magazines qui traitaient de musiques électroniques et plus particulièrement de home-studio. Je n’avais alors aucune connaissance du matériel à utiliser, aucune notion de mixage ni d’enregistrement. J’ai donc acheté 5 ou 6 ouvrages qui m’ont éclairé. Confectionner une chanson de bout en bout, seul, à la maison, devenait alors possible. Les évolutions technologiques de ces 20 dernières années ont permis l’émergence de nombreux artistes qui n’aurait peut-être jamais pu faire de musique sans ces développements. J’ai investi dans un équipement accessible financièrement (merci KR Recording !) et en quelques mois je sortais mes premières maquettes (« L’Eau Noire » / 2007 ; « La Fin des Étreintes » / 2008) expédiées confidentiellement à quelques journalistes. Un dernier projet musical (« La Chambre du Soliste » / 2011) fermera le ban de ces premiers essais solitaires et hors commerce. L’album « La Belle Affaire », quant à lui, était voué au commencement, comme ses prédécesseurs, au confinement. Acte de guérison, de décompression, qui, par une succession d’évènements sera transformé en projet collaboratif franco-américain intégralement autoproduit (le mixage sera confié à une jeune ingénieure du son française exilée à Londres et la totalité des musiques sera enregistrée aux USA via des musiciens de studio contactés par Internet). Le souhait de partager ma musique a réellement pris corps pendant l’élaboration de ce disque. Et puis, une fois la machine lancée, il y a la coquetterie finale, à l’heure du numérique, de faire confectionner en dernier lieu l’objet CD digipack.

     

     

    Êtes-vous auteur, compositeur, interprète ?

     

    Oui. Je compose puis j’écris (c’est généralement dans cette ordre là que les choses viennent). Enfin, j’enregistre moi-même les voix, chez moi, dans mon home-studio grassois (toutefois, coté vocalise, ma compagne semble de plus en plus encline à m’épauler !). Cela dit, écrire pour d’autres artistes me plairait particulièrement. Je ne suis pas farouchement attaché à l’interprétation exclusive et égocentrique de mes titres.

     

     

    Jouez-vous d'un instrument de musique ?

     

    Je joue de la guitare acoustique. Je compose essentiellement avec cet instrument. Parallèlement j’ai un clavier maître M-Audio relié à mon PC à l’aide duquel je triture quelques sons issus de synthétiseurs granulaire virtuels qui agrémenteront, parfois, la production de certains de mes titres.

     

     

    Quels sont vos influences musicales ? Vos inspirations ?

     

    Je différencie bien les influences de certains penchants ou attractions. Les premières pourront occasionnellement agir (consciemment ou pas) sur la structure de certaines de mes chansons via des choix d’instruments, de suite d’accords ou d’atmosphères. En ce sens, mes premières vraies influences seront issues du folk : Nick Drake, Bert Jansch, Donavan, Jackson C. Frank, John Martin, David Ackles, Tim Buckley...

    Au-delà d’un attachement particulier pour les sonorités produites par la guitare acoustique, la mélancolie se dégageant souvent de chansons portées par les artistes précités a été un ingrédient prédominant quant à l’attirance vouée à ces chanteurs. Viendront plus tard d’autres artistes à inscrire au crédit de ces influences à effet secondaire : Françoise Hardy, Yves Simon, William Sheller, The National, Richard Hawley, Mark Kozelek (Red House Painters / Sun Kil Moon)…

     

     

     

    Vous avez donné naissance à un album intitulé "La Belle Affaire". Dans ce premier album,

    qu’apprend-on sur vous ?

     

    Si les 3 premiers projets revendiquaient l’esquisse et l’expérimentation, ce premier album commercialisé en est l’antithèse. 10 mois durant ces 10 chansons ont été affinées et polies jusqu’au moindre détail me procurant une expérience musicale des plus formatrice. Cet album a ouvert chaque mois des portes nouvelles, inattendues et différentes. Il a brassé et renouvelé continuellement l’air d’un espace d’écriture et de composition à l’origine confiné, prenant de l’ampleur au fil des mois pour se muer en projet artistique de plus en plus abouti. Écriture, composition, enregistrement, mixage, mastering, conception graphique, pressage et matérialisation d’un support audio et de son emballage : chaque étape appelant la suivante, ouvrant de nouvelles voies hypothétiques, m’obligeant à contacter, chercher, tester, questionner. Une construction mécanique et sensorielle exigeante. Je n’ai jamais en préambule de tracé clair, d’idée préétablie ni de sujet précis avant l’écriture d’un titre. De temps à autre 4 ou 5 mots tournent en boucle dans mon esprit, accolés à une mélodie. A partir de cet embryon seront tissés les fils des paroles à venir pour 2 ou 3 chansons. Mais majoritairement je compose avant tout une suite d’accords formant la charpente du morceau (et imprimant immanquablement une ambiance, une atmosphère) sur laquelle, après une bonne dizaine d’écoutes et de charabia jeté à haute voix (souvent en voiture), un thème émergera, sa substance, sa matière puis son canevas. Chaque titre de cet album raconte une histoire : la solitude et la perte de repères, l’égarement dans des chemins de vie artificiels et postiches, la fin d’un amour, la course du temps, la folie des hommes ou les interrogations d’un père devant le futur offert à son enfant. Autant de thèmes qui me traversent, m’atteignent et me contraignent. Autant de sujets qui remontent à la surface de leur propre initiative et qu’il me faut avant tout accepter, avant de les pétrir, les modeler, les triturer. Immanquablement, chaque titre porte en lui une part de mes attractions ou aversions.

     

     

    Quel message avez-vous souhaité délivrer dans vos chansons ?

     

    Je ne souhaite délivrer aucun message, quelques indices tout au plus. J’écris avant tout pour qu’un auditeur inconnu accole à ces chansons les émotions qui lui sont propres. Pour que certains de ses sentiments y trouvent, à leur écoute, un terreau favorable à leur émanation, en lien direct avec sa propre expérience de vie.

     

     

    Parlez nous de vos désirs ? De vos projets ? De la direction musicale que vous souhaitez prendre à l'avenir ?

     

    L’inertie avec laquelle il a fallu batailler pour mener à bien ce premier album autoproduit aurait pu entraver mon désir de poursuivre cette aventure musicale solitaire. J’ai déjà repris le chemin de l’écriture et un nouveau titre est déjà abouti. L’élaboration d’un second projet semble donc se mettre en place. Quant à la future direction musicale, je ne suis pas uniquement constitué de mélancolie et de tristesse. De là à convier Rémy Bricka sur le prochain album…

     

     

     

    Un très grand merci Stéphane d’avoir entrouvert votre porte pour nous afin de faire votre connaissance. Ce fut pour moi un plaisir. Mais pour en savoir plus encore et surtout pour découvrir quelques titres de l’album, je vous invite, amis lecteurs, à visiter le site de Stéphane Delrine 

    https://delrine.com/

     

       Stéphane Delrine, un talent à découvrir

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  • Coldplay – Paradise

     

    Paradis

     

    Quand elle n'était qu'une petite fille,

    Elle inspectait le monde.

    Mais il s'est envolé hors de sa portée,

    Alors elle s'est réfugiée dans son sommeil.

     

    Elle a rêvé du para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Chaque fois qu'elle fermait les yeux.

     

    Quand elle n'était encore qu'une petite fille,

    Elle a attendu (de découvrir) le monde.

    Mais il s'est envolé hors de sa portée,

    Et les balles attrapées avec les dents.

    La vie continue,

    Cela devient si dur,

    La roue brise le papillon.

    Chaque larme est une cascade.

    Dans la nuit, une nuit de tempête,

    Elle a fermé ses yeux.

    Dans la nuit,

    Une nuit de tempête,

    Elle s'est envolée.

     

    Elle a rêvé du para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Whoa-oh-oh oh-oooh oh-oh-oh.

     

    Elle a rêvé du para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Whoa-oh-oh oh-oooh oh-oh-oh.

     

    Alors, couchée sous le ciel orageux.

    Elle dit oh-oh-oh-oh-oh-oh,

    Je sais que le soleil finira par se lever.

     

    Rêvé du para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Whoa-oh-oh oh-oooh oh-oh-oh.

     

    Rêvé du para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Whoa-oh-oh oh-oooh oh-oh-oh.

     

    Oh, oh. Oo-oo-oo-oo-oo.

     

    Rêvé du para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Para-para-paradis,

    Whoa-oh-oh oh-oooh oh-oh-oh.

     

    {Traduction réalisée par Sarcks}

    -Correction réalisée par India

    https://vimeo.com/33731157

     

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