• Julie Dratwiak - Sur le toit du palais d’Amour

     

     

    Quand je ne lis pas, j’écris...

    "Sur le toit du palais d’Amour" est un titre inspiré d’un vers d’un poème de Rûmi.

    Parce que bientôt ce sera notre victoire, celles des poètes, des grands amoureux

     

    https://www.youtube.com/watch?v=QxXzYxc8H5Y

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  • Chaque fois que l'aube paraît 

     

    Viens petite âme, allons, le point du jour recule

    Ecoute la Voie lactée, l'été indien s'efface ;

    La nuit, la nuit déjà lustre son bleu profond,

    La grande dorsale du ciel scintille phosphorescente. 

     

    Où irions-nous, dis-moi, dans la fraîcheur de l'aube ? 

    Dix mille ans nous séparent de ces sillages splendides, 

    l'Etoile du berger frissonne au firmament. 

    Viens, remontons aux sources des fastes de l'orient,

     

    Gagnons à la dérive ce but auquel toujours

    Le Temps sans y atteindre aspire et qu'il poursuit,

    Suivons le cours inverse des pas qui nous éloignent

    Et sans nous égarer lentement nous rejoignent. 

     

    Nous prendrons à rebours par la blancheur qui gagne,

    Irradiant peu à peu puis de plus en plus vite

    Ces lueurs du matin dont le voile transparent

    Annonce la cinquième veille et glace l'obscurité. 

     

    Le décor du Marais n'est qu'un théâtre d'ombre

    Dont nous cherchons en vain par le désert des rues 

     

    Max de Carvalho

    extrait de "Le grand Veneur des âmes"

     

     

    Avant que la chaîne d'argent soit rompue de Max de Carvalho

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  •  

    Avant que la chaîne d'argent soit rompue

     

    il y a un temps pour 

    ne pas savoir ce que

    l'on avait cru savoir

    et un temps pour ignorer même ce

    que l'on n'a jamais 

    su ; un temps pour 

    ne pas aller et un 

    temps pour ne 

    pas revenir. 

    Il y a un temps

    pour que ce qui

    allait commencer

    ne finisse pas de

    ne pas commencer

    et un temps pour

    ne pas achever ce 

    qui n'a jamais été

    entrepris. Or les

    deux sont le même. 

     

    Max de Carvalho 

    extrait de  " Le Grand Veneur des âmes"

     

    Avant que la chaîne d'argent soit rompue de Max de Carvalho

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  • Zingg, la terre et l'homme

    scène de labour- Jules Émile Zingg

     

    Ces champs laminés, travail interminable !

    par des étendues sans charme décevantes,

    le paysage file en coulées verdâtres

    entre un ciel buvard, des visages brouillés.

    Ici des humains ont débité du bois,

    amont d'un ruisseau retours contaminé...

    Qui sait quelle est leur vie, leur mal comme toi...

    Le convoi fait halte (c'est louche) à Louché.

    Sous le front bas horizontal des orages

    ces taillis moussus inondés nous tourmentent.

    Des gens se redressent, repiquent du nez :

    chacun sera ce qui chez l’autre l'effraie.

    Les heures fuient sur les panneaux comme sable...

    Là un masque, ici des vies en affichage.

     

    Jean-Charles Vegliante

    extrait "Sonnets du petit pays entraîné vers le nord et autres jurassiques"

     

    Amazon.fr - Sonnets du petit pays entraîné vers le nord et autre  jurassiques - Vegliante, Jean-Charles, Cheane, Véronique - Livres 

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  • Si j'avais décidé de rester solitaire

    De vivre en compagnie de mes arbres fruitiers

    Si j’avais pris le soin d’entourer mon repaire

    Si j’avais mis partout des « Défense d’entrer »

     

    Ce n’était pas du tout pour protéger mes pommes

    Pour qu’on ne puisse pas piller mes châtaigniers

    Mais c’était avant tout pour m’éloigner des hommes

    Ou plutôt de quelqu’un qui m’avait fait saigner

     

    Oui j’étais la blessée ou j’étais la sauvage

    Depuis le jour de l’an jusqu’au premier janvier

    Et s’il m’est arrivé de descendre au village

    Je n’allais pas plus loin que chez le boulanger

     

    Si je m’étais offert un beau fusil de chasse

    Je dormais avec lui dans un coin du grenier

    Ce n’était pas du tout pour chasser la bécasse

    La caille ou la perdrix le lièvre ou l’épervier

     

    C’était pour une idée c’était pour moi peut-être

    On croit qu’il est perdu l’oiseau qu’on a blessé

    Qu’il vaudrait mieux pour lui dans le fond disparaître

    Que c’est trop douloureux de vivre sans chanter

     

    Le jour j’étais perdue comme un oiseau nocturne

    La nuit je gémissais comme un oiseau piégé

    C’était si déchirant j’étais si taciturne

    Qu’on ne pouvait avoir envie de m’approcher

     

    Voilà qu’un soir pourtant j’ai levé les paupières

    Il était dans ma cour au pied du cerisier

    Il est venu s’asseoir sur mon vieux banc de pierre

    Et moi j’aimais déjà ses gestes familiers

     

    Il était près de moi sans passer mes frontières

    Mes bouquets d’acacias comme font les sorciers

    Il avait survolé mes maquis de fougères

    Ou bien tout simplement déniché mon sentier.

     

    Guy Thomas

    extrait du recueil « Chevrotines et Folies douces »

     

    La Sauvage – Guy Thomas

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