• Le bruit du vide 

     

    Brouillard sur le chemin de la mémoire

    La poussière enveloppe mon âme

    L'air lourd m'emporte pour dormir dans ses bras

    sur la véranda ds passants

    et sur notre chemin

    Le silence du silence cavale

    et dans l'obscurité du chagrin

    Je me faufile hors de moi

    pour la pupille des yeux qui ne me voient pas

    pour un moment de désir

    pour ce que je ne connais pas

    Je suis fatiguée des routes

    fatiguée de la nuit

    celle qui vient et ne revient pas vers toi

    et de la lune qui tient tête à l'obscurité

    Je reviens

    et l'amour me menace

    et la sympathie

    et l'opposition

    et l’humiliation

    et le tout

    Je reviens à l'exil

    J'étais dans l'exil

    et dans la souffrance

    et je porte un peu de moi et je marche

    pour où ? 

    Je ne sais pas

    Alors j’acquiers la certitude

    d'arriver  jusqu'à toi

    Impossible

    Et je ne peux pas rester

    avec la veille

    et le vent qui éparpille et efface mes pas

    Il marche en moi

    dame de l'amour

    où réside la source de mon histoire

    Ô moi, 

    Ô le chant de mes douleurs sur mon cadavre

    et la poussière d'images 

    les vitres de la fable

    et les chandelles de la mort

    et mon ombre qui fuit

    et en moi il  a des chemins qui se perdent

    estompés par la rosée du matin

    et le brouillard 

    Et je ne disparais pas... disparaître. 

     

                                  Nada Damra poétesse jordanienne

                               traduit par Maram al-Masri dans 

                                                      "Anthologie des femmes poètes du monde arabe"

     

    Le bruit du vide de Nada DAMRA

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  • Des courts-métrages pour le jeune public à l'Escale - Migennes (89400)

     

     

    Le poème de Jacques Prévert mis en animation. C'est fantastique. Mes petites filles ont adoré cette version qui leur a donné envie de découvrir la poésie. 

    Deux escargots s’en vont pour un enterrement

    À l'enterrement d'une feuille morte
    Deux escargots s'en vont
    Ils ont la coquille noire
    Du crêpe autour des cornes
    Ils s'en vont dans le soir
    Un très beau soir d'automne
    Hélas quand ils arrivent
    C'est déjà le printemps
    Les feuilles qui étaient mortes
    Sont toutes ressuscitées
    Et les deux escargots
    Sont très désappointés
    Mais voilà le soleil
    Le soleil qui leur dit
    Prenez prenez la peine
    La peine de vous asseoir
    Prenez un verre de bière
    Si le cœur vous en dit
    Prenez si ça vous plaît
    L'autocar pour Paris
    Il partira ce soir
    Vous verrez du pays
    Mais ne prenez pas le deuil
    C'est moi qui vous le dis
    ça noircit le blanc de l'œil
    Et puis ça enlaidit
    Les histoires de cercueil
    C'est triste et pas joli
    Reprenez vos couleurs
    Les couleurs de la vie
    Alors toutes les bêtes
    Les arbres et les plantes
    Se mettent à chanter
    À chanter à tue-tête
    La vraie chanson vivante
    La chanson de l'été
    Et tout le monde de boire
    Tout le monde de trinquer
    C'est un très joli soir
    Un joli soir d'été
    Et les deux escargots
    S'en retournent chez eux
    Ils s'en vont très émus
    Ils s'en vont très heureux
    Comme ils ont beaucoup bu
    Ils titubent un p'tit peu
    Mais là-haut dans le ciel
    La lune veille sur eux.
     
                                        Jacques Prévert
     
     

     

    Réalisateurs : Jean-Pierre Jeunet et Romain Segaud
    Production : Tapioca Films
    D’après « Chanson des escargots qui vont à l’enterrement »
    Poème de Jacques Prévert, Editions Gallimard
    Scénario : Jean-Pierre Jeunet
    Dialogues : Jacques Prévert
    Animation : Romain Segaud
    Création des personnages : Jean-Pierre Jeunet
    Inspirés des oeuvres de Jephan de Villiers
    Musique : Raphaël Beau
    Directrices de Production : Emmanuelle Sterpin, Marjorie Orth
    Photographe : Elske Koelstra
    Chef monteur : Julien Lecat
    Chef opérateur du son : Julien Lecat
    Effet sonores : Sélim Azazi
    Mixage : Vincent Arnardi
    Etalonnage : Didier Lefouest
    Sous-titres anglais : Victoria Britten

    Interprétation :
    Sarah Bauer, Jean-Pierre Becker, Dominique Bettenfeld, Urbain Cancelier, Clovis Cornillac, Lorànt Deutsch, Jean-Claude Dreyfus, Albert Dupontel, Marina Fois, Youssef Hajdi, Irène Jacob, Mathieu Kassovitz, Jérôme Kircher, Nicolas Marié, Jean-Pierre Marielle, Laure Marsac, Serge Merlin, Yolande Moreau, Chantal Neuwirth, Patrick Paroux, Claude Perron, Ludovic Pinette, Dominique Pinon, Audrey Tautou, Florence Thomassin, Juliette Wiatr

    Distributeur : La maison du Film Court

     
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  • Le pain, le langage le plus simple, 

    la nourriture a plus fraternelle.

     

    Le pain, qui unit les hommes le plus

    fondamentalement et pour qui 

    ils se mettent en guerre. 

     

    Donner un morceau de pain à celui

    que je veux aimer, c'est déjà

    se donner soi-même.

     

    Recevoir du ciel mon pain

    de chaque jour c'est lever

    les yeux au-delà de moi-même.

     

    Le pain fait de mille grains de blé

    qui pour un seul tombé en terre

    se donne cent fois lui-même. 

     

    Le pain, symbole universel de ce

    qui peut se partager. Le pain, parole

    silencieuse du geste de l'amitié. 

     

    Le pain, qui par une bouchée 

    a trahi de Bien-Aimé. Le pain, à qui 

    Dieu Lui-même a voulu identifier.

    Le pain, qui, saisi par les mains

    de Dieu, a sauvé l'humanité. 

     

    Le pain, fait de mille grains broyés, 

    pétri de toutes nos blessures.

     

    Le pain, en qui chacun

    peut se reconnaître

    dans sa propre chair brisée. 

     

    Le pain, sans qui aucun

    de nous ne pourrait survivre, 

    Tous, nous avons faim de pain,

    mais de bien plus encore...

     

    Des hommes sont prêts à 

    n'importe quoi pour une croûte de pain.

    Dans certains camps, une seule miette

    de pain valait son pesant d'or. 

     

    Jeté parfois dans nos poubelles, 

    il scandalise les yeux trop grands

    de petits enfants affamés. 

     

    Le pain, qu'il ne sert à rien

    d'amasser dans son grenier,

    car demain, il y pourrira... 

     

    Le pain qui, de par le monde, 

    comme une chaîne invisible, 

    a pétri l'humanité.

     

    Poème du Pain écrit par une moniale

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  • J'avoue que j'ai aimé plus que de raison

    jusqu’à être possédée par le génie de l'amour

    j'ai tout parié sur la ronde du désir qui tourne

    autour de ses blessures

    J'ai bu l'enchantement de lèvres lointaines

    comme si les eaux accessibles ne pouvaient pas 

    désaltérer

    comme si seul l'impossible était un vrai texte

    J'écrirai sur toi pour que tu deviennes la distance 

    et je t'écrirai pour que je devienne le temps

    Je danserai autour de moi-même

    La pluie me surprend 

    J'enlace dans la glace une tunique qui s’épanouit

    sur une neige qui brûle 

    La chevelure couleur de vin tombe de fatigue 

    je danserai autour de moi-même

    jusqu'à ce que vienne le temps de ta folie

    Je saurai alors que j'ai dansé plus que de raison

     

    Violette Abu Jalad,

    poétesse libanaise. 

    traduite par Mara al-Masri 

    (Anthologie des femmes poètes du monde arabe) 

     

    J'avoue que j'ai aimé plus que de raison  de Violette Abu Jalad 

     

     

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  • A mon Avril

     

    Répands sur mon front d’insomnie
    Tes cheveux d’aurore et de joie,
    O toi, ma tendresse infinie,
    Avril, mon printemps, mon amour !

    Quoi de plus tendre et de plus beau
    Que de voir, miracle suprême !
    Des roses naître du tombeau !
    Cela s’est fait, puisque je t’aime.

    Dans mon âme, où l’angoisse est morte,
    Le souvenir est effacé…
    Donne-moi tes lèvres ! qu’importe
    La douleur que fut le passé !

    L’oubli me sourit dans tes yeux
    Et je dis à la vie en larmes
    Un grand hommage silencieux
    Car elle a de suprêmes charmes.

    Car j’ai, dans ma pauvre existence,
    Parmi les jours où j’ai pleuré,
    Quelque chose de doux, d’immense,
    De lumineux et de sacré !

    C’est pour cela que je bénis
    Non seulement toi, ma très blonde,
    Mais aussi les temps infinis,
    L’espace et les cieux et le monde !

    J’ai compris quelle aube suprême
    Se lève sur le grand néant,
    Et qu’on espère, et que l’on aime
    Et que l’on meurt en souriant !

     

                                                    Renée Vivien

     

    A mon avril de Renée Vivien

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