• Sylvia HÄRRI  -  Je suis mort un soir d’été

     

    Pietro, le narrateur, architecte a passé sa vie à fuir devant ce qu’il appelle la pieuvre. Celle qui a bouleversé toute la famille, celle qui lui a volé sa petite sœur alors qu’il n’avait que 6 ans. Cette petite sœur chérie au doux nom de fleur, Margherita, s’est tu un jour. Elle s’est enfermée dans un monde où les autres étaient exclus. C’est ce soir d’été qu’il s’est senti mort, mort à son enfance tuée par cette chose qui étend ses tentacules sur celle qu’il aime. Et pourtant jour après jour, il a continué à jouer son rôle de grand frère même dans l’institution où le père a voulu la faire enfermer, même après que la mère réussit à l’en sortir pour l’emmener ailleurs. Il l’a tenu avec tout l’amour dont il était capable avec le sentiment que la pieuvre était toujours là tapie, prête à étendre ses tentacules sur l’un ou l’autre et apporter encore le malheur. Et un jour elle a frappé. La maman épuisée par la lutte finit par perdre pied elle aussi. Il a fallu faire placer Margherita.

    C’est alors que Pietro décide de fuir la pieuvre, le plus loin possible. Il se fait une nouvelle vie où personne ne connait son passé. Il rencontre une femme qui lui donnera un fils. La peur au ventre, il craint que la pieuvre n’attrape son petit garçon lui aussi.

    Et un jour un coup de téléphone lui annonce que Margharita s’éteint doucement et qu’il faut aller la voir d’urgence. Une dernière fois il va jouer le rôle du grand frère, avec tout l’amour dont il est pourvu. Et cette fois, il va faire la nique à la pieuvre.

    Un roman formidable, plein de pudeur, de poésie. Des mots justes, touchants pour une histoire pleine d’émotion. J’ai beaucoup aimé ce livre.

    Pin It

    votre commentaire
  • Armel JOB – De regrettables incidents

     

    Nous vivons au sein d’une famille Kazakh ayant tout abandonnée pour venir se réfugier au cœur des Ardennes et soigner leur petite dernière Vika atteinte d’une maladie orpheline. Ainsi Irène, Jakob et leurs deux filles Olga et Vika doivent se contenter d’une vie bien modeste avec la peur d’être expulsé d’un moment à l’autre.

    Lorsque Werner, l’épicier mais aussi le directeur de la troupe de théâtre locale, propose à Olga de rejoindre la troupe, Irène la mère voit là un moyen de prouver leur intégration dans le village.

    Mais avec l’arrivée de cette très belle jeune fille, c’est un passé qui ressurgit. Celui de toutes les jeunes premières abusées par l’ancien directeur.

    Ainsi se réveillent les haines, les rancœurs, les jalousies qui vont aboutir à un drame.  

    Nous sommes loin de la force de « loin des mosquées ». Ce roman se laisse lire mais il est loin de transcender le lecteur.

    Pin It

    1 commentaire
  • Elise Fischer - Le rêve de la Grenouille

     

    C’est l’histoire de Lise dite Lison mais surtout surnommée La Grenouille au cœur de la Lorraine. Petite fille rêveuse, imaginative de 6 ans, la grenouille a plein d’histoire dans la tête et s’apprête à créer un scénario pour jouer à un jeu de rôle avec ses amis. Forte des connaissances de sa maman Poulette, de l’histoire d’une vieille tante partie à la cour du dernier Tsar en Russie, elle brode un véritable petit roman.

    Un beau roman spontané, frais, drôle, tendre. Une histoire de vie, celle de l’auteure au sein d’une famille simple qui mène une vie bien ordinaire. En lisant l’histoire de Grenouille, c’est un peu de notre propre enfance qui revient. On retrouve nos propres questionnements, nos propres curiosités face aux choses de la vie. Nous avons vécu des aventures similaires avec nos amis.

    Plonger dans ce roman, c’est un bain de jouvence, une bouffée d’air juvénile qui nous saisit. Non pas avec nostalgie mais avec bonheur.

    Pin It

    votre commentaire
  • Brigitte GIRAUD       -  Un loup pour l’homme

     

    1960 en pleine tourmente, Antoine est incorporé pour aller en Algérie. Il doit laisser Lila son épouse enceinte. Il refuse de porter une arme et c’est en tant qu’infirmier qu’il partira pour Sidi-Bel-Abbès.

    Il découvre un autre monde où   colons et   indépendantistes se déchirent, où les fellaghas, le FNL,  les pieds-noirs et les Algériens se heurtent dans une incompréhension totale. Les uns cherchant à sauver le colonialisme, les autres cherchant à s’en libérer pour retrouver leur indépendance. L’ambiance s’alourdit, les actes de violence, de terrorisme sont de plus en plus nombreux.

    Antoine reçoit les blessés et parmi eux Oscar, un amputé de la jambe. Oscar ne parle pas, plongé dans un complet mutisme il semble hors du temps, hors de la vie. Petit à petit Antoine réussit à instaurer une forme de relation avec lui. Personne ne sait l’histoire de la jambe perdue d’Oscar, personne ne connait rien de cet homme. Antoine s’attache à créer un climat de confiance pour l’aider à progresser. Mais surtout Oscar donne un sens à la présence d’Antoine au cœur de cette guerre.

    Lila quant à elle, refuse de rester seule en France. Elle décide de rejoindre son homme en Algérie. Antoine regrette d’avoir voulu la protéger en lui racontant une version allégée, presque idyllique de l’Algérie. Il lui a tu les sabotages, les exactions, la guerre.

    Mais Lila est une femme forte. Elle se tient auprès de son mari, elle accouche d’une belle petite fille avant d’être obligée à son tour de quitter le pays lors de l’évacuation générale des civils.

    C’est une histoire où la violence est suggérée mais où la violence des sentiments est bel et bien présente. C’est l’histoire de ses parents que l’auteure nous raconte. La petite fille née au cœur de la tourmente, c’est elle. Antoine et Lila sont ses parents.

    C’est une histoire au cœur de l’intime, au sein de la fraternité.

    Pin It

    votre commentaire
  • Raphaël DELPARD – L’enfant qui parlait avec les nuages

     

    Clarisse s’apprête à prendre son premier poste d’institutrice dans la Sarthe en cette année de guerre 1918 où bien des familles sont soit dans le deuil, soit dans la crainte.

    Son oncle est le principal employeur de cette région rurale et des milliers de tisserands travaillent pour lui.

    Le jour où Clarisse rencontre Mina une petite bohémienne aveugle avide d’apprendre, elle prend une décision qui va perturber ses relations avec les habitants du lieu.  Ayant eu connaissance de la méthode Braille pour l’apprentissage des jeunes aveugles, elle intègre Mina au sein de la classe. Tout se passe bien avec les enfants mais la superstition règne dans le cœur de la campagne. Une bohémienne, ça a le mauvais œil, ça mange les bébés, ça se fourvoie avec les loups… Les choses vont s’envenimer plus encore lorsqu’elle récupère des enfants handicapés. La population lui devient complètement hostile.

    Un roman qui relate les superstitions qui nous semblent bien arriérées aujourd’hui. Une héroïne investie de sa mission d’enseignante qui prend son rôle très à cœur et qui lutte pour que le droit à l’éducation soit dispensé à tous.

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique