• Joshua FERRIS  -  Le pied mécanique

     

    Lorsque les jambes prennent le dessus. Tim Farnsworth est pris régulièrement de crises où il ne peut faire autrement que marcher. Marcher, encore marcher sans répit, jusqu’à ce que l’épuisement le prenne et le fait tomber dans un profond sommeil.  Des crises qui vont l’entraîner toujours plus loin et marcher toujours plus longtemps. Petit à petit l’inconscient prend le dessus sur l’homme. Et tout l’amour des siens ne peut rien y changer. Chaque fois, sa femme arpente les chemins pour le retrouver et le ramener chez eux. Ils auront tout essayé, même de le menotter. Mais rien ne change même la médecine ne comprend pas.

    Et entre deux crises, une période plus ou moins longue de rémission avec la difficulté de reprendre une vie normale, la peur de revoir les pieds mécaniques reprendre le dessus. Jusqu’à ce qu’un jour un point de non-retour ne soit franchi. Tim part pour ne plus revenir et sa déchéance physique et morale s’accroît.

    Un roman étrange qui pourtant ne m’a pas laissée indifférente. J’ai aimé cette histoire hors norme. 

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  • David FOENKINOS  -  La tête de l’emploi

     

    Quand tout va mal, tout va mal. On appelle ça la loi des séries. Bernard quinquagénaire et banquier perd tout à la fois sa femme, son travail et se voit dans l’obligation de retourner vivre chez ses parents.

    Il se retrouve infantilisé par des parents à la fois ennuyés de le voir revenir mais ayant oublié que leur fils était un homme mûr.

    Lui le muet qui ne partage pas ses sentiments, se retrouve en proie au doute, au sentiment d’infériorité. Les questions existentielles se succèdent.

    Et puis ses parents ont l’idée saugrenue d’organiser un dîner pour lui faire rencontrer Sylvie, une femme de son âge séparée elle aussi. Et pour la première fois, Bernard se révolte. Et pourtant entre lui et Sylvie une brève histoire d’amour va avoir lieu.

    Une histoire banale qui ne m’a pas touchée. Je n’ai pas été embarquée dans l’univers de Foenkinos.

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  • Jean DIWO – Moi, Milanollo, fils de Stradivarius

     

    Un très chouette roman. C’est l’histoire d’un des plus beaux violons d’Antonio Stradivari ayant pour nom : Coucher de Soleil et qui aujourd’hui porte le nom d’une grande virtuose : Térésa Milanollo.

    Jean Diwo prête sa plume au Stradivarius qui raconte sa vie depuis sa création  à Crémone en 1728, ses grandes rencontres avec les virtuoses qui ont caressé de leurs archets ses cordes, des plus grands compositeurs qu’il a côtoyés, des meilleurs luthiers qui l’ont ausculté. Et tout cela dans le contexte historique des siècles qu’il a traversé.

    Un roman qui m’a profondément charmé et que j’ai quitté avec regret. J’espère qu’ils seront encore nombreux ces virtuoses qui auront le bonheur de faire vibrer ce merveilleux instrument.

     

    Jean DIWO – Moi, Milanollo, fils de Stradivarius

    Corey Cerovsek et le Milanollo

     

    Voici Corey Cerovsek qui joue sur Milanollo avec le pianiste  Paavali Jumppanen la Sonate en G major, Op. 78 de Brahms

     

    https://www.youtube.com/watch?v=2ds63mp6wNk

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  • Didier DAENINCKX – L’école des colonies

     

    Roger Arvenel, instituteur fraîchement diplômé, se trouve affecté à Tigali. Fort de tous les préceptes, toutes les idéologies véhiculés par le colonialisme, il s’imagine déjà participer à la grande œuvre de la France en effectuant une grande mission éducative.

    Or peu à peu tout au long de ces 10 chapitres il se rend compte que toute la propagande étatique est fort éloigné de la réalité et profondément injuste et méprisante. Il découvre les conditions difficiles dans lesquelles vivent ses jeunes élèves, il découvre les brimades, la pauvreté mais aussi la dignité des algériens.

    Un superbe livre orné de planches scolaires, de cartes de géographie, de pages de manuels scolaires d’époque. L’entreprise coloniale était loin d’apporter la connaissance et la liberté aux peuples occupés. Elle se gardait bien d’offrir l’éducation qu’elle prétendait donner en maintenant les élèves et la population dans un esprit de soumission et de servitude sous un enseignement largement paternaliste et raciste.

    Un exemple de ce qui était enseigné aux colons tiré de « Géographie vivante » de 1826 démontrant un fort racisme : « le nègre est à peu près un homme comme les autres. Mais il faudra de longues années d’effort pour qu’il arrive à valoir les peuples blancs qui se sont emparés de sa patrie. »

    Plus tard en 1954, dans « questions scolaires aux missions » l’image donné des colonisés n’a guère évolué et le paternalisme est toujours aussi présent : « L’éducateur peut être exigeant pour les Noirs. Ils sont capables d’effort et de générosité. Celui qui exige beaucoup élève le niveau et permet aux meilleurs éléments de donner pleine mesure et d’atteindre plein épanouissement. Les Noirs attendent de la fermeté chez leur formateur. Ils se savent faibles et souhaitent être aidés. »

    Un livre qui devrait être lu par tous ceux qui prétendent encore que le colonialisme a beaucoup apporté aux populations autochtones.

    Je voudrais finir ce petit compte-rendu en recopiant cette citation d’Aimé Césaire que l’on retrouve aussi dans ce livre :

    « On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.

    Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs Dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.

    Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe infériorisation, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. »

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  • Fanny CHIARELLO -  Dans son propre rôle.

     

    Dans le manoir où travaille Fennella muette depuis la guerre, arrive une lettre adressée à Kathleen Ferrier une cantatrice homonyme de la maîtresse de maison. Elle vient d’une femme de chambre du Grand Hôtel de Brighton Jeanette qui comme Fennella est passionnée d’Opéra. Jeannette est veuve. Elle a perdu son jeune époux à la guerre et ne vit que dans son souvenir en attendant de le rejoindre. Une correspondance va s’établir entre les deux femmes. Ces femmes enfermées chacune dans sa souffrance ignore encore l’impact que va avoir cet échange.

    Le destin n’est pas figé. Il se modifie au gré des rencontres mais aussi au gré de la volonté. Cette histoire nous le démontre.

    On y voit aussi que l’enfermement sur soi nous coupe de la vie. Et que c’est déjà en soi qu’il faut commencer à retrouver un espace de liberté.

    J’ai beaucoup aimé ce petit roman court.

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