• Jean DIWO – Moi, Milanollo, fils de Stradivarius

     

    Un très chouette roman. C’est l’histoire d’un des plus beaux violons d’Antonio Stradivari ayant pour nom : Coucher de Soleil et qui aujourd’hui porte le nom d’une grande virtuose : Térésa Milanollo.

    Jean Diwo prête sa plume au Stradivarius qui raconte sa vie depuis sa création  à Crémone en 1728, ses grandes rencontres avec les virtuoses qui ont caressé de leurs archets ses cordes, des plus grands compositeurs qu’il a côtoyés, des meilleurs luthiers qui l’ont ausculté. Et tout cela dans le contexte historique des siècles qu’il a traversé.

    Un roman qui m’a profondément charmé et que j’ai quitté avec regret. J’espère qu’ils seront encore nombreux ces virtuoses qui auront le bonheur de faire vibrer ce merveilleux instrument.

     

    Jean DIWO – Moi, Milanollo, fils de Stradivarius

    Corey Cerovsek et le Milanollo

     

    Voici Corey Cerovsek qui joue sur Milanollo avec le pianiste  Paavali Jumppanen la Sonate en G major, Op. 78 de Brahms

     

    https://www.youtube.com/watch?v=2ds63mp6wNk

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  • Didier DAENINCKX – L’école des colonies

     

    Roger Arvenel, instituteur fraîchement diplômé, se trouve affecté à Tigali. Fort de tous les préceptes, toutes les idéologies véhiculés par le colonialisme, il s’imagine déjà participer à la grande œuvre de la France en effectuant une grande mission éducative.

    Or peu à peu tout au long de ces 10 chapitres il se rend compte que toute la propagande étatique est fort éloigné de la réalité et profondément injuste et méprisante. Il découvre les conditions difficiles dans lesquelles vivent ses jeunes élèves, il découvre les brimades, la pauvreté mais aussi la dignité des algériens.

    Un superbe livre orné de planches scolaires, de cartes de géographie, de pages de manuels scolaires d’époque. L’entreprise coloniale était loin d’apporter la connaissance et la liberté aux peuples occupés. Elle se gardait bien d’offrir l’éducation qu’elle prétendait donner en maintenant les élèves et la population dans un esprit de soumission et de servitude sous un enseignement largement paternaliste et raciste.

    Un exemple de ce qui était enseigné aux colons tiré de « Géographie vivante » de 1826 démontrant un fort racisme : « le nègre est à peu près un homme comme les autres. Mais il faudra de longues années d’effort pour qu’il arrive à valoir les peuples blancs qui se sont emparés de sa patrie. »

    Plus tard en 1954, dans « questions scolaires aux missions » l’image donné des colonisés n’a guère évolué et le paternalisme est toujours aussi présent : « L’éducateur peut être exigeant pour les Noirs. Ils sont capables d’effort et de générosité. Celui qui exige beaucoup élève le niveau et permet aux meilleurs éléments de donner pleine mesure et d’atteindre plein épanouissement. Les Noirs attendent de la fermeté chez leur formateur. Ils se savent faibles et souhaitent être aidés. »

    Un livre qui devrait être lu par tous ceux qui prétendent encore que le colonialisme a beaucoup apporté aux populations autochtones.

    Je voudrais finir ce petit compte-rendu en recopiant cette citation d’Aimé Césaire que l’on retrouve aussi dans ce livre :

    « On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.

    Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs Dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.

    Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe infériorisation, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. »

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  • Fanny CHIARELLO -  Dans son propre rôle.

     

    Dans le manoir où travaille Fennella muette depuis la guerre, arrive une lettre adressée à Kathleen Ferrier une cantatrice homonyme de la maîtresse de maison. Elle vient d’une femme de chambre du Grand Hôtel de Brighton Jeanette qui comme Fennella est passionnée d’Opéra. Jeannette est veuve. Elle a perdu son jeune époux à la guerre et ne vit que dans son souvenir en attendant de le rejoindre. Une correspondance va s’établir entre les deux femmes. Ces femmes enfermées chacune dans sa souffrance ignore encore l’impact que va avoir cet échange.

    Le destin n’est pas figé. Il se modifie au gré des rencontres mais aussi au gré de la volonté. Cette histoire nous le démontre.

    On y voit aussi que l’enfermement sur soi nous coupe de la vie. Et que c’est déjà en soi qu’il faut commencer à retrouver un espace de liberté.

    J’ai beaucoup aimé ce petit roman court.

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  • Cheon Un-yeong   : Adieu le cirque !

     

    Deux frères coréens Yunho et Inho ayant gravement blessé ses cordes vocales au point d’être peu audible sont allés en Chine chercher une épouse pour Inho. Leur dévolu tombe sur Haehwa. Celle-ci semble bien s’intégrer dans la famille tant que la vieille mère des deux frères est parmi eux. Mais à sa mort, Yunho ressent une étincelle pour sa belle sœur l’obligeant à fuir. A partir de cet instant Inho devient un époux cruellement possessif obligeant la jeune femme à fuir dans un pays dont elle ne connait rien, ni personne.

    Une ouverture sur le monde des mariages arrangés, sur les difficultés pouvant résulter dans ces mariages, sur les rêves envolés, les désillusions.

    Un roman à deux voix (celle de l’épouse et celle du beau-frère) plein de poésie, de sensibilité et de désillusions. Une jolie découverte pour moi.

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  • Eric-Emmanuel SCHMITT – Lorsque j’étais une œuvre d’art

     

    Un jeune homme désespéré par sa banalité avec le sentiment d’être mal aimé veut se suicider. Au moment de se jeter du haut d’une falaise, un homme lui propose un délai de 24 h avant de commettre l’acte fatidique. 24 h au cours desquels l’homme un artiste très en vue, réussit à le convaincre de devenir une œuvre d’art. Pour cela il signe un acte de propriété où il concède à l’artiste l’entière propriété de son corps.

    Ainsi après quelques opérations, notre homme devient un objet artistique qui sera exposé partout dans le monde. Un être monstrueux mais fascinant qui portera dorénavant le nom de Adam bis.

    Mais lorsque l’amour frappera à sa porte, comment retrouver sa liberté alors qu’on a consciemment accepté de devenir la propriété d’un homme ? Comment alors qu’on est déclaré œuvre d’art et évalué à plusieurs millions de dollars peut-on récupérer la jouissance de son être ?

    Un conte moderne pas si éloigné que ça d’une réalité télévisuelle qui dénie toute humanité à des candidats, exposés devant des millions de téléspectateurs au quotidien. Leur vie ne leur appartient plus, elle appartient au petit écran.

    En même temps j’y vois une critique d’un certain « art » excentrique, superficiel qui déshumanise, qui donne le pouvoir à l’image, à l’objet   oubliant ainsi la dimension sentimentale, humaine.

    Un roman surprenant, déstabilisant mais que j’ai bien aimé.

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