• Thierry BEINSTINGEL  - Vie prolongée d'Arthur Rimbaud.

     

    Rimbaud est à l’hôpital amputé d’une jambe suite à une infection contractée en Afrique. Il n’a que 37 ans et on lui donne peu de chance de survie. Sa sœur Isabelle le veille.

    Rimbaud décède. Avec douleur sa sœur le ramène sur les lieux de son enfance où il sera inhumé dans le caveau familial.

    Mais ce n’était pas Rimbaud. Il s’agissait de son voisin de lit. Une erreur d’un gardien de nuit et il y a eu un échange d’identité.

    C’est l’occasion pour Arthur Rimbaud de vivre une seconde vie sous le patronyme de Nicolas Cabanis. Sa vie de poète, l’Afrique tout cela est du passé et il ne veut plus en entendre parler, plus s’en souvenir.

    Etrange idée que celle de l’auteur de ce roman imaginatif que j’ai aimé. On côtoie les artistes de cette fin du XIXème et début XXème siècle qui se chargent tous de faire vivre Rimbaud l’artiste alors que l’homme se fait oublier dans une existence toute différente.

    C’est si bien écrit qu’on est tenté de croire que cette histoire est la réalité.

    Pin It

    votre commentaire
  • Christian Bobin – Noireclaire

     

    Un merveilleux recueil que l’on lit lentement pour s’en imprégner, pour laisser les émotions monter et nous submerger. Un recueil qui parle d’amour, qui parle d’absence, de l’amour pour l’absente. C’est plein de pudeur, de sensibilité. Il réveille son éteinte et c’est sublime.

     

    Pin It

    votre commentaire
  • Alice Zeniter – L’art de perdre

     

    Un roman bouleversant à conseiller à tous ceux qui veulent vraiment savoir ce qu’on vécut les algériens pendant la guerre d’Algérie et après. Que de souffrances, de rejets, d’abnégations, de combats pour garder sa dignité.

    Nous allons suivre une famille kabyle jusqu’à nos jours. Une véritable saga familiale.

    Le roman débute dans les années 30. Ali le patriarche est un harki qui a combattu pour la France lors de la 1ère guerre mondiale. Pour sortir sa famille de la misère, il se lance dans la culture des olives afin d’en produire de l’huile.  Tout se passe au mieux, il devient un personnage respecté, écouté. Lorsque la guerre est déclarée entre la France et les indépendantistes, il se trouve tiraillé entre les deux bords. Entre le FLN qui déclare les harkis comme étant des traitres et l’armée française qui commet de terribles représailles au sein de la population, la violence est omni présente. Il essaye de protéger les habitants de son village, en croyant que son statut d’ancien combattant aura une quelconque importance. Et cela le fera voir comme étant un traitre. Lorsque les indépendantistes gagnent, il lui faudra fuir, tout abandonné pour se retrouver parqué avec sa famille dans le camp de Rivesaltes. Aucune reconnaissance de la France, aucun élan de sympathie pour ces malheureux déracinés.

    Le fils ainé de Ali se fera une place difficilement au sein de la société en reniant d’une certaine façon ses racines. Il décide d’oublier, il refuse de raconter. Ce qu’il a vécu, les atrocités qu’il a vu enfant, tout est profondément enfouis.  Il fera sa vie, se mariera, aura des enfants en occultant son passé. Pour lui ne compte que l’intégration. Un jour sa fille Naïma dans le cadre de son travail   sera amenée à retourner en Algérie. Elle commence à s’intéresser au vécu de sa famille. Et c’est elle qui sera la narratrice de cette histoire.

    Un roman magnifique, fort, essentiel. Un livre qui a reçu le grand prix des lycéens et ce n’est pas anodin. Cela souligne l’importance de savoir une vérité tue ou déformée. Il est important de reconnaitre que la France n’a pas su être reconnaissante, qu’elle n’a pas été accueillante et qu’elle a trahi sa devise.

    Pin It

    votre commentaire
  • Aomar Ait AIDER – Chaos sentimental

     

    Ouyidir revient d’un séjour en Algérie, inquiet de ne pas avoir de nouvelles d’Irène sa compagne, la femme qu’il aime. Il se hâte de rentrer chez eux et à peine arrivé, il se fait arrêter par la police. Irène et son père ont été assassinés et Ouyidir est le principal sinon le seul suspect.

    Du fond de sa cellule, les fantômes du passé surgissent et c’est son histoire, celle de son passé qui défile devant ses yeux expliquant comment ce fils de berbère a dû fuir les barbus de son pays et venir finir ses études en France.  Ses fantômes ramènent aussi le souvenir de la colonisation, de la présence française en Algérie, de la façon dont les habitants ont eu à la vivre, de la guerre, de tous ces morts, de la reconstruction difficile d’un pays, de la présence oppressante et tenace des barbus du Front islamiste qui font vivre les gens dans une autre terreur.

    Une page d’histoire racontée au cœur du roman sans haine, sans rancœur et avec une belle émotion. Une page d’histoire qui laisse un sentiment d’amertume, d’écœurement face à tant de violences, à tant d’injustice.

    Un beau livre touchant et émouvant.

    Pin It

    votre commentaire
  • Omair AHMAD -  Jimmy le terroriste

     

    A Moazzamabad, il y avait un jeune garçon qui répondait au nom de Jamaal Ansari, fils de Rafiq Ansari et de Shaista Shabbir, et la route qu’a empruntée cet enfant avait été tracée longtemps auparavant par ses deux parents.

    Ainsi commence l’histoire de Jamaal dit Jimmy le terroriste qui portait l’histoire de sa famille, l’histoire de son quartier musulman au cœur de l’Inde hindouiste des années 1990 et qui un jour de révolte a commis le geste ultime qui lui valut la mort.

    Au cœur de l’histoire nous découvrons le conflit entre la minorité musulmane et les hindous. Jamaal grandit entre son père devenu mollah, la violence, les couvre-feux. On suit la progression de l’enfant, de l’adolescent avant qu’il devienne ce Jimmy le terroriste parce qu’il s’est trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. 

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique