•  Jacques BERNARD  -  Vers d’autres rivages

     

    Jana, jeune serbe orthodoxe, mal aimée dans sa famille, est heureuse de pouvoir quitter ses parents pour habiter chez son oncle. Mais il faut taire ses origines, passer le plus inaperçue possible, rester neutre même avec sa nouvelle amie.

    Marko, croate, enfant délaissé, violenté, trouve refuge dans un monastère abritant des révolutionnaires voulant épurer le pays des autres : serbes, orthodoxes, juifs. Les oustachis sont des combattants xénophobes, cruels, sans pitié, semant la mort autour d’eux.  Et c’est parmi eux que Marko trouve une famille et c’est parmi eux qu’il devient un être vil et sans cœur.

    Rien ne destinait ces deux-là à se rencontrer : ni les origines, ni la religion, ni les idéaux politiques et pourtant le fait est là : ils se trouvent, ils s’aiment.

    Patiemment Jana sonde Marko, l’amène à la réflexion, à faire le bilan de ces actes, à chercher la voie de la rédemption.  Il ne leur reste qu’une solution : s’expatrier pour pouvoir vivre dans un pays où les habitants peuvent vivre en paix.

    Mais le destin va en décider autrement et ce sera pour Jana un chemin de vengeance.

    Un roman sans indulgence pour le fascisme, la xénophobie, l’intelligentsia qui dirige les pays et asservit la population.  A travers Jana et Marko, c’est l’histoire de la Yougoslavie qui se dessine, celle où des peuples sont les pions dans un jeu d’échec qui les dépasse mais qui les amène à s’entretuer Les frères ennemis continuent de se haïr mais une précaire frontière les sépare pour le moment.  Un roman prenant.

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  • Colson WHITEHEAD - Nickel Boys

     

    En Floride dans les années 1960, Elwood gentil garçon noir est bon élève, bien guidé dans son éducation par sa grand-mère. Peu à peu, il s’ouvre à la condition des noirs dans ce pays en écoutant un disque de Martin Luther King. Mais son objectif premier est d’aller à l’université. Et ce jour-là arrive. Elwood, fier de son parcours, plein d’espoir, se met en route pour rejoindre son université. Il est pris en stop par un homme. Lorsqu’ils se font arrêter, Elwood découvre que celui-ci était un voleur de voiture. Un jeune noir dans une voiture volée, l’affaire est entendue, il est coupable et échoue dans une maison de correction : Nickel.

    Ce sont des années terribles dans un climat ségrégationniste exigeant la soumission docile des noirs, appliquant des punitions corporelles qui tiennent plus de la torture. Certains élèves disparaissent du jour au lendemain après avoir été emmené vers un lieu connu de tous pour être les portes de l’enfer. Et lorsque bien des années plus tard, en 2012, on découvre un cimetière clandestin, on retrouve tous ces disparus dont les squelettes gardent les traces d’exactions terribles.

    A travers le jeune héros, c’est l’histoire de tous ces jeunes qu’on raconte. L’auteur a fait le choix de ne pas entrer dans le détail des atrocités. Il les aborde à demi-mots mais c’est suffisant pour comprendre la monstruosité des dirigeants de cette école, qui était réelle.

    Une lecture bouleversante, qui raconte l’héritage ségrégationniste des USA, le drame de jeunes enfants, adolescents dont le principal crime était de ne pas avoir la bonne couleur.  L’écho des larmes, cris, monstruosités n’en finit pas de résonner dans ce pays où rien n’est gagné et où la ségrégation a encore et toujours des fervents défenseurs.

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  • Patrick DROUOT – Les papys font de la résistance

     

    Un petit livre sans prétention, sans coup de théâtre, sans suspens mais qui se laisse lire pour qui a besoin de reposer son esprit sans avoir de questions existentielles à se poser.

     Dans un petit village de campagne, le bistrot est le quartier général de 4 anciens qui viennent y jouer à la belote en buvant leur petite chopine. Lorsque le patron du troquet vient leur apprendre que le maire veut faire installer une usine de traitements de déchets radioactifs chez eux, ça ne le perturbe pas outre mesure. Mais quand ils découvrent que le dit maire et son adjoint vendent leur propre bien, réalisant une plus-value impressionnante, leur sang ne fait plus qu’un tour. La cupidité ne s’accepte pas dans nos campagnes entre gens de la terre. Et nos papys rejoignent la lutte des opposants. Au point d’en prendre en tout hasard la direction.

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  • À demain, Lou par Vincent

     

    C'est mon roman coup de coeur, un livre qui m'a énormément ému au point de pleurer d'émotion. Il est beau, il est bouleversant 

    Lou et Eli sont deux soeurs très proches qui partagent tout ensemble  Un jour Eli l'aînée part  en week-end chez une amie.  Mais Eli ne reviendra plus de ses vacances.  On dit à Lou que sa soeur est partie... partie, mais pas le mot si difficile, morte   Alors si Eli est partie, c'est qu'elle reviendra. Lou se met en mode attente. Elle note tout ce qui se passe dans un cahier pour qu'Eli ne perde rien à son retour, en bleu ce qui est bien, en rouge ce qui ne l'est pas.    Elle trouve ça bien étrange et douloureux que personne ne prononce plus le nom de la soeur aimée, de voir disparaitre ses objets familiers. Elle prévient : personne ne touche à rien dans leur chambre. 

    Lou, à cheval sur deux réalités, finit par avoir des tocs, obligée de passer par des rituels pour ne pas sombrer. Jusqu'à ce jour où son oncle va venir lui parler d'Eli et lui dit ce mot tant attendu et pourtant repoussé : morte. Eli est morte Alors Lou va pouvoir entrer enfin dans le chemin du deuil avec des étapes notamment celle où elle va devenir plus âgée que sa soeur tendrement chérie. 

    J'ai tellement été touchée par cette histoire racontée avec infiniment de pudeur qui dit le chemin du deuil différent d'une personne à une autre, de l'importance des mots, du poids des non-dits, du manque de l'autre. Le roman n'est pas triste mais bouleversant et magnifiquement écrit. 

     

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  • France LESTELLE - Au bord de l'horizon

     

    Galini, jeune fleuriste parisienne, a besoin de retrouver ses racines pour pouvoir continuer à avancer dans la vie. Avec le soutien de son compagnon Benoit, elle part à la quête de ses parents, morts sous les coups d’une dictature. Si elle a été élevée, choyée, aimée par ceux qui l’ont élevée, elle a besoin de retrouver le chemin de ses parents enfants, adolescents, jeunes adultes. C’est son histoire, ses bases qu’elle a besoin de découvrir. Mais elle trouvera surtout un pays gardant les plaies de la dictature ouvertes, des personnes méfiantes, d’autres qui se cachent. Elle rencontrera ses parents mais surtout ses parents torturés, ayant souffert, lutté et sont morts de leur lutte. Mais cela la ramène à d’autres priorités, aujourd’hui, elle a un avenir à bâtir.

    J’ai bien aimé ce petit roman qui raconte la recherche de soi à travers la recherche de ses racines. Aucun arbre ne grandit sans avoir des racines solidement ancrées.

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