• Kanak Banque d'images et photos libres de droit - iStock

     

    Edouard Ito Waia – Peuple Kanak (105 000 personnes - Nouvelle-Calédonie)

    « Ne pas courir après le temps. Regarder le temps qui passe, observer l’instant, et dans chaque instant sentir qu’il y a de la vie.  L’infiniment petit et l’infiniment grand. Tu regardes le ciel, un nuage danse, tu regardes le sol et hop, un scarabée apparaît : la vie est partout.  Mais si tu cours après le temps, tu ne vois pas tout cela. Lorsque je regarde les arbres, j’arrive à voir. Je vois… Je reste assis et je me concentre. Oui, l’arbre te montre un visage. C’est une forme de liberté, de communication et de création. Dans la culture kanake, l’arbre définit la force de l’être. »

    « Le besoin d’un second souffle

    Comment étouffe-t-on et déracine-t-on une culture ? Il faut s’arranger pour que ses membres te mangent dans la main, que tu leur donnes une vision autre, que tu leur dises que demain ils ne seront pas capables de gérer un pays et que sans la France, ils ne pourront rien… Tu les rabaisses. Notre culture a subi les contrecoups de la colonisation, de la manipulation politique et du pouvoir économique dominant. C’est pourquoi notre société est malade et qu’elle a besoin d’un second souffle.

    Les réserves sont finalement les seuls endroits où nous pouvons faire perdurer les modes de vie traditionnels kanaks. Ce sont les derniers remparts pour protéger notre culture. Chaque clan a son espace et beaucoup vivent de chasse, de pêche, d’agriculture vivrière et de trocs. Nous vivons en communauté, simplement, en respectant les saisons ; car c’est aussi cela protéger l’environnement.  Aujourd’hui, les véritables gardiens de la culture kanake et de la nature vivent dans ces réserves (…) »

     

    Paroles des peuples racines – Plaidoyer pour la terre (Extraits) de Sabah Rahmani 

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  • TOUAREGS : Les "seigneurs" du désert - Roots Magazine

     

    Albachir Aboubacar – Peuple Touareg (2 500 000 personnes – Niger)

    « Cela fait cinquante ans que l’entreprise française Areva exploite l’uranium au Niger. En 2007, le gouvernement nigérien a commis une nouvelle erreur en attribuant un permis aux Chinois, aujourd’hui en phase d’exploitation. On a installé ces entreprises dans des zones favorables au pâturage et parfois même à l’agriculture. Dans une région boisée, jadis propice à l’élevage, la radioactivité contamine l’eau, pollue l’environnement et dessèche les plantes ; des animaux meurent et certaines personnes développent des maladies. La radiation est lente, et Areva a longtemps fait mine d’ignorer ces conséquences en niant les problèmes de santé ! Ils continuent à garder leurs ouvriers avec ces mensonges honteux. C’est grâce à l’association française Sherpa que la vérité a jailli pour la première fois en 2005, avec une enquête menée au Niger. Aujourd’hui, de nombreux ouvriers à la retraite sont en train de mourir de maladies un par un »

    « Nous, nous ne voulons pas nous couper de notre culture. Nous voulons garder nos traditions tout en étant dans la danse du modernisme. Qu’est-ce que la danse du modernisme aujourd’hui ? C’est l’éducation. Il faut se cultiver, connaître d’autres peuples, défendre ses droits, échanger : c’est ce que nous souhaitons pour nos enfants, la génération future, tout en conservant notre culture. »

    « Sans doute faut-il être plus nombreux et mieux soutenus pour être entendus. L’Alliance des gardiens de Mère Nature est en ce sens une très belle idée qu’il faut développer davantage. Car c’est aussi en échangeant et en partageant avec d’autres peuples autochtones que nous arriverons plus facilement à trouver des solutions. Tous les peuples racines du monde, qu’ils soient en Afrique, en Asie, en Amérique ou en Europe, ont un instinct commun : la nature. Je crois que l’autochtone est le seul qui connaît vraiment, profondément, la valeur de la nature. Dans son milieu, il n’a besoin de rien. Si on le laisse dans son environnement, il a sa pharmacie, sa nourriture, sa boisson, tout ce dont il a besoin. Mais si on continue de détruire leur milieu, de nuire à ces gens qui n’ont normalement aucun souci, je suis persuadé que le monde entier n’ira pas bien… »

     

    Paroles des peuples racines – Plaidoyer pour la terre (Extraits) de Sabah Rahmani 

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  • Otomi Tolteca – Peuple Otomi (extrait)

     

     Otomi Tolteca – Peuple Otomi (650 000 personnes – Mexique)

    « Faire face au capitalisme sauvage

    Aujourd’hui, notre peuple est lui aussi exposé aux effets de ce que l’on appelle la « modernité » et du capitalisme sauvage des sociétés industrialisées. Nous vivons ces problèmes au quotidien, mais nous avons conscience de la manière dont nous pouvons continuer à perpétuer notre savoir ancestral, grâce à une éducation intergénérationnelle dans laquelle tous apprennent de tous. Nous nous organisons de manière familiale et communautaire pour mettre en pratique notre vision du monde. C’est-à-dire décider comment vivre, que manger, comment se soigner et prendre soin de son corps, quel type de vêtements porter… Et surtout avec quelle conscience, et comment maintenir l’amour et le respect de la Mère Nature, afin que nos enfants et les futures générations puissent savoir d’où ils viennent, connaître leurs racines et les valeurs essentielles dans la vie. Cette attitude nous permet de maintenir notre identité ethnique, sociale et culturelle, ainsi que notre spiritualité.

    C’est donc un autre modèle que celui des sociétés occidentales, qui propose une vie individualiste, égoïste, ne respectant ni la terre, ni les forêts, ni les montagnes et où le sacré n’a pas de place ; l’ambition d’une société malade qui n’a pas de futur… Alors que nous, nous avons créé des mécanismes pour pouvoir vivre et survivre depuis les 5 derniers siècles tout en respectant la nature.  Nous pouvons ainsi représenter, sentir et savoir qui nous sommes, tels des arbres avec des racines profondes, de grands troncs, des branches fortes et des fruits d’excellente qualité qui nous nourrissent. Parce que fruits du temps, et chants de la Terre nous sommes… Nous avons appris comment nous connecter à nos cœurs, avec le cœur de la terre et du ciel. (…)

    L’être humain est en train d’altérer les lois de la nature. Et de nombreux innocents en souffrent. Les sociétés dites « modernes » ne peuvent pas continuer dans cette voie, car c’est un chemin e mort et de destruction. os communautés sot affectées, les aliments sont de plus en plus contaminés nos animaux meurent, nos terres deviennent arides et les maladies augmentent. Nos forêts, quant à elles, se réduisent chaque année parce qu’une grande quantité de bois est exploitée par les forestiers et les multinationales. (…)

    Malgré tous ces obstacles, notre peuple a conscience de son devoir de continuer à diffuser son message de respect de la Terre Mère.  (…)

    Le message que nous aimerions également faire passer est que l’union est fondamentale : il faut s’organiser avec une conscience et une responsabilité universelle. Ce qui se passe chez les peuples autochtones affecte le monde entier, tout comme la fonte des glaciers affecte tous les êtres humains. Nous devons réagir face au changement climatique qui provoque inondations, sécheresses, cyclones, et sans doute augmente les tremblements de terre et les tsunamis. A travers cette conscience, il est temps que tous les êtres humains ouvrent leurs cœurs, dans tous les domaines, comme l’économie et la politique, afin de chercher des solutions pour l’humanité et les nouvelles générations, aussi bien des communautés rurales qu’urbaines »

     

    Paroles des peuples racines – Plaidoyer pour la terre (Extraits) de Sabah Rahmani

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  • Tucano (peuple) — Wikipédia

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tukano_maloca.jpg

     

    Alvaro Tukano -  Peuple Tukano (12 000 personnes-Colombie, Brésil)

    « Le seul choix possible

    Tous les frères à l’international doivent comprendre : qui défend la vie de cette planète ? C’est nous ! Nous sommes le seul choix possible pour sauver la Terre, car si les terres indigènes démarquées sont encore intactes c’est grâce au mode de vie de nos peuples. Avec plus de mille deux cents rivières et fleuves importants, l’Amazonie est l’une des plus grandes réserves d’eau au monde. Nous ne devons pas changer cela pour un petit programme qui veut en finir avec la nature ! Le gouvernement brésilien actuel ne représente pas nos intérêts. Que défend-il ? Les intérêts économiques nationaux et mondiaux : l’intérêt des entreprises, des grands propriétaires terriens et des éleveurs. Nous, nous avons des terres collectives qui sont des biens publics. Nous ne voulons pas suivre les règles de ce gouvernement que nous jugeons criminelles. Nous voulons préserver nos cultures, notre chamanisme, nos médecines.

    Nous soutenir, c’est prendre conscience de ce qui se passe… amis de paix comme nous, vous qui réprouvez ces types de dévastation qui ont lieu au Brésil, rejoignez notre cause ! La violence augmente beaucoup avec la dévastation de l’Amazonie. Nos peuples ne méritent pas ce genre de vie. Nous voulons être en paix, pour vivre dans la joie. L’humanité doit comprendre cela. N’oubliez pas : qui défend la forêt, la vie ? Ce sont nous, les autochtones. Aider le Brésil, ce n’est pas soutenir le gouvernement brésilien, c’est soutenir les indigènes qui préservent véritablement ces traditions de vie avec la nature.

    Nous sommes les défenseurs de la biodiversité. Toutes les plantes et les animaux en Amazonie ont leur propre nom, leur importance et sont enregistrés dans nos deux cent soixante-dix langues. Tout ce qui existe sur nos terres est sacré : l’eau, les pierres, la terre, l’air, les arbres… Nous avons conscience des esprits de chaque matière. C’est une grâce infinie qui nous nourrit. Des scientifiques brésiliens ont même montré que nous utilisons notre médecine spirituelle depuis plus de cent soixante mille ans.  Ce sont de grandes civilisations antiques que nous préservons. En volant nos terres, ils détruisent nos civilisations :  il faut que cela cesse ! Nous n’avons pas besoin de couteaux, de fourchettes ou d’une image de saint, cela ne nous intéresse pas. Ce qui nous intéresse, c’est le respect de tous les peuples. Le but n’est pas d’avoir, mais d’être ensemble, avec tous les alliés qui nous soutiennent et nous respectent. Le Brésil tue ses racines, ses matrices : c’est un crime ! J’aimerais que les camarades nous écoutent pour faire pression !  J’aimerais que les camarades nous écoutent pour faire pression sur chaque ambassade en Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique…. telle est notre position politique. »

     

    Paroles des peuples racines – Plaidoyer pour la terre (Extraits) de Sabah Rahmani 

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  • Mihirangi – Peuple Maori (extrait)

    Mihirangi – Peuple Maori (723 500 personnes Nouvelle-Zélande)

    « Si nous voulons continuer de vivre, arrêtons-nous un instant et prenons conscience de tout ce qui est autour de nous. Que mangeons-nous ? Que portons-nous ? Où vivons-nous ? Sur quoi marchons-nous ? Si vous prenez conscience, et seulement si vous en prenez vraiment conscience avec votre cœur, à ce moment-là, vous vous rendrez compte que vous faites partie d’un tout. Et là, vous vous direz « Wouah, je fais partie de tout cela ! La planète ne m’appartient pas, je suis dépendante d’elle. Je dépends de la Terre Mère. Je suis son enfant. » »

    Paroles des peuples racines – Plaidoyer pour la terre (Extraits) de Sabah Rahmani 

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