• Les Autrefois

     

    Les années 1990, puis les années 2000, ont sonné le glas des libertés les plus élémentaires de l'individu et les précipitent avec rage dans trou profond, aussitôt creusé aussitôt rebouché, afin que nous les oublions et nous imaginions pouvoir vivre sans elles.

    Mais nos années 1960, 70 et 80 furent si belles qu'elles nous hantent douloureusement chaque jour de cette médiocre époque que nous vivons.

    "Les Autrefois", ou notre enfance (qui n'est pas si loin...)

    Enfants, nous allions en voiture sans ceinture de sécurité ni airbag. Voyager à l'arrière d'une camionette ou sur le plateau d'un camion vide était une promenade merveilleuse.

    Lorsque nous partions à vélo, nous n'avions ni casque, ni protection. Nos parents ne portaient pas plainte parce qu'il y avait un trou dans le goudron qui nous avait fait tomber. Notre papa ou notre maman badigeonait de mercurochrome nos genoux couronnés en riant et nous en riions aussi.

    Nous buvions l'eau du robinet du jardin, ou bien là où nous en trouvions, jusqu'à ce que l'on ait plus soif. On n'était pas obligé d'emporter des bouteilles d'eau minérale.

    Nous mettions des journées entières à nous fabriquer des "voitures" avec des caisses, des planches, des tuyaux qui ne respectaient pas les normes AFNOR ou CEE. Que de jeux, que de plaisirs ! Après quelques chocs, nous avions appris à régler le problème. Nous nous laissions tomber contre un arbre ou par terre. Personne ne faisait intervenir le SAMU à chaque chute. Nous étions libres et débrouillards.

    Nous sortions seuls jouer avec nos amis. Nous rentrions comme nous l'avions promis pour l'heure du repas.

    Nous allions à l'école pour travailler et pour apprendre et non pas pour "développer notre potentiel de créativité". Nous savions lire, écrire et compter dès l'âge de trois ou quatre ans. Nous aimions nos maîtres et nos maîtresses. Lorsque nous ne travaiillons pas, l'instituteur qui n'était pas un "professeur des écoles", nous donnait des punitions ou des coups de règles sur les doigts. Nos parents n'allaient pas porter plainte. Nous savions que nous le méritions.

    Certains n'étaient pas très bons à l'école ; ils devaient simplement redoubler l'année si ils ne réussissaient pas. Personne n'allait chez un psychologue ou un "psychopédagogue". On redoublait et on avait une deuxième chance. Ceux qui ne voulaient pas faire d'études ne restaient pas à traîner dans les rues ou dans les cours d'immeubles, ils allaient en apprentissage ; ce n'était pas une sanction, mais l'assurance d'un métier bien appris et d'un vrai avenir.

    Nous n'avions pas de téléphones portables. Nous écrivions des lettres et des cartes postales.

    Nous jouions aux gendarmes et aux voleurs, nous faisions claquer des pétards. Personne ne faisait brûler des voitures.

    Nous nous coupions, nous faisions des bleus, des ecchymoses, on se cassait un bras ou une jambe. Personne ne portait plainte pour ces petits accidents. Personne n'était coupable, nous apprenions la vie.

    Nous partagions un soda à quatre ou cinq, nous buvions tous à la même bouteille. Personne n'est mort pour ça.

    Nous n'avions pas de PLAYSATION, MP3, MP4, X BOX, jeux vidéos, ni cent chaînes de télévision, antennes satellites, ordinateurs..., par contre nous avions de VRAIS AMIS.

    Quand on avait envie et si nos parents étaient d'accord, nous sortions et nous allions tout simplement chez nos copains jouer avec eux. On ne s'envoyait pas de SMS ou de WIZZ sur MSN.

    Nos amis s'appelaient Jacques, Pierre, Edouard, Sylvie, Christine et non labelle75, bossdu69 ou sluppXX.

    Nous jouions avec des bâtons, de la ficelle, des ballons, des billes, à cache-cache, aux cow-boys et aux indiens ou aux petites voitures et non aux SIM'S ou a SECOND LIFE.

    Nous passions des soirées entières à écouter nos parents ou nos grands-parents nous raconter des histoires de leur enfance ou des contes qui nous faisaient hurler de rire ou alors très peur. Personne n'a jamais été "traumatisé" pour ça.

    On nous a laissé faire l'expérience des succès et des échecs, des responsabilités et nous avons appris à nous débrouiller dans la confiance. Nous étions LIBRES.

    Source : le journal d’Ursus :

    http://journaldursus.canalblog.com/archives/2009/02/15/12546904.html

     

    Les Autrefois

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 9 Juin 2016 à 21:23

    Très beau texte. Bonne soirée.

    2
    Vendredi 10 Juin 2016 à 06:20

    Et oui nos enfants ont perdu une qualité de vie, le plaisir des choses simples et une liberté certaine.  Nos parents n'avaient pas peur de nous laisser jouer dehors. Et nous on aimait se retrouver avec les copains pour jouer à l'aventure.

    Cela a  bien changé aujourd'hui. Je suis surprise lorsque je découvre qu'il n'y a personne ou quasi personne, ni enfants, ni parents dans les rues des villages les jours de beaux temps.

    Bonne journée Renal

    3
    Samedi 11 Juin 2016 à 18:19

    coucou Pestoune,

    Que je suis d'accord avec ce texte!!! Je me souviens de mon premier petit boulot d'ado, je ramassais du tabac et le soir souvent je rentrais tranquillement à pieds à travers les champs et je n'avais même pas peur et pourtant je faisais près de 10kms... Aujourd'hui les parents seraient là, a attendre pour que leur petit ne se fatigue pas!!!

    La vie n'a pas changé seul l'être humain change et pas forcément en bien!

    Merci pour les souvenirs que ton texte évoque en moi.

    Bon weekend à toi Pestoune

      • Samedi 11 Juin 2016 à 19:54

        Pas pour que les enfants ne se fatiguent pas, Patricia mais parce que le monde est fou : agression, conduite au volant dangereuse, violence.  Comment ne pas avoir peur pour nos enfants ?

        Mais nos enfants ont trop été gâtés, c'est une certitude. Cela a tué leur imagination. Lesquels savent encore jouer avec un rien ?

        La télé, internet, les jeux vidéo en ont déjà fait des sédentaires. Par les beaux jours, on en voit plus des bandes de gamins jouer ou faire du vélo.

        C'est bien triste le monde de l'enfance aujourd'hui.

        Bon week-end à toi aussi Patricia

    4
    Samedi 23 Juillet 2016 à 17:30

    Dès la maternelle, on a tué leur imagination en leur imposant des images, en ne leur laissant jamais de moment sans activité organisée. Une histoire sans image, quelle horreur, ils n'en veulent pas. Sans support visuel, difficulté énorme pour fixer leur attention, la concentration est fractionnée, leur intérêt papillonnant ...Un désastre ce monde des écrans

    Bon weekend Pestoune

      • Samedi 23 Juillet 2016 à 20:16

        Je me demande aussi si parents et grands parents ne les sollicitons pas de trop. Jeux éducatifs, jeux interactifs... dès le plus jeune âge. Tout leur est servi tout prêt, tout cru allais-je écrire, ils n'ont plus d'efforts à faire. Des jouets partout, de toute sorte. Il ne faut surtout pas que l'enfant s'ennuie. Or je crois que dans l'ennui aussi, il y a à apprendre, notamment à réfléchir comment s'occuper. Cela leur demande des efforts, de l'imagination, de la réflexion.

        On a fait des générations d'enfants-roi. Beaucoup de parents  croient qu'en étant permissif, en imposant pas le Non, ils rendent leurs enfants heureux. Mais demain, ces enfants seront des adultes et ces adultes de perpétuels insatisfaits.

        Bon week-end à toi aussi Isadis

    5
    Mardi 20 Septembre 2016 à 21:23

    Il m'arrive de temps à autre de faire ce genre de comparaison entre nos époques. Peut être bien que nos grands parents ont eu le même genre de réflexions. J'en suis même presque sûr.
    Par contre l'écart devait être encore "mesurable". Maintenant c'est un autre monde.

      • Mardi 20 Septembre 2016 à 22:11

        Notre monde est devenu tellement aseptisé, bourré de technologie qui sont plus un enchaînement qu'une liberté... Le danger pour les enfants plus grands : plus de voitures, plus de risques de mauvaises rencontres, ils ne connaîtront jamais la liberté de jouer dehors comme nous l'avons connue.

        Oh oui, l'écart est largement mesurable. Même si nos gamins ont l'impression d'une liberté, elle n'est en rien comparable à la nôtre. Mais c'est leur vie, leur quotidien. Ils n'ont pas de recul pour comparer, ils l'auront face à leurs propres enfants.

        Ainsi va la vie, chacun critique son époque et finit par la regretter en la comparant à la suivante. On sait ce qu'on perd mais on ne sait pas ce qu'on gagne.

        Bonne soirée Stormalo

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