• Sans le paysan, aurais-tu du pain ? de Jean AICARD

     

    Sans le paysan,  aurais-tu du pain ?

    C'est avec le blé qu'on fait la farine;

    L'homme et les enfants, tous mourraient de faim,

    Si dans la vallée et sur la colline,

    On ne labourait et soir et matin.

     

    Sans le boulanger, qui ferait la miche ?

    Sans le bûcheron, — roi de la forêt, —

    Sans poutres, comment est-ce qu'on ferait

    La maison du pauvre et celle du riche ?

     ... Même notre chien n'aurait pas sa niche I

     

    Où dormirais-tu dis, sans le maçon ?

    C'est si bon d'avoir sa chaude maison

    Où l'on est à table, ensemble, en famille !

    Qui cuirait la soupe, au feu qui pétille,

    Sans le charbonnier qui fît le charbon ?

     

    Sans le tisserand, qui ferait la toile ?

    Et sans le tailleur, qui coudrait l'habit ?

    Il ne fait pas chaud à la belle étoile !

    Irions-nous tous nus, le jour et la nuit,

    Et l'hiver surtout, quand le nez bleuit ?

     

    Aime le soldat, qui doit te défendre !

    Aime bien ta mère, avec son cœur tendre !

    C'est pour la défendre aussi qu'il se bat.

    Quand les ennemis viendront pour la prendre,

    Que deviendrais-tu sans le bon soldat ?

     

    Aimez les métiers, le mien et les vôtres !

    On voit bien des sots, pas un sot métier;

    Et toute la terre est comme un chantier

    Où chaque métier sert à tous les autres,

    Et tout travailleur sert le monde entier.

     

                                         Jean AICARD

     

    Sans le paysan, aurais-tu du pain ?  de Jean AICARD

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  • Commentaires

    1
    Samedi 22 Octobre 2016 à 09:04
    Séverine

    Ce poète sera-t-il entendu ? Avec toutes les mauvaises langues qui médisent sur pas mal de métier !

      • Samedi 22 Octobre 2016 à 14:19

        En même temps l'état est le 1er à dénigrer les métiers Quand on emploie le langage politiquement correct pour renommer les métiers, moi ça me met mal à l'aise. La femme de ménage qui est devenue technicienne de surface, fait le même travail avec la même conscience professionnelle et le fait qu'elle soit passée "technicienne" n'améliore ni ses conditions de travail, ni son salaire. Pour moi c'est un déni de la profession. Mais il faut bien que ces politiques justifient leur salaire mirobolant :(

    2
    Samedi 22 Octobre 2016 à 09:58

    Un poème qui me plait beaucoup. L'image aussi est appétissante !!!

      • Samedi 22 Octobre 2016 à 14:20

        Dommage, la miche n'est plus, il ne reste que l'image mais elle ne nourrit pas beaucoup tongue

    3
    Violette
    Vendredi 25 Novembre 2016 à 16:58

    Merci, Pestoune ! Contente de retrouver ce poème de mon enfance (appris en chanson) et dont les paroles ont été un peu oubliées !!! Je vais pouvoir enfin l'utiliser avec mes élèves issus de milieu rural. Musique appréciée aussi ! Bonne continuation.

      • Vendredi 25 Novembre 2016 à 20:24

        Je ne savais pas, Violette, que ce poème avait été mis en chanson. J'ai fait quelques recherches mais je ne l'ai encore pas trouvé. Je vais continuer à fouiner. La curiosité est toujours plus forte :D

        Bonne soirée Violette.

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