• Henry Kénol – Le désespoir des anges

     

    Henry Kénol – Le désespoir des anges

     

     

     

     

     

    Un roman particulièrement dur sur les conditions de vie de la population défavorisée à Haïti.

    Une jeune femme confrontée à sa bourgeoise de patronne se remémore son passé dans la cité. Viols, meurtres, tortures, désespérance étaient le quotidien des habitants à partir du moment où les gangs ont investi les lieux.

    La narratrice n’a pas 28 ans mais elle a déjà vécu plusieurs vies. Bonne élève avec l’espoir d’un avenir prometteur, elle se retrouve par nécessité être la maîtresse du chef de gang avant de se réfugier dans l’obscurité pour sauver sa vie. Devenue prostituée dans un bordel, elle a fini grâce à sa tante par se retrouver employée dans cet hôtel. Et elle raconte sa longue errance parmi d’autres fantômes dans la ville, ces gens qui survivent tant bien que mal en se fondant au maximum dans le décor pour ne pas avoir à faire face à ces tortionnaires qui font régner la terreur. Personne n’est épargné, pas même les enfants. Nombreux sont ceux qui ont assisté au meurtre barbare de leur famille et ont été déclarés intouchables. Intouchables, c’est une autre façon de les condamner à mort mais dans une longue agonie. Personne n’a le droit ni de leur parler, ni de les aider et encore moins de les nourrir. Mais certains d’entre eux vont apprendre à survivre en commun. Et c’est parmi eux que la narratrice se réfugiera pour échapper à la mort certaine.

    Aujourd’hui la mauvaise conscience lézarde son esprit comme les cicatrices son corps. Mais il faut vivre avec, comme elle vit avec ses illusions perdues.

    Ce roman est bouleversant, glaçant. Il parle d’une réalité : ces gangs qui investissent des quartiers et qui se réservent le droit de vie ou de mort sur les habitants et qui font régner la terreur en toute impunité. Nous pouvons lire le désespoir de ceux qui subissent, la violence subie par tous et plus particulièrement par les femmes dont le corps sert d’arme de pression. La peur des viols barbares est la pire des pressions. Il n’y a dans ce roman aucune concession, c’est crument que nous sont narrés les faits. Ayons bien conscience que c’est encore le quotidien de tant d’êtres humains, à Haïti ou ailleurs.

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