• Les peuples de l’Omo

    Les peuples de l’Omo

    La vallée de l’Omo

    Les peuples de l’Omo

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La vallée de l’Omo parait suspendue dans le temps. Se trouvant aux confins de l’Éthiopie, du Kenya et du Soudan au cœur de la dépression du Rift, difficilement accessible, elle a gardé son caractère sauvage qui en fait une région unique au monde. Elle doit son nom au fleuve Omo qui la traverse. Une quinzaine de tribus y vivent. A la fois chasseurs, pêcheurs, cueilleurs, ils sont principalement d'agriculteurs et d’éleveurs semi-nomades. Leur chance jusqu’à récemment ? Personne n’y a trouvé de richesse ou de ressource à exploiter, ce qui leur a évité jusqu’à peu  une confrontation brutale avec la civilisation. La seule richesse y est ethnologique, en effet il s’y trouve des gisements paléontologiques, témoins des époques pliocènes et pléistocènes en Afrique. La vallée est un sanctuaire du passé. Mais récemment un barrage hydroélectrique géant et l'accaparement de leurs terres associé aux plantations menacent les peuples de la vallée inférieure de l’Omo. (source : Survival France)

     

    Les peuples de l’Omo

     

    Les tribus et leurs sens de la beauté

    Hamer, Surma, Mursi, Bume, Turkana, Galeba, Bèrber, Bodi, Nyangatom, Kwegu (ou Muguji), Bodi (Me’en), Daasanach, les Kara (ou Karo) se partagent le territoire avec chacune ses coutumes propres, ses traditions, sa façon de vivre. La beauté extérieure est très importante pour ces hommes et femmes : visages peints, corps scarifiés, mutilations (plateau labial…),  parures de bijoux, coiffes extravagantes, embellissement personnel à l’aide de plumes ou de végétaux et ce n’est pas l’apanage des seules femmes.  De nature fière, ils sont à la recherche de l’admiration de l’autre. Le sens de l’esthétisme, la prestance, l’élégance de l’individu est une reconnaissance de son statut.

     

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    Les rites initiatiques

    De l’enfance à l’âge mûr, l’existence des membres de chaque ethnie est ponctuée de rites initiatiques où ils doivent affronter diverses épreuves, variables selon les groupes ethniques. De la 1ère responsabilité du jeune pasteur au statut de redoutable guerrier, il y a plusieurs rituels qui donnent lieu à chaque fois de grandes fêtes. Les états de transe y sont recherchés, aidés en cela par des drogues ou de l’alcool (bière de sorgho, vin de miel). Malheureusement pour les indigènes l’alcool fort a été introduit chez eux ce qui amène des déviances, des violences gratuites et déstabilise la société tribale.

     

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    Rituel du donga

    Le rituel du donga est un rituel particulier pratiqué principalement chez les surmas et les Mursi. Ce sont des combats rituels parfois violents qui sont à la fois un simulacre de guerre, un rite initiatique et une épreuve d’adresse. Bien sûr avant le début des joutes, il y a une mise en beauté et c’est le corps enduit de pigments et autres artifices qu’ils paradent. C’est aussi l’occasion aux prétendants amoureux de la même belle de se démarquer. Mais cela permet aussi de montrer aux femmes à quel point on est valeureux, beau, puissant et habile. Le Donga est le bâton avec lequel les adversaires vont se battre. Il faut de la force, de l’agilité et de la vitesse pour manier le donga. Bien qu’il ne s’agisse pas de lutte à mort, les accidents et les blessures sont nombreux. Et là encore la présence d’armes modernes a fait dégénérer ce rite ancestral. Il n’était pas rare que des esprits chagrins se vengent en tirant au hasard. Un grave accident de ce type il y a quelques années a décidé les anciens d’abréger le rituel.

     

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    Rituel  de l’Ukuli

    Le rituel de l'Ukuli chez les Hamer est un rituel destiné aux jeunes hommes. Il est destiné à marquer le passage du jeune garçon au statut d’homme qui pourra se marier et avoir son propre troupeau. L’Ukuli est le jeune garçon. Celui-ci dépouillé de tous ses artifices, vêtu de son unique pagne et étant au jeûne doit subir une épreuve de saut de buffle afin de devenir un Donza. Les femmes se font fouetter volontairement pour donner du cœur aux jeunes ukulis. Les cicatrices laissées seront autant de marque qui les remplissent de fierté. L’ambiance est survoltée.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=Aagl4wQozi4   

     

     

    Le déroulement de la vie quotidienne

    Cela se déroule de la même manière au sein de toutes les tribus. Les hommes s’occupent de chasser, pêcher, sont en charge des troupeaux et font la guerre et sont donc très souvent absents des villages. Les femmes elles, s’occupent de toute l’intendance sur le camp : enfants, repas, réparation des cases… Quant aux anciens, ils palabrent à l’ombre des arbres et prennent les décisions importantes pour la tribu. Aujourd’hui encore, les uns et les autres continuent à allumer le feu en frottant deux bâtons l’un contre l’autre et en attisant les braises avec le souffle.

     

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    La pastoralité

    Plusieurs clans parmi les peuples de la vallée de l’Omo sont des éleveurs, semi-nomades pour la plupart ; et particulièrement les Surma et les Mursi. Ils sont très attachés à leurs troupeaux (vaches-zébus et/ou chèvres) qui sont la fierté de toute la tribu. La pastoralité est le domaine des hommes. Les enfants suivent très tôt leurs pères pour mener les bêtes pâturés loin du village. Ils vivent en véritable symbiose avec les animaux.  C’est vers l’âge de 11-12 ans que les jeunes garçons ont leur 1ère responsabilité en s’occupant seuls des animaux. L’animal sert à la survie du clan par sa viande, son lait et son sang. En effet, les bergers prélèvent environ 2 l de sang au garrot à leurs vaches toutes les 3 semaines. Sang qui sera bu par l’ensemble de la tribu. Les animaux ne semblent pas souffrir de l’opération.

     

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    La chasse

    Les peuples de l’Omo sont chasseurs. Depuis la nuit des temps, la chasse leur servait à nourrir la population. Hors depuis peu, la recherche de trophées, le trafic d’ivoire pour les touristes a changé la donne. Rajouté à cela l’arrivée des armes moderne. Sont organisés maintenant un véritable massacre des animaux mettant la faune en danger à court terme.

     

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    Des peuples belliqueux

    La plupart des différents peuples de l’Omo sont de nature belliqueuse et cela donne lieu à des luttes et même à des guerres tribales. D’ailleurs les faits de guerre animent la plupart des conversations des hommes. Hélas les sagaies et autres armes traditionnelles sont remplacées par des kalachnikovs. Inutile de dire à quel point le rapport de force a changé.

     

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    Conclusion :

    Hélas, le tourisme progresse et bouleverse la vie de la vallée. Rien ne sera plus jamais pareil. Les populations forcent les traits de peintures et les décorations corporelles   pour attirer le touriste et se font payer leur prestation. Les trophées de chasse étant recherché, le braconnage s’intensifie. Et l’argent récolté va servir à acheter de l’alcool fort et des armes et munitions.

    Si le sujet vous intéresse, je vous invite à découvrir le merveilleux double album : Les peuples de l’Omo de Hans Silvester. Un récit et un témoignage photographique de toute beauté. Un travail absolument sublime où chaque image est un régal.

     

    Les peuples de l’Omo

     

     

    LES PEUPLES DE L'OMO - ETHIOPIE (VERSION COMPLETE 52') Muammer YILMAZ & Philippe FREY

     

    https://www.youtube.com/watch?v=oncVZgi3Tx0

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 8 Avril 2016 à 18:13

    Bonjour Pestoune,

    Oui, tu as raison, dommage que les gens soit-disant civilisés n'apportent que le vis, la perversion et la maladie dans des tribus comme celle-ci qui peu à peu va perdre ses repères, ses coutumes et sa liberté d'être ce qu'elle est.

    La question est qui d'eux ou de nous vivent réellement!!!

    Merci pour ce beau reportage Pestoune sur ce peuple que je découvre au fur et à mesure de ton billet.

    Belle soirée à toi

    2
    Vendredi 8 Avril 2016 à 18:46

    Comme toujours, nous prétendons leur amener du mieux, de la "civilisation", du "confort" etc... l'histoire se répète avec chaque tribu dans le monde que ce soit en amérique du Sud, en Indonésie ou ailleurs. Mais que leur apporte-t-on qu'un déracinement, de l'alcool pour les corrompre... ? On tue la seule vraie liberté de ce monde : celle de vivre au contact de la nature sans contrainte et même en osmose avec elle.

     

    Bonne soirée Patricia

    3
    Césarion
    Samedi 9 Avril 2016 à 06:51
    Césarion

    Très beau sujet traité avec brio comme toujours ... oui comme dit plus haut .. l'homme blanc ferait mieux de rester chez lui plutôt que de venir polluer et piller ces peuples à la culture encore vierge ...

     

      • Samedi 9 Avril 2016 à 07:01

        Merci Césarion, bonne journée

    4
    Samedi 9 Avril 2016 à 16:02

    Merci Pestoune. Très beau reportage très bien traité. Je ne peux que répéter ce qui a été dit plus haut, l'homme blanc n'apporte que le mal. Il croit que toute la planète lui appartient et qu'il est le seul à avoir raison. il impose sa culture, sa manière de vivre pensant qu'elle est la meilleur alors qu'il a la preuve quotidiennement qu'il a tort. Il pollue, dépossède des peuples qui, eux, ont su rester fidèles à notre planète. De quel droit?!...  

      • Samedi 9 Avril 2016 à 18:22

        Oui, tu as posé la bonne question Polgara : de quel droit !!! J'avoue que c'est pour moi, totalement incompréhensible que certains se croient autorisés à juger que leur façon de vivre est la meilleure. surtout quand on voit ce que ça donne. Il n'y a jamais eu autant d'inégalités, de violences, de misère que dans le monde moderne. Et tout cela dans une totale indifférence. C'est cette vie-là qu'on veut imposé aux peuples encore libres sur cette terre. :(

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