• Comment sont nés la terre, les étoiles et les enfants du monde ?

    Comment sont nés la terre, les étoiles et les enfants du monde ?

     

    Voici ce que racontait le père du père de mon grand-père. Du temps d’avant le temps, bien avant la création de la terre, des étoiles et des enfants du monde, l’univers n’était qu’une énorme citrouille ! Une cucurbitacée, car c’est ainsi le nom que l’on donne à la citrouille, si volumineuse, si démesurée, si vaste, si massive que notre esprit ne pouvait en imaginer les contours.

    A l’intérieur de cette cucurbitacée, joufflue et dorée come une brioche, il y avait, en haut, un ciel luminescent, en bas, un verger aux fruits délicieux et un jardin fleuri de légumes.

    Pour s’occuper de ce jardin, ne vivait là, qu’un seul homme, un très vieil homme, grand comme une asperge, mince comme un haricot vert, les cheveux couleur carotte, des yeux noisette, un teint de navet avec sa peau ridée, fripée comme une vieille pomme.

    De part son âge avancé, et grâce à ses particularités végétales, cet homme connaissait le langage, subtil, des fleurs, des fruits et des légumes. Au milieu de ce paradis, au cœur même de ce lieu de délices, il cultivait et faisait s’épanouir des citrouilles sacrées.

    Le père du père de mon grand-père racontait que ces divins potirons contenaient tout le savoir et toute la sagesse du monde et qu’un jour, un monde nouveau naîtrait de leurs graines. Le vieil homme savait-il cela ? Le conte n’en dit rien.

    Chaque automne, le vieux jardinier ramassait ses citrouilles, les fendait en deux, séparait la chair des graines et mettait celles-ci à sécher. Plus tard, il en sèmerait une partie et se nourrirait du restant. On raconte que c’est, peut-être, grâce à ces graines qu’il était immortel.

    Un automne, la récolte des citrouilles fut si abondante et si généreuse que le vieil homme dut les entasser dans un recoin de l’énorme cucurbitacée. Quand il eut placé au sommet de la pile, la dernière citrouille, celle-ci perdit l’équilibre et chavira, fut entrainée à terre et se mit à rouler, rouler si loin qu’elle jaillit de la cucurbitacée, tomba dans le vide et resta suspendu, dans l’espace.

    La terre venait de naître. Elle était si belle que le soleil se mit à danser, pivotant sur lui-même et tournoyait autour d’elle ; si belle que les vents accoururent de bout du monde, pour la caresser ; si belle que la lune, la nuit, l’éclaira afin que puissions l’admirer. Les années passaient et les saisons défilaient.

    Un jour de printemps, alors que le vieil homme s’apprêtait à semer ses graines de citrouille, il tomba dans le chemin de terre boueux et glissant, qui menait au potager.

    Sa corbeille se renversa et les graines qu’elle contenait s’envolèrent, emportées par le souffle du vent comme une nuée de criquets.

    Elles se dispersèrent dans l’espace, aux quatre coins de l’univers. Les étoiles venaient de naître.

    Et les enfants du monde, comment sont-ils nés ? A cela, le père du père de mon grand-père répondait que la terre était venue au monde, les étoiles s’éveillaient à la vie, il ne restait plus au temps qu’à s’écouler, à se dérouler et que l’amour ferait le reste.  Car c’est bien de l’amour que sont nés les enfants ?  Ainsi sont nés, la terre, les étoiles et les enfants du monde.

     

    « de Henri Conteur professionnel et Principal Adjoint de collège » du livre de Zohra Guillaume  dans Fraternité… Au pied du Mur !  Ed Lacour

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 15 Décembre 2016 à 07:43
    Séverine

    Une bien jolie histoire.

    2
    Jeudi 15 Décembre 2016 à 09:09

    Jolie histoire. Je retiens " Les enfants sont nés de l'amour" Bonne journée Pestoune

    3
    Jeudi 15 Décembre 2016 à 10:45

    Bonne journée à vous deux Sév et Renal.

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