Novembre Aux taillis où ronronne Déjà le vent frileux, Les colchiques d'automne Ont ouvert leurs yeux bleus, Ont vu de tristes choses, Les colchiques ont vu, Dès l'heure où tout explose, La mort rauque à l'affût, Ont vu le long des sentes, Ont vu passer...
Lire la suite
L'écureuil et la feuille Un écureuil, sur la bruyère, Se lave avec de la lumière. Une feuille morte descend, Doucement portée par le vent. Et le vent balance la feuille Juste au-dessus de l’écureuil ; Le vent attend, pour la poser, Légèrement sur la bruyère,...
Lire la suite
L’enfant voulait mettre toute la mer Dans le trou qu’il creusait dans la plage. On lui dit : « Tu n’y parviendras jamais. » Si on l’avait laissé faire cent ans Mille ans, Que serait-il arrivé ? Peut-être l’éternité est-elle tout simplement Le temps qu’il...
Lire la suite
Clown Un jour. Un jour, bientôt peut-être. Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers. Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche. Je le trancherai,...
Lire la suite
Tu fais un fort mauvais métier, Quoiqu'il soit des plus à la mode, Disait à cet insecte inutile, incommode, Plat surtout, qui, parfois, nous oblige à veiller, Le ver industrieux que nourrit le mûrier. Pour toi, mordre est une habitude, Et tourmenter est...
Lire la suite
Aux animaux de Jacques Reda O bêtes, écoutez : je vous aime comme on Peut aimer l’ordre et l’innocence. Par les sentiers des bois où parfois je recense Vos empreintes dans le limon, Par les prés où longtemps vous demeurez placides Dans un nuage de douceur,...
Lire la suite
Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lèvres. Nos silences, nos paroles. La lumière qui s’en va, la lumière qui revient. Un seul sourire pour nous deux. Pas besoin de savoir. J’ai vu la nuit créer le jour sans que nous changions d’apparence. O bien aimée...
Lire la suite
Notre Terre corps meurtri fait de beauté défigurée et de la poussière de nos morts d’arbres abattus exécutés dans les forets d’ou fuit le chant de l’oiseau étouffé par les tronçonneuses d’hémorragies de pétrole et d’océans en deuil de requins à la dérive...
Lire la suite
Ces mots où tu poses Patine de l’âme Et douce effigie D’une vie Ces mots que tu portes Parfums des vergers Encensent le ciel De tendresse Ces mots des étoiles Miettes du silence Des mots paysans A voix basse Ces mots dans la flaque D’un ru bruissant Faufilent...
Lire la suite
Jean-Pierre BOULIC – poème extrait du recueil « Cette simple joie » C’est une silhouette assise Sur une pierre Le puits et sa margelle Au pied de la colline Une femme survient Portant la cruche Deux âmes vulnérables Tendent leur soif Vers cette source...
Lire la suite