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Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

 

Alexandre Romanès, tzigane hongrois issu du monde du cirque, met ses mots sur la vie des siens, ce peuple de promeneurs ne connaissant aucune frontière, aucune attache, tachant de préserver sa liberté dans une société où tout est fait pour les engloutir et les faire disparaître dans l’anonymat de Mr et Mme Tout le monde. Et pourtant, il n’en veut pas de cet anonymat, il veut garder le droit de vivre comme bon lui semble et arpenter les routes où et quand il veut.

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

« Souvent coincés

entre l’autoroute et la décharge municipale,

les Gitans occupent la dernière place

dans la société.

Mais cette place me plaît,

je n’en voudrais pas d’autre.

 

Dans les tribus gitane et tzigane,

le nomadisme est très fort.

Il y a sûrement plusieurs explications,

mais moi j’en vois surtout une :

dans l’univers tout bouge. » (extrait)

 

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

Il y a dans ce recueil, des vérités, des poésies, des historiettes, des pistes de réflexion mais surtout une porte grande ouverte pour découvrir ce peuple et pour avoir le désir de le connaître.

Voici quelques extraits qui m’ont interpelée.

« Un gars dans un restaurant est intrigué par ma présence.

Il engage la conversation.

Il est sympathique et nous parlons très librement.

Il me demande ce que je fais dans la vie.

Je lui dis que je suis avec le petit cirque qui est à côté.

« Le cirque tzigane ? Mais alors vous êtes gitan.

  • Dites-moi la vérité, vous les Gitans, vous être vraiment terribles comme on le dit ?
  • Oui, mais vous, les gadjé, vous êtes bbeaucoup plus terribles que nous. »

Le gars : « Comment ça ?

  • Vous, vous avez inventé la colonisation, la prison, l’inquisition, la bombe atomique, l’ordinateur, les frontières…
  • Arrêtez, je suis d’accord, on est plus terribles que vous.»

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

Un vieux Gitan : « Dans un pays, rien n’est plus visible qu’une minorité »

 

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

 

« Une de mes cousines fait les lignes de la main dans Paris. Je suis avec mon oncle, on frappe à la porte.

« Cousine, qu’est-ce qui t’est arrivé !

Ça fait des années qu’on ne te voit plus !

Qu’est-ce que tu deviens ?

  • Je me suis mariée mon oncle.
  • Qu’est-ce qu’il fait ton mari ?
  • Il est psychiatre.
  • Ah bon. Et toi, tu fais toujours les lignes de la main ?
  • Non mon oncle. Tout ça c’est fini.

J’ai fait des études. Maintenant je suis psychiatre, moi aussi.

  • C’est quoi psychiatre ? »

Ma cousine lui explique.

Mon oncle :

« Alors, si j’ai bien compris, tu as fait dix ans d’école pour faire ce que tu faisais avant d’avoir été à l’école ? » »

 

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

 

« Je suis dans le train, on traverse les Vosges.

De l'homme assis en face de moi

se dégage un parfum extraordinaire.

Je n'ai jamais rien senti d'aussi bon.

J'engage la conversation

et je lui demande ce qu'il fait.

"Je suis bûcheron"

Ce parfum, c'était les arbres. »

 

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

 

« Avec ma fille Alexandra, cinq ans,

j’entre dans un restaurant self-service.

On passe devant une dizaine d’hommes et de femmes.

Soudain, elle lâche ma main,

et court en direction d’un clochard

qui est dans le fond de la salle,

elle se jette sur lui et l’embrasse.

Quand c’est beau, il n’y a rien à dire »

 

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

 

Une vieille Gitane : « Si cette société c’était une machine

il y a longtemps qu’on l’aurait mise à la casse. »

 

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

 

« La première fois que  le poète Christian Bobin est  venu nous voir,

il a mangé avec nous et je l’ai fait dormir

Dans une caravane sans porte.

Le matin, assis près de ma caravane,

nous avons parlé longuement.

J’avais l’impression de le connaitre depuis toujours.

Quand on s’est quittés, il m’a dit :

« J’avais un ami et je ne le savais pas. »

 

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

Un vieux Gitan :

« Pour la plupart des hommes,

tant qu’il n’y a pas la mort bien visible

au bout du chemin,

ils restent dans l’inessentiel. »

 

Alexandre Romanès – Un peuple de promeneurs – histoires tziganes

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M
 trés beaux écrits<br />  pour moi   les gitans   sont des gens  qui  veulent encore essayer d 'être libres dans notre  monde  étouffant<br />  ( petite dans mon école  tous les ans au moment de la  (foire ) pendant un mois  nous avions  des enfants des caravanes avec nous , j 'en garde  un super souvenir  ils revenaient  ( l 'année  suivante )  , et adultes j en ai revus  ( tous  travaillent sur leurs métiers )<br /> des gens  trés gentils  de bons  souvenirs<br />  kénavo PESTOUNE
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R
Les extraits que tu as choisis, sont très beaux !!!!
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