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Le destin tragique de Teresa Wilms Montt, poétesse chilienne

 

María Teresa Wilms Montt, également connue sous le nom de Thérèse Wilms Montt, Tebal, Teresa de la Cruz, était une écrivaine et poète chilienne connue pour ses convictions anarcho-féministes.

 

Début de sa vie 

Maria Teresa Wilms Montt est née le 8 septembre 1893 à Viña del Mar au Chili. dabs une famille aristocratique influente dans la politique commerciale chilienne. Elle était la deuxième d'une fratrie de neuf sœurs et son père l'appelait Tereso. 

En 1910, elle épouse, contre la volonté de sa famille, Gustavo Balmaceda Valdés, avec qui elle rejoint Santiago où elle participe à la vie culturelle. elle s'implique dans la scène culturelle de la ville. Elle est immédiatement introduite dans les cercles littéraires de la capitale. Son caractère singulier, sa culture, ses talents de pianiste et de chanteuse, mais bien entendu aussi sa grande beauté, la distingue immédiatement dans ce milieu exclusivement masculin. De 1912 à 1915, elle vit à Iquique, où elle fréquente des féministes, des syndicalistes et des francs-maçons, sous le pseudonyme de Tebal. 

Elle a deux filles, Elisa et Silvia Luz, dont elle fut séparée et enfermée dans un couvent contre son gré pour être tombée amoureuse d'un autre homme, Vicente Balmaceda Zañartu, cousin de son mari. La douleur causée par cette punition maternelle la blessa au plus haut point. Elle entame un journal où elle exprime sa solitude, sa vie au couvent, son état psychologique...  Epuisée elle tente le 29 mars 1916 de se suicider en ingérant de la morphine.

Elle réussit finalement à s'enfuir, aidée par Vicente Huidobro, un poète surréaliste et écrivain chilien, et s'enfuit à Buenos Aires et intégra le cercle intellectuel de la ville. 

La solitude est toujours présente dans ses journaux intimes et ses vers, tout comme la protestation contre toutes les formes d'oppression et d'emprisonnement dont elle et les femmes en général ont souffert.

 

 

Sa vie de femme libre

Commence alors l’errance de Teresa qui fera sa légende. Elle devient amie des écrivains Victoria Ocampo, Jorge Luis Borges, et de la fashionista-féministe « Pele » Peregrina Pastorino qui aura une grande influence sur elle.

En 1917, elle publie Inquietudes Sentimentales, un recueil de cinquante poèmes aux accents surréalistes, qui a remporté un succès retentissant dans les cercles intellectuels de la société de Buenos Aires. Il en a été de même pour « Los Tres Cantos », ouvrage qui explorait l'érotisme et la spiritualité.

Elle publia des ouvrages tels que « Inquietudes Sentimentales » et « Los Tres Cantos », explorant les thèmes de l'érotisme et de la spiritualité. Deux ans après cet ouvrage et après avoir voyagé à Barcelone et à New York, elle revint à Buenos Aires et publia « Cuentos para Hombres que Todavía son Niños ». Elle y évoquait son enfance et certaines expériences vitales, dans des contes d'une grande originalité et fantaisie. 

Après le suicide d'un admirateur et des accusations d'espionnage au profit de l'Allemagne, elle fut expulsée vers l'Espagne pendant la Première Guerre mondiale. En Espagne, elle publie sous le pseudonyme de Teresa de la Cruz et devient la muse d'écrivains tels que Julio Romero de Torres.

 

 

Ses dernières années 

Elle continua à voyager à travers l'Europe, visitant Londres et Paris, mais résidant toujours à Madrid. En 1920, elle retrouva ses filles à Paris, mais après leur séparation, elle tomba gravement malade. En pleine crise, elle ingéra une forte dose de barbital et mourut le 24 décembre 1921. Elle est inhumée au cimetière du Père Lachaise. 

Dans les dernières pages de son journal, elle écrivit : « Mourir, après avoir tout ressenti et n'être rien... ».

 


 

L'oeuvre de Teresa

Teresa dégageait une passion dans ses mots. Passion pour la vie. Passion pour la mort. Pour ses filles. Pour l'amour. Passion pour la passion. Et passion pour l'au-delà. Elle jouait également avec l'érotisme et la sensualité liés à la spiritualité, avec cette façon particulière qu'elle avait de lutter contre la mort tout en la poursuivant dans une danse séduisante.

Ses expériences personnelles assombrissaient ses poèmes. Des mots personnels qui sont également influencés par le mouvement social qu'elle a connu. L'un d'entre eux était le mouvement féministe et ouvrier au Chili, animé par la visite en 1913 de la féministe andalouse Belén de Sárraga Hernández, qui a bouleversé l'élite chilienne avec son discours : Condamnation du rôle social imposé à la mère et à l'épouse soumise, et contre l'autoritarisme moral de l'Église catholique. Puis, lorsqu'elle vivait en Espagne, Teresa a connu le mouvement des travailleuses qui revendiquaient des droits féministes.
La première publication de Teresa, signée sous le pseudonyme de Tebac, révélait déjà sa position féministe et anarchiste instinctive.

Dans sa production littéraire, on ressent la communion entre son besoin de libérer son esprit de sa prison charnelle, son incompréhension de l'environnement, son anticonformisme latent, mais aussi ses tendances autodestructrices.  Sa vie intense et la férocité avec laquelle elle l'a vécue se sont parfaitement exprimées à travers sa plume.

Personne n'a mieux défini qui était Teresa Wilms Montt que Teresa Wilms Montt elle-même dans ses journaux intimes intitulés Inquiétudes Sentimentales : 

Je m'appelle Teresa Wilms Montt... Et même si je suis née cent ans avant vous, ma vie n'était pas si différente de la vôtre. J'ai moi aussi eu le privilège d'être une femme. Il est difficile d'être une femme dans ce monde. Vous le savez mieux que quiconque. J'ai vécu intensément chaque souffle et chaque instant de ma vie. Je respirais la féminité. Ils ont essayé de me réprimer, mais ils n'ont pas réussi à m'abattre.
Quand ils m'ont tourné le dos, je me suis levée.
Quand ils m'ont laissée seule, je leur ai tenu compagnie.
Quand ils ont voulu me tuer, j'ai donné la vie.
Quand ils ont voulu m'enfermer, j'ai cherché la liberté.
Quand ils m'ont aimée sans amour, j'ai donné plus d'amour.
Quand ils ont essayé de me faire taire, j'ai crié.
Quand ils m'ont battue, j'ai répondu.
J'ai été crucifiée, morte et enterrée par ma famille et par la société.
Je suis née cent ans avant vous, mais je pense néanmoins que vous êtes comme moi.
Je m'appelle Teresa Wilms Montt, et je ne suis pas une personne convenable pour les jeunes filles.

 

Sources : 

https://cartasvivas.org/en/teresa-wilms-montt

https://www.infinite-women.com/women/teresa-wilms-montt

https://www.artefields.net/teresa-wilms-montt-rebelle-tragique

https://www.moniqs.com/teresa-wilms-montt-to-die-after-feeling-everything-and-being-nothing

http://www.queensofsteel.com/2021/04/role-models-teresa-wilms-montt-viscerality-as-activism/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Teresa_Wilms_Montt

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U
Merci pour la découverte de cette magnifique poétesse si vaillante que je ne connaissais pas quelle belle profession de foi en faveur des femmes notamment artistes scandaleusement traitées dans le passé comme en témoigne également le sort de Camille Claudel dont Rodin était jaloux de son immense talent
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P
Merci Ulysse. Ces deux artistes vivaient à une époque où toute femme faisant preuve d'indépendance, de velléité de liberté, étaient bonnes à enfermer. <br /> Bonne journée Ulysse
B
Je la découvre !<br /> Merci de nous avoir si bien présenté cette femme singulière d'une grande beauté.<br /> Bon dimanche
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J
une jolie découverte pour moi
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S
A découvrir sans hésiter !
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M
Je n'ai jamais entendu parler de cette dame... elle a eu un destin tragique (comme pas mal de femmes de cette époque là)...<br /> Elle avait un magnifique regard....<br /> Très bon dimanche et gros bisous.
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R
Merci Brigitte pour tout ce que tu nous en dis <br /> Bien triste fin tout de même pour cette illustre personnage <br /> Rose 🌹
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A
elle a vécu à 100 à l heure , morte jeune à 28 ans <br /> <br /> ce qui correspond à "Mourir, après avoir tout ressenti et n'être rien... "<br /> <br /> je ne connais pas ses écrits
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