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Lucia Moholy, photographe oubliée du Bauhaus.

 

Lucia Moholy (1894-1989) a été une photographe pionnière du mouvement Bauhaus. Elle y aura travaillé pendant cinq ans et pourtant son travail sera systématiquement attribué à d'autres.... des hommes bien sûr. Ce manque de reconnaissance est devenu le combat de Moholy tout au long de sa vie.

 

 

Qu'est-ce que le Bauhaus ?

 

Le mot « Bauhaus » signifie « la maison de la construction ». Le mouvement a voulu bâtir un nouveau monde auquel s'ajoute une vocation sociale d'égalité. Son école est ainsi un lieu de création, d'apprentissage et d'expérimentation.

C'est l’un des mouvements d’architecture, d’art et de design les plus influents de l’histoire. Fondé sur le principe d’unification de l’art et de l’architecture, et sa démocratisation, il a constitué une révolution. Plus qu’un mouvement, le Bauhaus est une école. Et plus qu’une école, c’est un esprit.

Le Bauhaus était un lieu de création et d’apprentissage pluridisciplinaire où professeurs et étudiants partageaient un même esprit communautaire. Onze ateliers (menuiserie, imprimerie, tissage, métal, design, mode, photographie, architecture, etc.) rythmaient la vie entre ses murs. 

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Lucia Moholy, photographe oubliée du Bauhaus.

Biographie 

 

Lucia Moholy est née Lucia Schulz le 18 janvier 1894 à Karlin, un faubourg de Prague où elle fera des études universitaires en philosophie, en philologie, en histoire de l'art et en littératures allemande et française.

Elle grandit au sein d'une famille juive non pratiquante, dans une « enclave germanophone » de Prague où son père est juriste. 

Le jeune femme travaille dès 1915 comme lectrice et rédactrice pour plusieurs éditeurs allemands. C'est à Berlin qu'en 1920 elle rencontre László Moholy-Nagy dont elle deviendra la femme un an plus tard, obtenant alors la nationalité hongroise. C'est à ce moment que Lucia s'intéresse à la photographie.  L'union avec le célèbre artiste qui sera nommé en 1923 professeur à l'école du Bauhaus de Weimar sera, sur le terrain intellectuel, particulièrement féconde.  Lucia et László  commencent à collaborer à des écrits sur la photographie et la théorie de l'art.

 

Lucia Moholy, photographe oubliée du Bauhaus.
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La période Bauhaus 

 

En 1923, alors que László Moholy-Nagy, qui a obtenu un poste d’enseignant à l'école d’architecture et d’arts appliqués fondée plus tôt à Weimar, devient l'une des figures référentes du Bauhaus. Lucia est technicienne de chambre noire dans son laboratoire et devient sa principale collaboratrice. Elle est également élève du studio de photographie d'Otto Eckner au Bauhaus.

Elle initie Moholy-Nagy à la photographie et ils réalisent ensemble leurs premiers photogrammes. Elle suit des cours, notamment auprès d'Otto Decker, et documente le déménagement du Bauhaus à Dessau et son nouveau siège en prenant un grand nombre de photos avec un appareil 18 x 14. Elle utilise également un Leica pour réaliser des portraits plein cadre avec un grand sens de l'impartialité.

 

Photogramme représentant Lucia et László  

 

Lucia pendant les années qu'elle a passées au Bauhaus, n'a eu de cesse de documenter les espaces intérieurs et extérieurs de ses installations et les activités de sa communauté, ainsi que la production créative de ses enseignants et de ses étudiants. Son esthétique photographique était celle de la Neue Sachlichkeit (en allemand : « Nouvelle Objectivité »), qui exigeait une documentation précise d'un point de vue direct

Avec son mari Laszlo Moholy-Nagy, elle a travaillé pendant cinq ans à Weimar et Dessau,  ses connaissances sont largement exploitées dans les publications de l'institution sans qu'elle ne soit jamais officiellement engagée. La photographe est rarement créditée pour son travail, qui est principalement attribué à son époux László Moholy-Nagy ou à Walter Gropius, fondateur du Bauhaus.

Les photographies du Bauhaus prises par Lucia dans les années 1920 ont joué un rôle essentiel dans la construction de l'identité de l'école et de sa communauté et dans l'établissement de sa réputation. Les images ont été utilisées dans les livres du Bauhaus, qu'elle a également édités, ainsi que dans le matériel de marketing et le catalogue de vente de l'école.

Après avoir quitté avec son mari le Bauhaus en 1928 (fermé par les nazis en 1933, elle travaille pour Mauritius, la plus grande agence photographique d’Allemagne, et participe à l'exposition du Deutscher Werkbund (Fédération du travail allemand), Film und Foto à Stuttgart en 1929. L’événement présente des artistes travaillant dans l'esthétique de la New Vision.

La même année, elle se sépare de László Moholy-Nagy.

 

 

Les années de guerre et après-guerre

 

En 1933, quand elle a dû fuir les nazis, elle n’a pu emporter ses négatifs en verre. Elle les a laissé à Gropius (le fondateur de Bauhaus), pour qu'il les conserve.

Elle part à Prague où elle s'installe un temps avec sa famille, puis s'enfuit pour la Suisse, l'Autriche et Paris, avant de finalement s'installer à Londres. 

Elle est à l'origine d'une opération sur microfilm basée à la London Science Museum Library, pour l'Association des bibliothèques spéciales et des bureaux d'information (Aslib). Le processus vise à réduire l'échelle des documents photographiques et de les conserver dans les archives de la London Science Museum Library.

Gropius, quant à lui,  en toute malhonnêteté, a utilisé les images de Lucia sans la créditer, par exemple dans une exposition sur le Bauhaus organisée en 1938 par le Museum of Modern Art de New York. Gropius a fourni près de 50 photographies de Lucia Moholy au musée, qui les a utilisées soit dans l'exposition elle-même, soit dans le catalogue qui l'accompagnait, sans aucune mention de source. Bien que Lucia ait essayé à plusieurs reprises de récupérer ses documents originaux, elle n'a réussi à mettre la main sur aucun d'entre eux avant les années 1960, et même à ce moment-là, seul un nombre limité de documents lui a été retourné. C'est alors qu'elle a tenté, avec un certain succès, de revendiquer rétroactivement les images qui avaient été imprimées et utilisées sans son autorisation. Cette situation a été l'une des principales motivations de la publication de Moholy-Nagy Marginal Notes (1972), dans lequel elle a tenté de rétablir la vérité sur sa collaboration à l'expérimentation photographique révolutionnaire du Bauhaus, jusqu'alors attribuée au seul Moholy-Nagy.

 

 

Enfin la reconnaissance.

 

C'est alors qu'elle a tenté, avec un certain succès, de revendiquer rétroactivement les images qui avaient été imprimées et utilisées sans son autorisation. Cette situation a été l'une des principales motivations de la publication de Moholy-Nagy Marginal Notes (1972), dans lequel elle a tenté de rétablir la vérité sur sa collaboration à l'expérimentation photographique révolutionnaire du Bauhaus, jusqu'alors attribuée au seul Moholy-Nagy.

Elle a longtemps été dépossédée de son œuvre au profit d'hommes, la photographe gagne son procès contre le maître Gropius et n’accède à la reconnaissance qu’à un âge avancé. Depuis, son nom a été ressuscité et son rôle réexaminé, car il a joué un rôle central dans l'élaboration de l'image du Bauhaus.

Après sa mort en 1989, sa collection de négatifs est donnée aux archives du Bauhaus à Berlin. De nos jours encore, « certaines publications continuent de ne pas lui attribuer la maternité de ses œuvres »

 

 

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Une courte vidéo pour résumer très brièvement et succinctement l'histoire de Lucia Moholy et de Walter Gropius.

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F
Merci pour cet hommage, et j'avoue que je ne connaissais pas son parcours.
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R
Une femme que je découvre grâce a to. Merci pour toutes ces explications et, cliches. Bisous bonne journée
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C
J'ignoras qu'elle était la première à réaliser les photogrammes.<br /> Bonne journée Brigitte
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S
En survolant les écrits , je découvre le parcours d'une femme qui m'épate .<br /> La petite vidéo est formidable et dit tout , j'aime ses réactions( amusantes ) pour défendre ses droits et " la place "qu'elle mérite au grand jour .<br /> Beau partage que cet article d'une grande dame.<br /> Bon mercredi <br /> Bien amicalement <br /> Solange
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R
Merci Brigitte de me faire connaître cette personne si douée<br /> Ce matin pas trop le temps mais j'y reviendrais ce soir , j'ai RV pour un contrôle radio et échographie de mon bras <br /> Bises et bonne journée
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M
Elle n'est malheureusement pas la seule femme dont les hommes se sont attribués les mérites ou les inventions...une femme ne sait pas créer, ne sait pas penser par elle-même pour pas mal d'hommes (même encore maintenant, même si certains s'en défendent)...<br /> Très bonne journée et gros bisous.
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A
je ne connaissais pas cette photographe , mais elle a su jouer avec la lumière, des clairs obscures et ce noir et blanc a l'avantage de concentrer sur l'essentiel et la globalité<br /> <br /> au début vu le design du batiment et que ça parlait d'architecture j ai eu une pensée pour le corbusier <br /> <br /> ici c'est une reconnaissance tardive dù aux aléas de la guerre et des négatifs verre difficiles à transporter !<br /> Gropius a cru ne plus entendre parler d'elle , mais bon il aurait dù indiquer la source artistique<br /> <br /> <br /> https://anycoloured.blogspot.com/2024/09/sixto-rodriguez.html<br /> ici c est une réconnaissance tardive aussi , il était adoré en afrique du sud pour ses chansons et ne le savait pas , il faisait des petits boulots , aprés une première expérience sans succés <br /> <br /> Le cas de Van Gogh ; ses toiles ont connu le succés aprés sa mort
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A
en découvertes , mérite je n'ai pas approfondi la spoliation des femmes <br /> mais je soutiens ces femmes afghanes et irannienne qui veulent plus de liberté, et vivre comme des femmes occidentales ou moins contraintes , tout en gardant le lien avec leur religion <br /> <br /> dans certains documentaires, je ne sais plus quel pays j'ai découvert que les femmes ne mangeaient pas avec les hommes , elles les servent puis se retirent manger entre elles......<br /> idem en arabaie saoudite les femmes n'avaient pas le droit de conduire , la permission leur a enfin été donnée , car elles ont de plus en plus de responsabilités , besoin de déplacements augmenté , bien sûr c est par intérêt pour l'économie<br /> Une coréenne du nord arrivée en corée du sud , ne savait pas ce que c'était les droits de l'homme ....en corée du nord , beaucoup d'interdits , et ils ne sont pas choqués car n ont rien connu d'autre ....
P
C'est plus qu'une reconnaissance tardive. Comment souvent les femmes sont spoliées de leurs découvertes. L'effet Matilda est passé par là. Comment ? Une femme ferait mieux qu'un homme ? Elle serait primée ? Mais hors de question, les mérites ne doivent en revenir qu'aux seuls hommes, quitte à voler le travail de la femme. Tout au plus accordons lui officiellement une petite participation peu importante.