Par Pestoune
Dans l’abandon des nuits de Décembre,
Arbre trop heureux,
Tes branches ne se souviennent jamais
De leur verte félicité ;
Le Nord ne peut les détruire
De la force de son vent de neige ;
Ni le gel ou le dégel les empêcher de bourgeonner
A la venue du Printemps.
Dans l’abandon des nuits de Décembre,
Ruisselet trop heureux,
Tes eaux ne se souviennent jamais
De l’été, saison d’Apollon ;
Mais grâce à leur doux oubli
Leur flot cristallin
N’est pas tourmenté
Par la venue de l’Hiver.
Ah, s’il en était ainsi
Entre hommes et femmes !
Mais fut-il jamais une joie
Remémorée sans souffrance ?
La connaître sans l’éprouver
Quand rien ne vient la remplacer,
Quand les sens engourdis ne peuvent l’endurcir :
Cela, aucun poème ne l’entrevit.
John Keats
Les Odes Ed Arfuyen
Traduction Alain Suied
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