Par Pestoune

Les dernières années de l’Abbé Pierre racontées par ses intimes.
Je dois dire que j’ai lu ce livre avec beaucoup d’émotion. Ce saint homme, saint par sa fraternité, saint par son attention aux autres, saint par sa charité, à l’image du Christ, ce saint homme était avant tout un homme tout simplement avec ses qualités et ses défauts, avec ses colères et ses espiègleries, ses insoumissions, ses irrévérences, avec son cœur et ses sentiments, ses tourments.
C’est le 22 janvier 2007 que L’Abbé Pierre, Henri Grouès, a quitté les siens pour se retrouver dans la lumière de ce Dieu qu’il a aimé, servi et, j’ose imaginer, engueulé parfois. Ah c’est que son franc-parler, son engagement et ses vérités assénées n’ont pas été bien vu par les instances supérieures de l’Eglise et pas plus par les prêtres au jugement obscurci par un cléricalisme poussé. Son but n’était sûrement pas d’entrer dans le rang, bien que ce soit ce que l’on attendait de lui. Son but, c’était de vivre pour les petits, ces petits que Jésus a tant aimé et à qui il a révélé son message d’espérance.
Jusqu’au bout cet hyperactif de la compassion et de l’empathie ne ressentait plus la fatigue dès lors qu’il s’agissait d’aider ou d’épauler quelqu’un.
Oui l’Abbé Pierre nous a tant aimés et nous le lui rendions bien. Pas à la mesure de son sacrifice hélas. Il restera dans nos cœurs jusqu’à la fin de nos jours. Son amour des petits n’aura pas été vain. Son exemple aura servi et servira encore de guide de vie pour beaucoup. Les compagnons d’Emmaüs resteront à jamais les témoins de son amour des petits. D’autres ont repris le flambeau depuis longtemps, la tâche est de plus en plus lourde. Alors que le monde pourrait offrir tout pour qu’il n’y ait plus de misère, la légion des malheureux, des exclus ne cessent de grandir.
L’Abbé Pierre était un personnage unique, il n’a pas de successeur mais espérons qu’il fasse des émules beaucoup d’émules dans le sens de l’amour du prochain.
Je ne peux finir cette présentation sans citer une partie de la conclusion du livre :
« (…) sur sa tombe ces mots gravés : « Souviens-toi d’aimer ! » ; quand nous cheminons à travers les rues de nos grandes cités devenues si froides, si fermées à tous ceux que la vie a jetés un jour sur ses pavés, souvenons-nous de sa main secourable tendue vers les plus misérables ; quand nous apprenons qu’ici ou là, quelqu’un a été injustement traité, frappé, outragé, emprisonné, rappelons-nous ses cris de colère et ses éclats de voix…
(…) L’amour n’est pas inné, on doit sans cesse le chercher et l’inventer. Cette quête permanente qui engage toute une vie est faite de diamants mais aussi de tourmentes, de terribles régressions, de doutes, d’angoisses : elle n’est pas et ne sera jamais un long fleuve tranquille. C’est un combat terrible mais l’illumination est au bout. Il semble vouloir nous dire : c’est ma souffrance qui a éclairé mon chemin, qui lui a donné un sens ; ce n’est rien d’autre que le prix à payer pour le plus grand amour. Ne vous dérobez pas, n’ayez pas peur. Soyez constants. Ne vous en détournez pas, quoi qu’il advienne! Ne vous découragez pas, ne vous découragez jamais ! La force d’âme se bâtit pas à pas. On a tout ce qu’il faut pour continuer : il suffit qu’on s’y mette, alors rien ne nous sera interdit. »
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