Par Pestoune
Une oeuvre d'Astor Piazzolla, compositeur de tango de génie interprétée par le merveilleux violoniste Gidon Kremer. Je crois bien que pour moi, personne n'a égalé le talent de Piazzolla dans le genre. C'est d'une telle sensualité, d'un tel désespoir. C'est la musique, le cri de tout un peuple. Le tango est né à Bueno Aires en Argentine. A la fin du XIXème siècle, l'Argentine abritait une multitude de déracinés : Allemands, Espagnols, Hongrois, Arabes, Italiens... des ouvriers pauvres, isolés et principalement des hommes. Au début, le tango était l'expression corporelle la plus indécente des désirs masculins. C'était la musique qu'on entendait, qu'on dansait dans les bas-fonds. Et faute de femmes, les hommes le dansaient souvent ensemble. Peu à peu la seule musique devient chanson toujours très obcène. Mais le tango est avant tout une danse mettant en avant la séduction, la sexualité, la domination masculine (machisme) mais aussi tout ce que ces déracinés ressentent chagrin, nostalgie, espoirs. C'est lorsque ce style musical s'exporte vers Paris, qu'il va acquérir ses lettres de noblesse et perdre son style insolent. Le tango a été littéralement porté par la classe ouvrière qui en a fait son emblême. Il est devenu un acte politique, un signe de reconnaissance et il y a une véritable culture du tango.
Pour moi, c'est toujours cette sensualité qui me touche. Je trouve ça tellement fascinant ses deux corps s'épousant parfaitement dans une danse où le moindre sentiment s'exprime à travers l'union parfaite des êtres. Le couple virevolte, s'envole dans une aisance telle qu'on l'imagine un être unique. C'est la danse la plus parfaite, la plus expressive mais aussi la plus lascive. Il y a dans cette danse une telle richesse d'expressions qu'on ne peut qu'y trouver du plaisir même en simples spectateurs.
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