Par Pestoune
O. de Bernard Friot
J’ai compté les flocons les gouttes de pluie
Les grains de sable les cendres du foyer
Les cailloux des chemins les fleurs du jardin
Et les mots prononcés
Quand je n’écoutais pas.
J’ai compté les pages imprimées
Les heures passées à rêver
Les serrures brisées les bâillements étouffés
Les dents cachées sous l’oreiller les lettres déchirées
Les mains que j’ai serrées
Et toutes les idées reçues.
Et puis
Je me suis embrouillé dans mes additions
Je n’ai gardé que les zéros.
Exact ils font le compte rond
bulles crevées cerceaux roulés sur le pavé
Il faudrait inventer une nouvelle unité
Pour mesurer la vie
Que j’ai vécue à moitié.
Et s’il faut rendre le temps perdu
Voilà prenez
J’ouvre mes mains
Servez-vous
Pièces et billets roupies de sansonnet
Je paie en monnaie de singe
Et mes châteaux sont en Espagne.
Je ne crains pas les dévaluations
Pas besoin de saler l’addition
Le compte est bon
J’ai plus un rond
Et quelques millions.
La vie sexuelle des libellules et autres poèmes pas chiants.
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