Par Pestoune
Un roman dur qui pourtant décrit une réalité qui n’en finit pas d’être actuelle : celle de la guerre et de sa kyrielle de victimes. Et pour tous ceux qui vont volontairement dans ces pays au péril de leur vie soigner les victimes civiles pour la plupart. Du Rwanda à Gaza en passant par la Tchétchénie ou le Congo partout le feu, le sang, les cris de douleurs, les larmes de désespoir. A force de côtoyer la haine, la terreur, l’horreur, à quel moment le soignant peut-il basculer lui aussi dans la violence, devenir l’assassin des assassins, celui qui punit le tortionnaire, car pour chaque victime perdue, c’est une plaie béante qui reste au cœur du soignant. Les cauchemars le hantent, les yeux des enfants martyrisés ne les quittent pas. Même si chaque vie sauvée est une victoire, toutes les autres perdues ou trop détruites pour retrouver une vie normale laissent une plaie indélébile qui hante à jamais les nuits et les jours de ces soignants qui doivent jongler entre leurs missions et leurs vies de famille pas toujours simple non plus.
C’est le choix de vie qu’ont fait Grégory, un jeune infirmier français et Paul, un chirurgien suisse qui ont voulu lutter contre la barbarie. Un parcours de vie où l’horreur est quotidienne, où l’injustice et l’impuissance mine le cœur. Entre ces deux-là va s’installer une fraternité qui va les aider à surmonter l’horreur vécue, mais aussi les épreuves endurées.
Difficile à lire et pourtant je crois que ce roman est nécessaire. Pour ne pas oublier toutes ces victimes passées, toutes ces victimes à venir et toutes celles qui, à l’heure où vous me lisez, perdent un bras, une jambe, une féminité, un enfant, une famille, une vie.
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog
