Par Pestoune
John Keats, jeune poète, décédé à 26 ans à peine d’une tuberculose, a eu à la fin de sa vie une passion amoureuse avec une jeune femme Fanny Brawne qui n’avait jamais compris le génie de l’homme auquel elle était fiancée avant que la maladie ne les sépare.
Ce recueil est un ensemble de 37 lettres qu’a écrit à la jeune femme le poète depuis l’île de Wight où le jeune homme s’est retiré pour se soigner.
Il lui livre son âme, son cœur avec infiniment de sincérité et avec le même talent d’écriture qu’on lui connait dans ses poèmes. En le lisant, il nous entraîne à sa suite. Nous partageons ses espoirs, ses souffrances, ses désirs, sa jalousie. Que de passion, que d’amour dans ses mots. Les lire ne nous laisse pas indemne

« Votre lettre m’a causé un ravissement tel que rien au monde ne m’en pouvait donner, excepté vous-même ; en vérité, je m’étonne qu’un créature puisse, malgré l’absence, exercer sur mes sens ce voluptueux pouvoir. Même lorsque je ne pense pas à vous, je subis votre influence et une douceur nouvelle s’élève en moi. Toutes mes réflexions, mes plus mauvais jours et mes plus mauvaises nuits n’ont guéri ma passion de Beauté, mais l’ont, au contraire, rendue si intense, que je suis très misérable de ne pas vous avoir auprès de moi. Ou plutôt, je végète dans cet état de patience morne qu’on ne peut appeler la vie. Je n’avais jamais soupçonné jusqu’ici ce que pouvait être un amour comme celui que vous m’avez inspiré, je le croyais impossible ; mon imagination le redoutait, craignant de s’y consumer. Mais si vous devez m’aimer pleinement, quand bien même un incendie devrait en résulter, nous saurons le braver, sous la pluie des plaisirs qui nous inonderont. »
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