Par Pestoune
Arthur Teboul auteur-compositeur-interprète, poète, chanteur et parolier du groupe Feu! Chatterton, nous invite dans son 1er recueil à un exercice qui ne nous est pas familier, celui de l'écriture automatique;
"Laissez un nom commun vous venir à l'esprit. Ecrivez-le.
Qu'il vous plaise ou non. Qu'il vous trahisse ou non. Ecrivez-le.
Il est presque certain qu'un adjectif vous passera alors par la tête - pour qualifier ce nom arrivé par hasard. Cet adjectif-là, écrivez-le aussi. A la suite du nom. Ne le refusez pas. Cette place lui revient. Il fait fi de toute cohérence, de toute grâce ? Il est grotesque, banal ? Qu'importe ! Ecrivez-le.
Tournevis déchu
De cette association inattendue, entre ce nom venu par inadvertance et cet adjectif non désiré, naît une image nouvelle, inconnue, un trésor qui réveille la part magique des mots et notre part de merveilleux. Cette part de soi-même inconnue à soi-même. "
"... André Breton en a expliqué clairement la méthode dans son Manifeste de Surréalisme : "Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi favorable que possible à la concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Ecrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase, étrangère à notre pensée consciente, qui de demande qu'à l'extérioriser. (;..) Continuez autant qu'il vous plaira. fiez-fous au caractère inépuisable du murmure. "
Et bien sûr Arthur Teboul s'y est essayé tout le long de son recueil. Il en ressort des textes qui sonnent juste, touchent, font sourire.
Le poète est cuit.
Le poète est cuit. Dans un gros pot de terre, il signe sa fin. Empreinte légère, au revoir, adieu. Dans la glaise sculptée. il murmure un peu. Hanté par les parfums profonds, son souvenir s'épuise avant d'arriver à la main qui signe. Au carrefour, il se fait au revoir de la main. C'est lui-même qu'il laisse. Ne m'en veux pas, dit-il au poète qui était là, en lui, et qu'il laisse sur le bord de la route. Ne m'en veux pas, mais c'est trop fatigant tes yeux à l'intérieur de mes yeux, ton avidité, tes alertes, ta détresse momentanée et permanente, tu m'épuises aussi, tu me tords. Je voudrais soulager ta peine, quand tu regardes à l'intérieur de moi, depuis mon intérieur. Je voudrais poser ma main sur ton front que tu t'endormes tranquillement au moins un jour, une nuit, mais tu as peur, toujours peur. De ne pas être à la hauteur. À la hauteur de l'homme, qui veut toujours se hisser au-dessus de lui-même. Je suis fatigué de ton désir, poète. Alors je te laisse là. Une empreinte, dans le pot de terre.
Je m'y suis essayée :
Le chat s'en va et s'en vient.
C'et étrange de le savoir sans le connaître.
Puisse t'il revenir du large.
Tenue expresse
sans cesse, retour. (????)
Livre noir qui nous livre
le sombre de nos coeurs.
Esprit malin comme un lutin
futile qui papillonne sur nos pensées
obnubilées par l'inutilité de la vie.
Conclusion, même dans cet exercice il faut du talent. Et définitivement, la poésie, ce n'est pas pour moi.
Et vous ? Osez et partagez.
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