Par Pestoune
Une histoire qui se passe au Mali. L’encens représente la richesse, toutes ces familles, ces belles élégantes qui vivent dans l’opulence, le luxe, les odeurs précieuses, et se parfument à l’encens. Quant à l’ail, elle représente la pauvreté. Toutes ces familles qui vivent sur ou à proximité des tas d’immondices dans lesquels ils trouvent de quoi survivre : nourriture, vêtements, objets divers dont se débarrassent les riches qui pourront être revendus au marché. C’est donc cette opposition, cette contradiction que nous met en scène l’historienne romancière Adame Ba Konaré. Au cours du roman sont abordés différents thèmes de façon pudique et discrète dont l’excision. Mais l’essentiel de l’histoire tourne bien autour de cette fracture sociale qui veut que les riches fassent l’aumône aux pauvres sans leur donner une chance de sortir de leur état. A croire qu’il est salutaire de les laisser confiner dans leur misère pour leur donner une bonne conscience. Et c’est bien la conclusion à laquelle est arrivé l’un des protagonistes de l’histoire. Dianguina refuse cette aumône et décide d’organiser une révolte des pauvres afin de pouvoir vivre décemment et librement sans dépendre de personne. Il veut se battre pour que cette population miséreuse retrouve une dignité qu’on lui a volée. Il souhaite que tous ait le droit à l’encens et que l’odeur de l’ail soit moins putride et que règne enfin une harmonie sociale comme l’encens est une harmonie olfactive.
Un roman fabuleux que je recommande chaudement.
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