Gerta Pohorylle, connue sous le nom de Gerda Taro, est née en 1910 à Stuttgart, en Allemagne dans une famille juive de la classe moyenne,, et a fait ses études à Leipzig. En mars 1933, les nationaux-socialistes prirent le pouvoir et Taro fut arrêtée pour avoir distribué des tracts antinazis à Leipzig. Peu après, encouragée par ses parents et suivant l'exemple de nombreux amis, elle s'enfuit en France, rejoignant ainsi les milliers d'exilés politiques et intellectuels qui y trouvèrent refuge.
Dans un café parisien, elle rencontre Endre Friedmann, jeune photographe dont elle devint la compagne. Ensemble, ils inventent un nom : Robert Capa. Un nom américain, masculin qui lui avait permis de lancer sa carrière. Les agences achètent plus facilement des photos faites par un homme.
Intrépide, pleinement engagée contre le fascisme, elle fut l'une des premières photojournalistes de guerre.
Elle fut surtout connue pour ses clichés de la guerre civile espagnole. Se rangeant du côté du Front populaire, elle et son conjoint se concentrèrent sur les activités des troupes républicaines qui tentaient de vaincre l’armée nationaliste. Ensemble ils ont couvert cette guerre en équipe, dans le cadre d’une mission pour le magazine *Vu*.
Ils couvrirent ensemble plusieurs aspects du conflit, notamment le sort des réfugiés espagnols à Almería et à Murcie. À l’approche de l’été, Taro avait suffisamment pris confiance en elle pour partir seule en reportage.
Alors qu’elle couvrait l’offensive républicaine à Brunete en juillet 1937, elle fut écrasée par un char loyaliste dans la confusion de la retraite et mourut quelques jours plus tard. Elle a été enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Le 1er août 1937, des milliers de personnes se rassemblèrent dans les rues de Paris pour pleurer la mort de la photojournaliste rendant hommage à son courage, son abnégation, son talent.
Gerda Taro a été saluée comme une journaliste courageuse qui a sacrifié sa vie pour témoigner des souffrances des civils et des soldats durant la guerre civile espagnole. Les médias l'ont proclamée héroïne de la gauche, martyre de la cause antifasciste et modèle pour les jeunes femmes du monde entier.
Bien que les photographies de Taro sur la guerre civile espagnole aient été éclipsées par celles de Capa et d’autres photographes, ses clichés constituent des portraits saisissants d’individus en temps de guerre. Leur simplicité graphique et leur puissance émotionnelle font de son œuvre, pourtant modeste, une chronique mémorable d’une guerre complexe.
La découverte tardive d’une grande partie de ses négatifs dans la « valise mexicaine » en 2007 a donné une nouvelle dimension à son œuvre, longtemps sous-estimée.
La valise mexicaine est le nom que l'on donne à un ensemble de trois boîtes contenant environ 4 500 négatifs de photographies de la Guerre civile espagnole prises par Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour. À l'époque, Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour (dit Chim) signaient ou vendaient souvent leurs reportages sous le nom générique de « Robert Capa » pour des raisons commerciales et pratiques. L'étude minutieuse des 4 500 négatifs retrouvés a permis d'identifier la griffe propre de Gerda Taro. Cette trouvaille a offert à Taro sa véritable place de pionnière et de photographe à part entière, indépendante de son compagnon Capa
Pour en voir plus des photographie de Gerda Taro : https://www.icp.org/browse/archive/constituents/gerda-taro