Par Pestoune
Un roman que j’ai profondément aimé. L’auteur commence par nous dire son amour du Jazz, de Miles Davis avant de remonter deux siècles en arrière, en Louisiane au cœur d’une plantation, celle des Beauregard. Ils sont moins cruels que bien des esclavagistes mais la liberté n’existe pas plus chez eux que chez les autres pour les esclaves. On y croise Jean Baptiste, nommé ainsi en hommage de Lully, est un esclave pianiste. Mutique, taciturne, il a pourtant du génie lorsqu’il est au piano et qu’il reproduit des musiques entendues ou qu’il improvise. Pourtant la vie n’est pas plus simple pour lui que pour les autres, il est méprisé par les blancs, détesté par les noirs, il se fait difficilement une place. Il n’y a qu’à sa musique qu’il vibre intérieurement. Peut être bien qu’il est le créateur du Jazz, cet inconnu par qui la musique est venu jusqu’à nous. Un livre vibrant dont la musique est le lien, qui nous parle de cette période où l’esclavagisme était en plein déclin. La liberté était un espoir pour chacun mais aussi une crainte parce que si elle était désirée au-delà de tout, elle était aussi une angoisse. Mais sans la liberté, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. La liberté s’espère, se conquiert, se chante.
Si « le Blues est né des negro spirituals, baume sur les plaies des esclaves, mélopée d’une prière adressée aux forces invisibles qui régissent le destin des hommes… », le jazz est la musique de la liberté « Elle est un bras d’honneur aux raccourcis de la bêtise. Elle a l’intransigeance de l’évadé – pas la gratitude de l’affranchi. Le jazz et un anti poison Antidote aux ghettos. » « Le jazz a la fébrilité de l’incantation, il barrit rit il rugit. Il effleure seulement de ses feulements ensorceleurs. Le jazz se fait talisman. Catalyseur… »
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