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La Paix universelle de Augusta Coupey

La Paix universelle
 

La guerre est un fléau, partant guerre à la guerre,
Qui dépeuple les eaux et le ciel et la terre !

Laissons à la faux du temps,
À la famine, aux accidents
La peine de creuser le sol du cimetière.

En ces termes le lionceau,
À l’homme, à la bête, à l’oiseau,
Prêchait la paix universelle.
Il fut très-applaudi de la tendre gazelle,
Des agnelets, du tourtereau.
L’homme, le tigre, l’ours, le singe, la hyène,
Firent des si des mais. Cette habitude ancienne
De pressurer le faible et plumer l’opprimé
Quand on est mécontent, lorsqu’on est affamé,
Malaisément se perd. Nos galants, d’aventure,
Jurèrent néanmoins de vaincre leur nature.
Plus de combats, de querelles, de deuil,
On s’aimerait, on mettrait son orgueil
À renoncer aux fictives barrières
Que l’on nommait autrefois des frontières.
Aigles, linots, ablettes et requins,
Russes, Anglais, Français, Américains,
S’embrasseraient, se chériraient en frères.
Un banquet couronna le pacte ainsi conclu.
On but ferme en l’honneur du principe absolu
De respecter des gens et la bourse et la vie.
Troubler la paix, grands dieux ! nul n’en avait envie.
Jusqu’au repas du soir elle emplit l’univers.
L’heure de l’appétit amena les revers.
Gazelles et brebis au sujet d’un brin d’herbe,
Se fâchèrent tout net. Une réplique acerbe

Courrouça les brebis. Elles fuirent du bois
Où ces dames broutaient. Le faon et le chamois
Acculés par les loups tournèrent en croquettes
En bons beafstecks, en côtelettes ;
L’épervier tua le pigeon,
L’autour enleva le dindon ;
L’Anglais apercevant une île surgissante
En pleine mer d’Asie, aborde, et drapeau plante.
La conquête indigna le frère américain,
Qui la lui disputa les armes à la main.
Au sein de l’Océan les habitants des ondes
Se livrent à huis-clos des guerres furibondes.
Le lionceau rugit : la paix amis, la paix !
Cent millions de voix lui répondent : jamais !…
Il veut recommencer son admirable prêche,
Mais lui-même flairait au loin la viande fraîche ;
Égorgeant le berger, il mangea le mouton
Sans laisser au chacal un petit rogaton.
Dès lors c’en était fait de la paix sur la terre,
Le pacte violé fut traité de chimère.

Avec les appétits, l’ambition, la faim,
La guerre a trop d’agents pour qu’on y mette fin.

 

Augusta Coupey (1838 - 1913)

Livre III, Fable 20

 

Chu Teh-Chun Paix universelle ( La paix universelle ) 1988

Crédit photo https://galerie1881.com/products/ap_21004?srsltid=AfmBOorU-snpDqwLkqkZlHLFowItlEJtZLy_mcyfDJYwQluRVNlAcX8y

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B
Il y en a tant qui veulent vivre paisibles, des jeunes et des vieux qui rêvent que c'est possible. Des petits pas entament le chemin !<br /> Bon dimanche Brigitte. <br /> ( le téléphone semble sensible au matin, c'est vrai il fait déjà 25.
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B
Ils disent tous après, non il ne faut pas recommencer, voilà la paix signée et son catalogue de promesses. Mais l'homme est belliqueux, pour un oui, pour un non, il s'emporte, il voit rouge.<br /> Pourtant il y en
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D
La fontaine aurait ou écrire cette fable ! L'argent et le pouvoir sont des poisons à l'origine de bien des guerres !!
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U
Oui hélas la guerre a trop d'agents pour y mettre fin
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M
merci pour la trouvaille <br /> c'est trés réaliste j aime beaucoup cette fable <br /> bon samedi kénavo
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J
Bonjour Brigitte, quel joli poème criant de vérités ! Je te souhaite à mon tour un excellent week-end, gros bisous, JP.
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M
Une fable toujours d'actualité hélas!
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L
Excellent, c'est une très belle analyse de la réalité ! La nature est loin d'être en paix, le vivant n'a aucune autre solution que manger ou être mangé. <br /> Le lion ne sera jamais copain avec la gazelle et l'homme ne sera jamais copain avec lui-même... il est déjà incapable de l'être avec sa femelle...!<br /> Bisous et bonne journée
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S
Rose et Bridg, rien à rajouter et c'est bien écrit , chapeau bas !<br /> Bon w -end Brigitte
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B
Cette fable est d’une lucidité saisissante. Elle rappelle combien la guerre ne naît pas seulement des armes, mais aussi de nos appétits de pouvoir, de possession, de domination… et combien il est difficile de faire taire ce qui nourrit la violence. Un triste écho de ce qui se joue encore aujourd’hui !<br /> Pourtant, j’aime croire que chaque geste de paix, aussi humble soit-il, est une manière de résister à cette fatalité. Les grandes transformations commencent souvent dans les consciences et dans la façon dont nous choisissons de regarder l’autre. Plus que jamais, nous avons besoin de nourrir l’espérance autant que la lucidité…<br /> Bon weekend Pestoune. <br /> C’est toujours un plaisir de passer dans ton univers un peu rebelle ! Il nous invite à ne jamais baisser la garde ! 😉
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P
J'apprécie que tu le ressente un peu rebelle, ca fait parti de ce que je suis. <br /> Bonne fin de semaine Bridg