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Le chagrin des anges de Souleymane Diamanka

 

Dans la rue il plane comme un vent de menace, climat malsain
Et j'écris sur la haine pour trouver son vaccin
Car chacun regarde le problème comme si ce n'était pas le sien
La société fait des gosses et ne leur donne pas le sein
Pour eux c'est cité fantôme appart mal peint
Un papa mal payé mais on ne meurt pas de faim
Ils dévalent la pente de la vie et ils n'ont pas de frein
Je traînais je traîne et je traînerai ça n'a pas de fin
J'écris sur la haine pour trouver son vaccin
Mais c'est juste un poème sur un calepin ça ne mange pas de pain
Ici les chagrins s'enveniment et ils nourrissent
Les grosses lignes des faits divers quand ils pourrissent
Tous les enfants sont des anges il s'est passé quelque chose
Pour que ces gosses envoient leur propre vie sur les roses
On nous montre la violence des jeunes dans des rues infestées
Mais je sais que la haine c'est un chagrin qui s'est infecté
Il n'y a pas de mal-aimé il n'y a que des incompris
C'est le chagrin des anges
Les anges ont oublié leurs rêves pour la plupart
Debout sur des passerelles qui ne mènent nulle part
Ils passent des nuits à attendre que le jour se relève
Et souvent ils parlent si bas qu'il faut lire sur leur lèvres
Ils s'appellent par des surnoms qu'ils se sont donnés
Chacun les sourcils froncés sous son bonnet
Dans leurs histoires de bagarre, des coups de coudes dessoudent des nez
Ils jouent aux bastons du diable et se foutent d’être soupçonnés
Les anges se sont perdus entre silence et colère
Après avoir gagné les parties d'échecs scolaires
Chacun tourne le dos à son avenir
Comme s'il avait une mauvaise réputation à tenir
Je caresse l'espoir que les choses changent
Mais les punitions soignent-t-elles les chagrins des anges?
Ils ont vu leur parents pleurer dans leur tête ça se mélange
C'est difficile de n'avoir rien quand tout marche à l'échange
Il n'y a pas de mal-aimé il n'y a que des incompris
Nul n'est poète en son pays et pourtant
J'ai vu ceux qui suent et ceux qui saignent
Devenir ceux qui sèment les mots qui soignent

Souleymane Diamanka

extrait de "Habitant de nulle part originaire de partout" aux Editions Points

 


 

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M
Un texte très profond qui exprime la réalité de notre siècle avec des mots très forts...<br /> Merci pour ce partage
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U
Merci pour ce magnifique poème d'un talentueux poète que je découvre !
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L
Waouh ! C'est dur... et tellement actuel ! Notre société "moderne" a oublié que nous sommes des humains. Avec l'aide efficace de ses dirigeants, elle fonce les yeux fermés vers le fric et les possession à tout prix...<br /> La vie, la paix, le bonheur de vivre, ne sont plus que des mots sans signification, seul le profit compte, quel qu'en soit le prix à payer - violence, haine, intolérance... <br /> L'expérience du passé n'a servi à rien et les anges sont morts depuis longtemps... 😒<br /> Bonne journée à toi
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P
Quel texte puissant... <br /> Quel talent pour mettre des mots sur les maux d'une réalité sociale brute, profonde.<br /> Cette phrase sur "la haine qui est un chagrin qui s’est infecté" est d'une justesse bouleversante.<br /> Quant à cette phrase "Et j'écris sur la haine pour trouver son vaccin" suggère que la haine est une épidémie sociale, et elle est d'une vérité incontestable.<br /> La "mauvaise réputation à tenir" dans la cité ressemble à l'étiquette indélébile d'une caste dont rien ne permet de s'extraire.<br /> L'ensemble de ce texte est un magnifique plaidoyer pour l'empathie. Il nous rappelle que derrière chaque âme égarée se cache une blessure niée par la société. <br /> Merci pour ce partage plein d'humanité mais aussi de lucidité qui ne peut que nous évoquer cette partie de notre société totalement hors sol qui gangrène tout un pays en ruisselant, et ce n'est pas de la richesse comme ce fût annoncé ;-(<br /> Le titre de cet ouvrage est à lui seul un manifeste. <br /> Merci pour le partage.<br /> Bonne journée Pastoune.
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P
Bien volontiers ! <br /> Merci encore pour ce partage.
P
L'ensemble du recueil est profond et les mots sont des flèches qui touchent le cœur des lecteurs. <br /> J'ai découvert le poète d'abord avant de le découvrir aussi slameur. Si tu as l'occasion de le lire, Pascale, n'hésite pas. <br /> Bon après-midi à toi
B
Un texte à la fois lucide, critique et profondément humaniste. Qu’y a t’il derrière la violence et la haine qui habitent nos quartiers et le cœur de la jeunesse ? « La haine c’est un chagrin qui s’est infecté »…misère sociale, échec, détresse familiale… la société promet rarement à ces jeunes des quartiers populaires un avenir meilleur… <br /> J’aime beaucoup la dernière image pleine d’espoir :  « J'ai vu ceux qui suent et ceux qui saignent / Devenir ceux qui sèment les mots qui soignent »<br /> Une belle découverte, merci :)
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P
Je me souviens toujours de la phrase de Balavoine à Mitterand , la jeunesse se désespère... Le désespoir est mobilisateur... et lorsqu'il moblise, ça devient dangereux...<br /> 40 ans ont passé et c'est plus que jamais exact.<br /> <br /> Je crois que les mots ne suffiront plus à soigner. Et je crois que nos dirigeants pourris et leurs amis ultra riches, nous précipiteront volontairement dans une guerre qui, selon eux, réglera tous les problèmes. <br /> On voit de quoi sont capables tous ces gens et les ramifications entre eux tous avec l'affaire Epstein.<br /> Merci Bridg et bonne journée à toi
S
Un titre qui en dit beaucoup !
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M
Des mots "forts" pour parler de situations malheureusement bien actuelles...<br /> Très bonne journée et gros bisous.
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A
c est dans le style de grand corps malade <br /> et j écoute peu <br /> je sature très vite du ton trop monotone<br /> <br /> ici son texte pourtant bien écrit (avec rimes) ne me passionne pas
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A
je parle plus de la forme que du fond<br /> le fond rien à dire