Plume Latraverse - Les pauvres
Tiré d’un album Al dressed datant de 1978, les paroles de la chanson du Québécois Plume Latraverse sont de plus en plus d’actualité. On aurait envie de dire qu’elle est pétrie de clichés et pourtant elle est si proche d’une réalité que la majorité d’entre nous ne voit pas ou refuse de voir. Elle l’était en 78, elle l’est plus encore aujourd’hui. Des pauvres, il y en a de plus en plus. Et s'ils sont de plus en plus pauvres, les ultra-riches accumulent une fortune indécente qui n'a aucun sens.
Les pauvres ont pas d’argent
Les pauvres sont malades tout l’temps
Les pauvres savent pas s’organiser
Sont toujours cassés
Les pauvres vont pas voir de shows
Les pauvres sont ben qu’ trop nonos
En plus, les pauvres, y ont pas d’argent
À mettre là-d’dans
Les pauvres sont su’l’Bien-Être
Les pauvres r’gardent par la f’nêtre
Les pauvres, y ont pas d’eau chaude
Checkent les pompiers qui rôdent
Les pauvres savent pas quoi faire
Pour s’ sortir d’ la misère
Y voudraient ben qu’un jour
Qu’un jour, enfin, ce soit leur tour
Les pauvres gens ont du vieux linge sale
Les pauvres, ça s’habille ben mal
Les pauvres se font toujours avoir
Sont donc pas d’affaires !
Les pauvres s’achètent jamais rien
Les pauvres ont toujours un chien
Les pauvres se font prendre à voler
Y s’ font arrêter
Les pauvres, c’est d’ la vermine
Du trouble pis d’ la famine
Les pauvres, ça couche dehors
Les pauvres, ça l’a pas d’ char
Ça boé de la robine pis ça r’garde les vitrines
Pis quand ça va trop mal
Ça s’tape sa photo dans l’journal...
Les pauvres, ça mendie tout l’temps
Les pauvres, c’est ben achalant
Si leur vie est si malaisée
Qui fassent pas d’ bébé ! ! !
Les pauvres ont des grosses familles
Les pauvres s’ promènent en béquilles
Y sont tous pauvres de père en fils
C’t une manière de vice...
Les pauvres sortent dans la rue
C’est pour tomber su’ l’ cul
Y r’çoivent des briques s’a tête
Pour eux, le temps s’arrête
Les pauvres ça mange le pain
Qu’les autres jettent dans l’chemin
Les pauvres, c’comme les oiseaux
C’est fait pour vivre dans les pays chauds
Icitte, l’hiver, les pauvres gèlent
Sont maigres comme des manches de pelles
Leur maison est pas isolée
Pis l’ gaz est coupé
Les pauvres prennent jamais d’vacances
Les pauvres, y ont pas ben d’la chance
Les pauvres, y restent toujours chez eux
C’est pas des sorteux
Les pauvres aiment la chicane
Y vivent dans des cabanes
Les pauvres vont pas à l’école
Les pauvres, c’ pas des grosses bolles
Ça mange des s’melles de bottes
Avec du beurre de pinottes
Y sentent la pauvreté
C’en est une vraie calamité
Les pauvres...
... mais y ont tous la t.v. couleur
Serge UTGE-ROYO - Amis dessous la cendre
Ecrite il y a plus de 40 ans, cette chanson dénonçait déjà la montée de l'extrême-droite, de la haine, du climat de terreur, de l'intolérance. Aujourd'hui ils sont en passe de prendre le pouvoir et ces gens-là ne craignent plus rien. On leur permet aujourd'hui de défiler en faisant des saluts nazis bafouant la mémoire de leurs aînés qui se sont battus pour la liberté
Amis dessous la cendre
le feu va tout brûler
La nuit pourrait descendre
dessus nos amitiés
Voilà que d'autres bras tendus
s'en vont strier nos aubes claires
Voilà que de jeunes cerveaux
refont le lit de la charogne
Nous allons compter les pendus
au couchant d'une autre après-guerre
et vous saluerez des drapeaux en priant debout sans vergognes
Amis dessous la cendre
le feu va tout brûler
La nuit pourrait descendre
dessus nos amitiés
La nouvelle chasse est ouverte
cachons nos rires basanés
les mots s'effacent sous les poings et les chansons sous les discours
Si vos lèvres sont entrouvertes
un ordre viendra les souder
des gamins lâcheront les chiens
sur les aveugles et sur les sourds
Je cris pour me défendre
A moi les étrangers !
La vie est bonne à prendre
et belle à partager
Si les massacres s'accumulent, votre mémoire s'atrophie et la sinistre marée noire couvre à nouveau notre avenir
Vous cherchez dans le crépuscule l'espérance de la survie
Les bruits de bottes de l'histoire n'éveillent pas vos souvenirs
Amis, dessous la cendre,
le feu va tout brûler
la nuit pourrait descendre
dessus nos amitiés
Je cris pour me défendre
à moi les étrangers
la vie est bonne à prendre
et belle à partager
Amis dessous la cendre
le feu va tout brûler
La nuit pourrait descendre
dessus nos amitiés (bis)
Un superbe clip sur la différence, le besoin d’être intégré, d’être compris et accepté mais la peur du rejet. Ce rejet qu’entraîne systématique la différence quelle qu’elle soit. Pour faire parti de la société ou d’un groupe, il faudrait entrer dans un moule, dans un moule triste et cruel. La différence apporte une richesse supplémentaire si tant est qu’on lui donne sa chance. Nous avons tous quelque chose à apporter aux autres, quelque chose à partager et à donner. Acceptons-nous tels que nous sommes : petit ou grand, maigre ou gros, génie ou simple, sain ou malade, blanc ou noir, beau ou moins beau, quelle importance ? c’est ce qu’il y a dans le cœur qui compte.
Bedshaped (" Souhaitant Revenir En Arrière")
Many's the time I ran with you down
J'ai couru de nombreuses fois avec toi
The rainy roads of your old town
Jusqu'au bas des rues pluvieuses de notre vieille ville
Many the lives we lived in each day
Chaque jour on s'est inventé de nombreuses vies,
And buried altogether
Qu'on a enterré aussitôt
(1)Don't laugh at me
(1)Ne te moque pas de moi
Don't look away
Regarde moi
[Chorus]You'll follow me back
[Refrain]Tu suivras bientôt mes pas
With the sun in your eyes
Le soleil dans les yeux,
And on your own
Et seul(e),
Bedshaped
Souhaitant que les choses redeviennent comme avant,
And legs of stone
Et les jambes pétrifiées
You'll knock on my door.
Tu frapperas à ma porte.
And up we'll go
Et on s'en ira
In white light
Dans la lumière
I don't think so
…non, je ne crois pas
But what do I know ?
Mais après tout qu'est-ce que j'en sais ?
What do I know ?
Qu'est-ce que j'en sais ?
I know !
Je sais !
I know you think I'm holding you down
Je sais que tu penses que je te retiens
And I've fallen by the wayside now
Et que je ne suis plus aussi important-
And I don't understand the same things as you
Que je ne comprends pas les mêmes choses que toi
But I do
Mais c'est faux, je comprends
And up we'll go
Et on s'en ira
In white light
Dans la lumière
I don't think so
…non, je ne crois pas
But what do I know ?
Mais après tout qu'est-ce que j'en sais ?
What do I know ?
Qu'est-ce que j'en sais ?
I know !
Je sais
https://www.youtube.com/watch?v=JugGmkvhsKQ&feature=youtu.be
Kalune - Le mal de terre
Un triste constat de ce que l'humanité fait de la Terre, sa seule maison, son seul espoir de vie
"J'ai le mal de l'homme, de l'air et même celui de l'eau, en somme
je crois que je sens battre le coeur de l'autre
j'ai le peuple qui pleure, mais son chagrin sonne faux
et j'ai peur quand je vois que chacun suit les ordres
j'ai le mal des ruches, et j'ai l'écorce qui saigne
je me sens livré à moi-même comme un enfant des rues
j'ai le silence qui hurle et me revient en écho
dans une forêt qui brûle, sous un ciel sans oiseau
j'ai l'optimisme malade, et j'ai l'humour acide
Gros caillou dans la poitrine incapable de battre
j'ai le cartable lourd de ses leçons racistes
plus un vrai manque d'amour et un moral en plâtre
j'ai les feuilles qui tremblent, j'ai le sol qui s'écroule
je me planque dans la foule avec la peur au ventre
j'ai le regard qui doute, et le temps qui s'écoule
Mon rafiot dans la houle et moi qui jette l'encre...
J'ai le mal de Terre, comme un vague à l’âme
Tous dans la même galère et va falloir qu'on rame
J'ai le vent contraire, l'espoir qui prend l'eau
mais je m'accroche à mon radeau
J'ai le mal de Terre, conscient de ma présence,
Sur petite planète qui souffre en silence
Un homme ordinaire, ou simple matelot
je vois couler mon bateau
J'ai le mal de l'herbe, j'ai les pluies assassines
j'ai les rivières qui sèchent et le terreau stérile
misère, drogue, sexe, particules fines, frérot
je t'envoie des bons baisers de Paris /
là-bas l'Afrique se consume, toujours aussi docile
ici nos lampes s'allument aux énergies fossiles
j'ai la monnaie qui triche, mais le secret bancaire
la jungle qui se défriche à coups de bulldozers /
j'ai les décharges d'Europe, et les fleuves noirs de Chine
un passé goût pétrole, un avenir couleur schiste
J'ai le syndrome de narcisse, mais le reflet fragile
j'ai le miroir qui ment et je crois ce qu'il me dit /
J'ai le vivant qui meure sans savoir se défendre
j'ai les cendres d'un monde que je voudrais meilleur
j'ai l'histoire qui se répète, à croire que ça fait vendre
Nos coeurs dans la tempête et moi qui jette l'encre
J'ai le mal de Terre, comme un vague à l’âme
Tous dans la même galère et va falloir qu'on rame
J'ai le vent contraire, l'espoir qui prend l'eau
mais je m'accroche à mon radeau
J'ai le mal de Terre, conscient de ma présence,
Sur petite planète qui souffre en silence
Un homme ordinaire, ou simple matelot
je vois couler mon bateau
j'ai les drapeaux en berne, le futur qui s'inquiète
j'ai les courbes qui s'inversent et les combats qui se perdent
j'ai les regrets qui germent, et l'envie d'en faire plus
de faire mieux, forcément, mais surtout de faire juste /
j'ai la révolte fébrile, étouffée à la racine
la dictature qui se maquille en démocratie
J'ai les visages qui se cachent à l'avant du cortège
les CRS qui chargent, l'Etat qui les protège /
j'ai des photos sexistes couchées sur papier glace
la phobie des emballages et des grandes surfaces
j'ai les poubelles qui débordent, un océan de plastique
et les vents qui nous escortent vers la pensée unique /
J'ai le berger trop seul, et depuis la genèse
j'ai le troupeau qui se dirige tout droit vers la falaise
le Maître est malheureux, ses élèves sont des cancres
Moi je suis parmi eux, alors, je jette l'encre
J'ai le mal de Terre, comme un vague à l’âme
Tous dans la même galère et va falloir qu'on rame
J'ai le vent contraire, l'espoir qui prend l'eau
mais je m'accroche à mon radeau
J'ai le mal de Terre, conscient de ma présence,
Sur petite planète qui souffre en silence
Un homme ordinaire, ou simple matelot
je vois couler mon bateau..."
https://www.youtube.com/watch?v=VaLLbhdgqxo
Annie Cordy - Ah bravo !
Nous connaissions la chanteuse légère et nous la découvrons, alors qu'elle vient de nous quitter, dans un autre registre. Tragique et historique.
Cette chanson forte est issue d'une comédie musicale Roza créée par Gilbert Bécaud mais jamais jouée en France.
Elle parle de la rafle du Vel d'Hiv. J'ai été touchée profondément par ce morceau.
La guerre, un petit matin, on cogne à la vitre
Un cri "Debout la putain, fais ta valise et vite !"
Dehors l'aurore de juillet grouillait de flics
Mon Dieu, mon Dieu, ces Français plus pourris que les
Fritz
Ils nous ont parqués au Vélodrome
Le soleil crachait sur Israël
Et, dans les gradins, nos étoiles jaunes
Qui faisaient honte au ciel
Du Vel d'Hiv jusqu'aux bus et des bus aux wagons,
Des wagons jusqu'aux camps : Terminus
Et pourtant, moi, la mort, j'en suis revenue
Et comment on s'en sort ? Je ne sais pas, je ne sais plus
Mais je suis là, je suis là et bien là !
Ah bravo, bravo, j'existe, je persiste à exister
Je suis bonne, je m'abonne ce soir à l'éternité
Donnez-moi des tonnes de sourires d'enfants
Et des hommes taillés dans des volcans
Ah bravo, bravo, et pardon si parfois j'y pense encore
J'ai baisé ces fils de putes et je leur crache au mirador
Ce mâtin du diable, ce chien autrichien :
Je l'emmerde dans son enfer chrétien !
Ah bravo, bravo, je vous jure que je ne vous oublierai pas
De mon étoile jaune là-haut, je veillerai sur vous en bas
Pleurez pas, mes chéris, sur ma terre promise
J'aurai votre amour dans ma valise
Du Vel' d'Hiv' jusqu'aux bus, et des bus aux wagons,
Des wagons jusqu'aux camps : Terminus
J'ai fait partie des veinards, de ces sacrés veinards
Qui ont revu leur gare
Ah bravo, bravo, tu as beau me tatouer un numéro,
J'ai tiré le bon et crève !
C'est moi qui ai eu ta peau
Je survis aux fanfares, à Lili Marlène
Je suis grasse, j'ai cent ans et je m'aime !