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Liberté, égalité, fraternité, de Victor Hugo

Depuis six mille ans la guerre
Plaît aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.

Les conseils du ciel immense,
Du lys pur, du nid doré
N'ôtent aucune démence
Du coeur de l'homme effaré

Les carnages, les victoires,
Voilà notre grand amour ;
Et les multitudes noires
Ont pour grelot le tambour.

La gloire, sous ses chimères
Et sous ses chars triomphants,
Met toutes les pauvres mères
Et tous les petits enfants.

Notre bonheur est farouche ;
C'est de dire: Allons! mourons!
Et c'est d'avoir à la bouche
La salive des clairons.

L'acier luit, les bivouacs fument ;
Pâles, nous nous déchaînons ;
Les sombres âmes s'allument
Aux lumières des canons.

Et cela pour des altesses
Qui, vous à peine enterrés,
Se feront des politesses
Pendant que vous pourrirez,

Et que, dans le champ funeste,
Les chacals et les oiseaux,
Hideux, iront voir s'il reste
De la chair après vos os!

Aucun peuple ne tolère,
Qu'un autre vive à côté
Et l'on souffle la colère
Dans notre imbécilité.

C'est un russe! Egorge, assomme.
Un croate! Feu roulant.
C'est juste. Pourquoi cet homme
Avait-il un habit blanc ?

Celui-ci, je le supprime
Et m'en vais, le coeur serein,
Puisqu'il a commis le crime
De naître à droite du Rhin.

Rosbach ! Waterloo ! Vengeance !
L'homme, ivre d'un affreux bruit,
N'a plus d'autre intelligence
Que le massacre et la nuit.

On pourrait boire aux fontaines,
Prier dans l'ombre à genoux,
Aimer, songer sous les chênes ;
Tuer son frère est plus doux.

On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux ;
L'épouvante se cramponne
Du poing aux crins des chevaux.

Et l'aube est là sur la plaine !
Oh ! j'admire, en vérité,
Qu'on puisse avoir de la haine
Quand l'alouette a chanté.

 

Les siècles passent, les nationalités, les lieux  ne sont pas les mêmes mais rien ne change. Toujours les mêmes velléités, les mêmes victimes la population et le soldat. Les dirigeants se réconcilieront, boiront le champagne, feront des affaires sur la tombes des morts.  Aujourd'hui comme hier et comme demain. 

Liberté, égalité, fraternité ?  Quelle fumisterie. 

 

 

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L
Waouh ! Quel poème ! 😯 Un texte dur et tellement d'actualité... la guerre et l'intolérance, depuis que l'humanité existe... triste... 😒<br /> Liberté, égalité, fraternité, ça n'a jamais fonctionné...<br /> Bisous et bonne journée
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B
Rien ne change hélas...<br /> Tout est dit avec la plume talentueuse de notre grand Victor.<br /> Bon lundi Brigitte
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A
texte fort <br /> il réfléchissait sur la société humaine
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S
C'est hélas un perpétuel recommencement , ces trois mots semblent oubliés !<br /> Bon lundi Brigitte
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M
Malheureusement, en effet, rien n'a changé depuis que Victor Hugo a ecrit ces mots ! Et je crois, Malheureusement aussi, que rien ne changera....<br /> Très bonne journée et gros bisous.
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R
Bonjour Brigitte <br /> Fumisterie le monde ,cela dépend de la façon dont on nous le vend, le décalage entre les discours et la réalité<br /> Le monde gouvernant est d'un cynisme, ce foutage de gueule , ne le laissons pas nous voler notre dignité...<br /> Bonne journée<br /> Rose 🌹
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C
Un poème vraiment engagé que je découvre.<br /> Bonne journée Brigitte.<br /> Christian
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