Par Pestoune
Tes parents te mentent à propos
De la mort de tes animaux.
Moi, mon chien s'est fait écraser.
Il était si plat qu'au lieu de l'emm'ner
Chez le vétérinaire, on le lui a posté.
Il faut tout deviner soi-même
Quand disparaissent ceux qu'on aime.
Un poisson nage en son bocal, sur l'étagère
Et quelques jours plus tard, il flott', le ventre à l'air.
Alors, on l'fout dans les vécés ; bye bye, vieux frère !
Le fond du jardin est un vrai charnier
Où pourriss'nt mes petits compagnons bien-aimés.
Pourquoi notre tortue, de son vivant
S'y est-elle enterrée, il y a bientôt trois ans ?
Elle a rejoint le cimetièr' des éléphants ?
Quand mon chaton est mort, papa m'a assuré
Que le bon Dieu, un jour, le ressusciterait.
Mais c'est du baratin : j'ai longtemps attendu
Puis je l'a déterré et là, horreur ! j'ai vu
Les vers le dévorer tout cru.
Tes parents mentent, et ils ont tort,
Quand ils te parlent de la mort.
Les animaux de compagnie sont éphémères.
On les offre à Noël, à Pâques on les enterre,
Emportés par la rage ou par la grippe aviaire.
Et le plus affreux, sais-tu ce que c'est ?
C'est qu'on continue à en acheter...
Car, qu'ils tombent malades, ou passent sous les roues
D'un camion, ou crèvent sous les coups,
Avant tout, il meurent de nous !
Extrait de Tous malades ! Recueil de sales poèmes réunis par Neil Gaiman et Stephen Jones.
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