Pan Yuliang est une artiste peintre et sculptrice chinoise.
Orpheline à l'âge de 13 ans, Zhang Yuliang (ou Yunlin) a été vendue à une maison close. À l'âge de 18 ans, un puissant fonctionnaire, Pan Zhanhua, a racheté sa liberté et en a fait sa concubine. En remerciement à son mari, elle s'est faite connaître sous le nom de Pan Yuliang.
Après avoir commencé à apprendre la peinture avec un voisin, Yong He, ses œuvres sont remarquées par Liu Haisu, un ami de son mari et directeur du Shanghai Meizhuan, l'école de peinture de Shanghai, réputée pour son avant-gardisme et son enseignement des techniques occidentales, en particulier le dessin d'après nature.
En 1918, elle devient la première femme à intégrer cette institution, dont elle sort diplômée en 1921. Son intérêt particulier pour le nu , sujet tabou en Chine à l'époque, l'amène à effectuer ses études dans les bains publics, ce qui lui vaut une certaine hostilité. Elle s'est également utilisée comme modèle de nu, allant ainsi à l'encontre des conventions et du conservatisme ambiants.
À partir de 1921, elle poursuit ses études en Europe, d'abord aux Beaux-Arts de Lyon, puis à Paris (1923) et à Rome (1925). En 1928, Liu Haisu l'invite à rentrer en Chine, où elle entame une brillante carrière d'enseignante puis de directrice du département de peinture occidentale du Shanghai Meizhuan.
Elle retourne à Paris en 1937 et produit un nombre prolifique de peintures à l'huile jusqu'en 1942. Son autoportrait de 1940 montre l'artiste mélancolique dans une robe noire brodée d'un dragon, peinte à partir de la taille, assise à une table à côté d'un bouquet aux couleurs vives.
Son style se lit comme une tentative de combiner la tradition du portrait occidental (dans sa composition et sa perspective) et les couleurs vives du fauvisme avec la tradition chinoise de la peinture calligraphique. Elle a également commencé à sculpter dans les années 50, notamment un buste en bronze du peintre Zhang Daqian en 1956.
Plus tard, elle a cherché des moyens d'associer la tradition de la peinture à l'encre de Chine aux techniques fauvistes et pointillistes (Femme assise à la tête inclinée, 1963). Ses œuvres sont exposées au Japon et en Angleterre, et figurent dans de nombreux salons parisiens, ce qui lui vaut plusieurs prix artistiques, dont la médaille d'or de la Ville de Paris en 1959. L'État français a acquis plusieurs de ses œuvres (dont Après le bain, encre de Chine et aquarelle sur papier, avant 1955).
Très attachée à son indépendance, elle refuse d'être représentée par une galerie et vit ses dernières années dans la pauvreté et la solitude. Elle décède à Paris le 22 juillet 1977.
Elle a laissé derrière elle plus de 4 000 œuvres, aujourd'hui conservées dans plusieurs musées en Chine et à Paris. Sa vie a été adaptée au cinéma à plusieurs reprises, notamment en 1994 avec Hua hun [« l'âme d'un peintre »] de Huang Shuqin, également connu sous le nom de A Soul Haunted by Painting, ou sous son titre français La Peintre.
Jennifer Cody Epstein lui a consacré un roman biographique, The Painter From Shanghai - [le peintre de Shanghai] (2008).