• Le manque de prêtres, la responsabilité leur incombant allant croissant, il fallait trouver une solution pour accompagner les familles lors de la perte d’un des leurs. Sachant que les funérailles ne sont pas un sacrement contrairement au baptême, à l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage, l'ordre et l'onction des malades, rien n’empêchait de confier cette mission d’église à des laïcs.  Il ne s’agit pas d’obsèques à deux vitesses comme on serait tenté de le penser. Toutes ces personnes appelées par le prêtre, puis formées à cette mission, suivent le même rituel que les prêtres. Elles sont titulaires d’une lettre de mission délivrée par leur évêque. La décision est difficile à prendre. Bien des questions se posent : sommes-nous capables de gérer l’émotion ? Saurons-nous trouver les mots de réconfort, les attitudes adéquates ? Saurons-nous affronter une assemblée ? Et les questions pratiques se rajoutent : comment faire une homélie (un commentaire de la Parole) ? Faire les rites dignement ?  Autant d’interrogations qui trouvent leurs réponses au cours de la formation et dans les rencontres avec les prêtres et les équipes.

     

    Il faut aussi avouer que les laïcs célébrants sont soumis à un stress supplémentaire. En effet, on leur pardonnera moins facilement un ratage qu’à un prêtre qui lui, aux yeux des gens, est investi d’une mission "divine".

     

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    Comment se préparent des obsèques ?

    Notre responsabilité, nous permet, au nom de l’Eglise d’accueillir les familles en deuil, et de prendre le temps nécessaire à leur écoute. Toutefois le prêtre peut parfois rencontrer les familles au moment de la messe dominicale qui suit les obsèques  si celles-ci se présentent à lui. Nous rencontrons les familles dans un premier temps afin de préparer la célébration avec elles selon le rituel mais aussi selon leur sensibilité, la situation. Nous leur expliquons la démarche de l'Eglise, la nôtre. Nous tentons de les réconforter, de les rassurer quant à la prise en charge de la célébration.

     

     

    Dans notre secteur nous officions à deux : la personne titulaire de la lettre de mission, dirigeant la célébration et une personne qui l’accompagne dont le rôle est primordial. En effet outre le soutien d’avoir à ses côtés quelqu’un d’autre, les accompagnants se chargent de la mise en place de l’église, des mots de mémoire, des prières universelles, de l’encens, souvent de l’accompagnement au cimetière.

     

    Nous commençons par être à l’écoute des familles. La préparation du mot de mémoire (retracer brièvement la vie de la personne défunte pour affirmer à la communauté que ça n’est pas n’importe qui que nous accompagnons, ça n’est pas un lambda mais un homme - une femme qui a aimé, souffert, vécu parmi nous… une personne qui a été importante pour la famille, les amis, les voisins, l’assemblée qui l’accompagnent), la préparation de ce mot donne lieu à des échanges intenses. C’est là que les familles se racontent, se confient, se soulagent. Une partie de cette conversation restera toujours privée et secrète. Nous respectons toujours le choix des familles, ses souhaits de ce qui peut être dit ou non. Mais ce moment est crucial. Il permet une relation de confiance entre les célébrants et les proches. Ces gens dans la peine se dévoilent, tombent le masque de la vie courante et nous avons devant nous des personnes éprouvés retrouvant leur humanité, leur tendresse, leur peine et les partageant. J’ai eu des rencontres formidables, des émotions intenses, des liens qui se sont créés.  Ne croyez pas que ces rencontres ne sont que larmes et tristesses. Non loin de là ! Combien de bons souvenirs remontent et amènent le sourire, le rire au milieu de la peine. Beaucoup de familles témoignent après du bien que leur apporte cet instant de partage, car nous partageons les expériences communes. Souvent on me dit se sentir plus à l’aise avec le laïc qu’avec le prêtre car, pour eux, le laïc partage la même vie, les mêmes expériences familiales.

     

    Ensuite viennent les choix des textes, les explications des rites, la possibilité d’offrir une ou des interventions de la famille ou pas selon leur désir (d’une lecture à un simple dépôt de bougie dans le silence… voire rien si les proches ne s’en sentent pas la force).

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    La préparation :

    Une fois rentrés, il nous faut préparer la célébration en elle-même. C’est du temps à consacrer, de la réflexion.  D’abord le commentaire de la Parole. Les familles auront choisi, si elle le souhaite sinon nous faisons ce choix nous-mêmes, une 1ère lecture, un psaume et un Evangile. A partir de ces trois textes en lien avec le défunt, sa vie, sa personnalité, ses rapports avec les autres, il faut réfléchir et mettre en texte un commentaire. C’est la partie la plus longue. Des ouvrages nous aident dans cette démarche pour celles et ceux qui ne se sentent pas la capacité de la faire seul. Ensuite viennent le choix des prières, monitions. En effet le rituel propose plusieurs prières qui s’adaptent aux différentes situations rencontrées. Et pour finir, il nous faut faire le choix de la partie musicale. La vie change, les gens n’ont plus le temps donc les chorales que nous avons connues, ont disparu dans beaucoup de lieux. D’où le choix de chants liturgiques, de musique classique sur des CD ou clé USB apportant de la paix et une qualité à la célébration.

     

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    La célébration en elle-même.

     

    Nous ne faisons pas n’importe quoi. Nous devons suivre un rituel que nous respectons. C’est indispensable pour éviter des dérives et des dérapages. La qualité de la célébration et de l’échange avec la communauté en dépend. Mais le rituel nous accorde une certaine souplesse par la proposition de prières multiples qui nous permet d'être au plus juste de la vie de chaque défunt. Nous avons le temps, nous prenons le temps pour permettre aux familles de vivre ce dernier moment avec l’être aimé qui s’en va vers la vie éternelle promise par Dieu auquel nous croyons. Des mots d’espérance, des mots de tristesse, de tendresse. Une attitude calme et posée. Autant de facteurs essentiels pour apporter un peu de réconfort aux familles en deuil. Elles ont besoin de ce moment pour faire leur au-revoir ou plutôt leur à-Dieu à la personne aimée. Et oui c’est volontairement que je décompose le adieu ainsi, car c’est à Dieu que l’on confie nos défunts. Et c’est là que nous les retrouverons. Le silence y a sa place aussi. Temps, calme, silence, respect constituant la célébration contribue  à la paix.

     

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    Pourquoi parfois des prêtres et parfois non ?

    Cela est ressenti comme une injustice par quelques familles. Dans certains secteurs, le prêtre continue de célébrer en fonction de ses possibilités de temps. Dans d’autres il ne le fait plus pour éviter ce genre de sentiments d’injustice. Toutefois, le prêtre reste un homme qui a tissé des liens d’amitié. Il lui arrive d’accompagner un ami. Le prêtre reste un homme mais il reste un prêtre en toute circonstance. Donc en tant que tel, il revêt son aube et se tient face à l’assemblée pour accompagner son ami. Nul ne peut lui reprocher cela.

     

    Il arrive aussi que nous, laïcs, faisons appel à lui dans des circonstances particulièrement dramatiques où la charge émotionnelle est trop lourde.

     

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    Pourquoi ai-je fait ce choix ?

    En réalité, je n’ai pas réfléchi longtemps. Je me sentais prête, j’avais peur mais j’étais prête à me lancer. La seule chose qui m’inquiétait, était la façon dont ma famille allait prendre ma décision. Depuis près d’une douzaine d’années, j’accompagne les familles en deuil. Je l’ai dit plus haut, j’ai fait des rencontres fantastiques, j’ai fait la connaissance de personnes rares, j’ai eu des échanges gratifiants et surtout je me suis sentie utile à ma communauté. Le deuil, c’est le moment où l’on se sent le plus fragile, le plus démuni. Que l’on accompagne un parent très âgé, un conjoint, un enfant, il y a une souffrance inquantifiable, un besoin d’écoute, d’accompagnement, il y a aussi le doute. L’écoute, c’est le mot qui définit le mieux la mission qui est la mienne. Je m’imagine à la place de ces personnes, ce que j’attendrais comme présence, aide et je mets à disposition de toutes ces personnes, mon cœur et mon amitié. Il y a des moments plus difficiles que d’autres, des circonstances où le décès est inacceptable. Il faut aussi accepter la colère des familles. Elles ont le droit d’être en colère contre la maladie, contre l’accident, le criminel qui aura fauché l’être aimé, contre Dieu aussi. Elles ont le droit d’exprimer cette colère et nous avons le devoir de l’accepter. Il n’y a pas de réponse toute faite, parfois il n’y a même pas de réponse du tout. Nous restons une présence, une écoute. Nous apportons notre expérience, notre sensibilité, notre humanité, notre foi. Je n’ai aucune certitude, j’ai aussi des moments de doute, des questions sans réponses mais je me mets au service de toutes ces personnes avec, j’espère, assez d’humilité pour qu’elles se sentent comprises et aimées.

     

    Dans cette mission tout est intense. Je voudrais, d’une certaine façon, que mon accompagnement soit visage du Christ pour les familles. Qu’elles ne se sentent pas abandonnées mais accompagnées par Lui au travers de nos actions. Je crois que nous sommes éclairés, guidés pour faire au mieux ce que l’Eglise attend de nous. Et heureusement. Car dans cette mission, il y a un facteur primordial, essentiel, incontournable : notre foi.

     

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    Pour finir ce témoignage, j’ai envie de vous partager un texte exprimant une grande foi dans une profonde humilité.

     

    La fille d’un homme avait demandé au pasteur de sa localité de venir prier avec son père. Lors que le pasteur arriva, il trouva l’homme étendu dans son lit avec sa tête soulevée par 2 oreillers. Il y avait une chaise vide a côté de son lit. Le pasteur pensant que le vieil homme savait qu’il venait et attendait sa visite, dit :

     

    « J‘imagine que vous m’attendiez. »

     

    « Mais non, mais qui êtes-vous? » dit le père.

     

    Le pasteur lui dit son nom, puis il fit la remarque:

     

    « J’ai vu la chaise vide, alors j’en ai déduit que vous saviez que j’allais venir ! »

     

    «  Ah oui… la chaise, » dit l’homme dans le lit.  « Pourriez-vous fermer la porte s’il vous plaît? »

    Un peu confus, le pasteur ferma la porte.

     « Je n’avais jamais dit cela à personne, même pas à ma fille,  » dit l’homme. « Mais durant toute ma vie, je n’ai jamais su comment prier. À l’église j’avais l’habitude d’entendre la pasteur parler de la prière, mais cela me passait par-dessus la tête.  J’ai abandonné toute tentative de prière,  » continua le vieil homme, « jusqu’au jour où, il y a à peu près 4 ans, mon meilleur ami me dit: « Jean, la prière c’est simplement une question d’avoir une conversation avec Jésus. Voici ce que je te suggère: Assieds-toi sur une chaise, et mets une chaise vide en face de toi, et dans la foi, vois Jésus assis sur la chaise. Ce n’est pas étrange, parce qu’il a fait cette promesse en disant: « Je serai toujours avec vous. » Puis parle-lui de la même manière que tu le fais avec moi maintenant. »

    « Alors j’ai essayé, et j’ai tellement aimé ça, que maintenant je le fais  chaque jour. Je fais très attention par contre. Si ma fille me voyait parler à une chaise vide, soit elle ferait une dépression, soit elle m’enverrait dans une maison de fous. »

    Le pasteur fut profondément touché par l’histoire, et encouragea le vieil homme à continuer son voyage de cette façon. Alors il pria avec lui, lui donna le sacrement des malades et retourna à l’église.

     

    Deux soirs plus tard, la fille du vieil homme appela le pasteur pour lui dire que son papa était mort cet après-midi-là.

    « Est-il mort en paix? » demanda le Pasteur.

    « Oui, et lorsque j’ai quitté la maison vers 2 heures, il m’a appelé près de son lit, il m’a dit qu’il m’aimait, et m’a embrassé sur la joue. Lorsque je suis revenue du magasin, une heure plus tard, je l’ai trouvé mort. »  Et elle continua, « Mais il y avait quelque chose d’étrange à sa mort. Apparemment, juste avant de mourir, papa s’est penché et a posé sa tête sur la chaise près de son lit. Que pensez-vous de cela ? »

    Le pasteur essuya une larme, et dit: « J’aimerais tellement qu’on puisse tous partir de cette manière. »

     

    Auteur inconnu

     

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  • Il y a la nuit et ses ombres géantes qui, aux détours imprévus de nos heures, font parfois s’assoupir l’espérance…

    Il y a l’obscurité dense et tenace qui, sans crier gare, vient comme un voile nous endeuiller le cœur…

    Il y a le crépuscule de Dieu qui s’abat, comme un glaive, sur notre foi qui s’essouffle à gravir ses petits Golgotha…

    Et nous voici fatigués, usés, blessés, isolés, déboussolés, crucifiés dans ce désert nocturne où notre âme assoiffée, brûlée, clouée, tend désespérément les mains vers une aube qui tarde…

    Qui n’a connu la nuit, ne connaît pas le jour…

    Qui n’a connu le doute, ne connaît pas la foi…

    Même toi, Jésus ! Même toi, le propre Fils de Dieu, tu hurles, sur le bois de ta croix, devant l’apparent abandon de ton Père : "Eloï, Eloï, lama sabachthani"…

    Osons-nous l’avouer : la foi en Ton Amour, nous ne l’avons que parfois, nous ne sommes croyants que par intermittence. Au calendrier de notre espérance, nous sommes si souvent Vendredi Saint… Tant de fois nous pourrions faire nôtre ce mot de Bernanos : "La foi ? Vingt-quatre heures de doutes moins une minute d’espérance…"

    Mais il nous faut franchir le gué de la nuit. Croire, malgré le poids des jours sans jour et sans lumière, à cette minute, cette toute petite minute, ces soixante pauvres secondes où l’espérance vient rouler la pierre des tombeaux de nos vies.

    C’est un dur métier, Tu le sais bien, Seigneur, que d’essayer de vivre. "Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard", chantait le poète.

    I l y a l’amour qui cherche à aimer et qui retombe si souvent dans ses ornières.

    Il y a la parole qui cherche à dire et à se dire et qui, tant de fois s ‘enferme dans ses mutismes…

    Il y a les gestes, les gestes tendres et fraternels, qui voudraient ouvrir le cœur à l’autre, le frère, la sœur et qui passent et repassent leur chemin sans offrir un regard.

    Il y a les rêves, les projets, les belles utopies, tant d’appels de l’Esprit qui s’étouffent sous le poids des habitudes, des prétendues obligations et des conforts meurtriers.

    Pâques : heureuse minute où il nous est donné de croire que tout est encore possible, que nos existences, quelles qu’elles soient, peuvent se remettre debout, choisir enfin la liberté.

    Pâques : bienheureuse minute où la nuit cède enfin le pas aux premières lueurs de l’aube.

    Pâques : temps béni où nous pouvons enfin nous risquer à devenir ce que nous sommes : des marcheurs, des nomades, des aventuriers, les yeux rivés vers la Terre promise de notre propre résurrection.

    Viens, Seigneur ! Viens, Esprit consolateur, abattre l’arbre mort de nos doutes, où Tu gis, inerte et crucifié.

    Viens, Esprit créateur, habiter notre cœur pour mieux nous relever de l’intérieur.

    Écarte, de Ton Souffle, la cendre de nos vies et viens attiser la braise de notre espérance. Sois pour nous Parole qui guérit, Lumière qui éclaire, Amour qui transfigure.

    Viens, Seigneur, nous murmurer à l’âme que, déjà, Tu es là !

    Bertrand Révillon (Panorama Avril 2001)

     

    https://www.youtube.com/watch?v=YBTdDxOyKqk

    https://www.youtube.com/watch?v=mwRMT2_pi9c

     

     

    Image du Blog petitemimine.centerblog.net

     

    Joyeuses Pâques à tous !

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  •  

    Voici la nuit,

    L'immense nuit des origines,

    Et rien n'existe hormis l'amour,

    Hormis l'amour qui se dessine :

    En séparant le sable et l'eau,

    Dieu préparait comme un berceau,

    La terre où il viendrait au jour.

     

    Voici la nuit,

    L'heureuse nuit de Palestine,

    Et rien n'existe hormis l'Enfant,

    Hormis l'Enfant de vie divine :

    En prenant chair de notre chair,

    Dieu transformait tous nos déserts,

    En terre d'immortels printemps.

     

    Voici la nuit,

    L'immense nuit sur la colline,

    Et rien n'existe hormis le Corps,

    Hormis le Corps criblé d'épines :

    En devenant un crucifié,

    Dieu fécondait comme un verger,

    La terre où le plantait la mort.

     

     

     

    Voici la nuit,

    L'immense nuit qui s'illumine,

    Et rien n'existe hormis Jésus,

    Hormis Jésus où tout culmine :

    En s'arrachant à nos tombeaux,

    Dieu conduisait au jour nouveau,

    La terre où il était vaincu.

     

    Voici la nuit,

    La longue nuit où l'on chemine,

    Et rien n'existe hormis ce lieu,

    Hormis ce lieu d'espoir en ruine :

    En s'arrêtant dans nos maisons,

    Dieu préparait comme un buisson,

    La terre où tomberait le feu.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=Q6AxkacZke4

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  •  

    A pleine voix, je crie vers le Seigneur.

    A pleine voix, je supplie le Seigneur.

    Je répands devant Lui ma plainte.

    Devant Lui, je dis ma détresse.

     

    Je, c'est moi, c'est lui, c'est elle, c'est nous.

    J'ai mal à l' ''Homme'' : drogue, tabac, prostitution ,haine, irrespect ,jalousie, secte, gourou, oppression, domination, esclavage moderne, accidents de voiture, négligence, mépris, mais aussi maladie, questions sur la vie, la mort, la souffrance, peur, peur de la peur...

     

    Que deviens-tu, Homme ?

     

    Mais où es-tu, Dieu qui aime l'homme ?

    Je crie vers Toi, je Te supplie, je casse ma voix, et Tu ne réponds pas.

    Es-tu loin de moi ? Ton silence m'oppresse, m'angoisse, ton silence me fait douter de ta présence...

     

    Et Tu m'as répondu depuis le haut de la Croix,

    Croix plantée sur nos chemins ,

    Croix dressée à côté de la mienne.

    Tu m'as répondu : ''Je suis avec toi, j'ai vaincu le mal, tu seras avec moi aujourd'hui dans le paradis, viens !''

     

    Et je vis la lumière dépasser les ténèbres et envahir le monde.

    Et je vis Saint Paul proclamer l'Evangile,

    François d'Assise désarmer le tueur,

    Thérèse de Lisieux accueillir le condamné,

    Mère Térésa soigner et relever l'infirme,

    le musulman dialoguer avec le juif,

    le bouddhiste et le chrétien se rencontrer,

    l'homme de la rue relever la mamie tombée par terre.

     

    Et je pris mon repas avec mon voisin coléreux :

    c'est Toi qui le servais.

     

    Ludovic Bruley

     

    Miserere Mei Deus Gregorian

     

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=zC0o723hb0M


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    Une belle méditation du texte du Jeudi (Saint Jean 13, 1-15) que nous offre la paroisse de Graffenstaden.  Une réflexion que j’avais envie de transmettre. Merci à eux d’avoir offert ce texte.

    C'était une belle fête de famille.

    Comme on en connaît encore aujourd'hui, pour le Noël, ou pour un anniversaire.

    C'était une belle fête de famille, avec les amis, ceux qu'on aime bien et

    ceux qu'on aime un peu moins, mais qu'on invite parce qu'il le faut bien.

    Une belle fête de famille avec une maison briquée qui respire la joie de vivre.

    Une table bien mise et des effluves de rôti qui s'envolent de la cuisine.

    Des rires, des sourires, des souvenirs que l'on partage en tendresse.

    C'était une belle fête de famille. Tout était prêt.

    Cela aurait pu, cela aurait dû...

    Etre une belle fête de famille.

    Mais comme souvent, il y a un qui trouble la pureté des rencontres.

    Il y en a un qui chante faux, qui sonne faux, qui sourit faux, qui rit faux et même qui a les souvenirs qui sont faux.

    Il y en a un qui ne se réjouit pas avec les autres. Parce que ce jour-là, ce soir-là, il n'est pas comme les autres.

    Cela aurait pu, cela aurait dû...

    Etre une belle fête de famille.

    Cela a déjà mal commencé lorsque la jeune femme a apporté la bassine pour la toilette.

    Alors, il s'est levé. D'un geste ferme et tendre, il a repoussé la jeune fille. Il lui a pris le linge des mains. Il l'a noué autour de ses reins.

    Alors il s'est mis à genoux, lui qui devait vivre debout. Ou à la rigueur assis, mais pas à genoux.

    Avec ses mains grandes et douces, il a lavé les pieds de ses amis. Les uns après les autres, les uns plus sales que les autres.

    Il y avait là les pieds poussiéreux de celui qui avait longtemps marché.

    Des pieds crevassés par les cailloux des chemins.

    Des pieds ensanglantés par les ronces des bas-côtés.

    Il y avait là les grands pieds des pêcheurs dans la barque, tannés par le soleil, burinés par le sel.

    Il y avait là les pieds innocents de la jeunesse et les pieds soignés du fonctionnaire qui voyage assis.

    Il y avait les pieds du maquisard, et des pieds hésitants, douteux, et les pieds de la trahison...

    Il y avait aussi des pieds de jeune fille, fins comme la liane qui pend de l'arbre, doux comme la mousse au pied du cèdre.

    Il les a tous lavés, les uns après les autres, en les essuyant avec le linge autour de sa taille.

    Tous, sauf deux... car il s'est arrêté devant des pieds durs comme la pierre. Des pieds qu'il ne devait pas toucher. Il les a lavés tout de même, malgré les réticences du propriétaire.

    Puis il a enlevé le linge, et il s'est assis, les pieds sales parmi les pieds lavés, les pieds impurs parmi les purs.

    Etonnement !

    Cela aurait pu, cela aurait dû...

    Etre une belle fête de famille.

    Puis il a continué son petit manège.

    "Il va me trahir". Mais comment peut-il dire cela un soir de fête de famille ?

    Cela jette un froid dans l'ambiance moelleuse de ce soir de fête. Le rôti sentait toujours aussi bon.

    Mais maintenant flottait aussi l'odeur du pain frais, qu'une main habile venait de décoller de la pierre brûlante.

    Et chacun se regarde. Comme pour voir en l'autre la petite étincelle qui trahira la trahison.

    Ca y est : l'ambiance est foutue.

    Colère

    Cela aurait pu, cela aurait dû...

    Etre une belle fête de famille.

    "Il va dire trois fois qu'il ne me connaît pas." Au point où on en était, un de plus ou un de moins, cela n'a pas grande importance. Il s'est reconnu, l'homme aux pieds de pierre, qui ne voulait pas être lavé. Lui, il sait que l'autre ne se trompe jamais.

    Honte

    Cela aurait pu, cela aurait dû...

    Etre une belle fête de famille.

    Ils sont assis autour de la table. Cela ne pouvait pas bien se passer. Ils étaient treize à table. Catastrophe. Personne n'avait fait attention. Personne n'avait vu venir.

    Alors, ils ont mangé, tranquilles. Chacun essayant d'oublier l'étonnement des pieds, la colère de la trahison, la honte du reniement.

    Elle était une excellente cuisinière. Le mouton était bon. La sauce aux herbes n'était pas trop amère, juste ce qu'il fallait pour se souvenir du premier repas, il y a longtemps de cela. Le pain était croustillant, le vin gouleyant.

    Puis il y en a un qui s'est levé. Il a récité comme son père le lui avait appris les phrases rituelles, avec des mots qui revenaient, des mots qui sentaient bon le bonheur, des mots comme liberté, salut, peuple.

    Cela aurait pu, cela aurait dû...

    Etre une belle fête de famille.

    Puis, tranquillement, sans hâte, sans brusquerie, il a pris une galette de pain. Il a dit merci à Dieu, comme c'est la coutume. Puis il l'a séparée, disant : "Prenez et mangez..." jusque-là, rien de surprenant. Ils connaissaient ces gestes rituels.

    "... Ceci est mon corps." Personne ne peut comprendre cela. Personne ne mange personne dans ce pays, chez ces gens-là.

    Il a aussi pris la coupe, toujours sans hâte et sans brusquerie. Il a dit merci à Dieu, comme pour la galette de pain, comme c'est la coutume. Puis il l'a tendu à son voisin en disant : "Buvez-en tous... " Jusque-là, tout va bien. Et déjà la main s'est tendue pour prendre la coupe. "... ceci est mon sang..." Mais qui peut comprendre cela ?

    De la suite, ils n'ont retenu que quelques mots : "... versé pour vous... pardon des péchés.... alliance nouvelle..."

    Ils se sont regardés.

    Consternation !

    Cela aurait pu, cela aurait dû...

    Etre une belle fête de famille.

    Puis ils sont sortis dans la nuit, pour une promenade digestive sous les oliviers du jardin. Le mouton se digérait facilement, mais tous ces mots, tous ces événements, toute cette soirée qui aurait pu, qui aurait dû être une belle fête de famille, tout cela passait mal, très mal. Ils avaient comme un poids sur l'estomac.

    Dans le jardin ils se sont allongés sous l'arbre. Il a continué. Quelques pas seulement. Mais tout un monde !

    Il priait. Ils dormaient.

    Il luttait. Ils capitulaient.

    Il les réveillait. Ils s'endormaient.

    Cela aurait pu, cela aurait dû...

    Etre une belle fête de famille.

    Enfin, il y a eu les soldats, et le traître avec son baiser fielleux. Un peu de remue-ménage, un peu de sang, puis plus rien dans le jardin, sauf un drap abandonné sous un olivier.

    Cela aurait pu, cela aurait dû...

    Etre une belle fête de famille.

    Mais voilà, c'était une fête de famille, qui comme tant d'autres, a mal fini.

    11 ne reste plus qu'à oublier, qu'à mettre une croix dessus. Demain sera un autre jour !

    Source :http:// http://www.paroisse-graffenstaden.com/Archives%202004/Meditation%20Jeudi%20Saint%2017%2004%202003.pdf

     

    Anima Christi, sanctifica me.

    https://www.youtube.com/watch?v=phGDR9y912s

    Anima Christi, sanctifica me.

    Corpus Christi, salva me.

    Sanguis Christi, inebria me.

    Aqua lateris Christi, lava me.

    Passio Christi, conforta me.

    O bone Jesu, exaudi me.

    Intra tua vulnera absconde me.

    Ne permittas me separari a te.

    Ab hoste maligno defende me.

    In hora mortis meae voca me.

    Et iube me venire ad te,

    Ut cum Sanctis tuis laudem te.

    In saecula saeculorum.

    Amen

    Âme du Christ, sanctifiez-moi,

    Corps du Christ, sauvez-moi.

    Sang du Christ, enivrez-moi,

    Eau du côté du Christ, lavez-moi.

    Passion du Christ, fortifiez-moi.

    O bon Jésus, exaucez-moi.

    Dans vos blessures, cachez-moi.

    Ne permettez pas que je sois séparé de vous.

    De l’ennemi défendez-moi.

    À ma mort appelez-moi.

    Ordonnez-moi de venir à vous,

    Pour qu’avec vos saints je vous loue,

    Dans les siècles des siècles.

    Ainsi soit-il.

     

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