• Francesco Forgione était le huitième enfant d'une humble famille paysanne de Pietrelcina, au sud de l’Italie, lorsqu’il naquit en 1887. Dès son plus jeune âge, il a des relations particulières avec Dieu, chose qu’il pense être habituelle chez tout le monde. Mais en même temps que viennent les apparitions, les manifestations du Malin se mettent à l’œuvre. Dès lors le combat contre le mal sera le combat de toute sa vie. Très vite, il décide de consacrer sa vie à Dieu et au salut des âmes. A l’âge de 16 ans il entre dans l’ordre des capucins où 7 ans plus tard, il sera ordonné prêtre. Il recevra le nom de Padre Pio de Pietrelcina. La vie sacerdotale est toute sa vie, elle a été consacrée à l’oraison, à la célébration de la messe et à la confession. C’est en 1916 qu’il s’installa au couvent de San Giovanni Rotondo sur le Gargano, où il resta jusqu’à sa mort, le 23 septembre 1968.
    C’est au matin du 20 septembre 1918, alors qu’il était en prière devant le crucifix de l’église, qu’il vécut sa 1ère crucifixion comme il l’appelait. Le don des stigmates, plaies ouvertes et sanglantes du Christ, demeurèrent en lui pendant près de 50 ans. Il vécut très mal cet état, lui le petit prêtre qui se voulait discret à œuvrer pour le Seigneur se retrouvait avec des signes visibles de tous. C’est d’abord la honte qui le saisit, puis la confusion, le tourment. Etait-il seulement digne de telles marques ? « Comment vous décrire ma crucifixion …  Je me trouvais au sanctuaire, après avoir célébré la messe, lorsque je fus envahi d’une paix qui ressemblait à un doux sommeil.  Tous mes sens entrèrent dans une quiétude indescriptible.  Cela se produisit en l’espace d’un éclair. M’apparut, au même moment, un mystérieux personnage ressemblant à celui que j’avais vu le soir du 5 août, à la différence que ses mains et son côté saignaient.  Sa vue me saisit.  Je ne saurais dire ce que je ressentis à cet instant et je serais mort si le Seigneur n’était pas intervenu pour soutenir mon cœur, qui bondissait dans ma poitrine. (…) Le personnage disparut et je constatai que mes mains, mes pieds et mon côté saignaient. Vous imaginez le tourment que j’éprouvai; d’ailleurs, je le ressens encore, presque chaque jour.  La plaie au côté saigne continuellement, mais surtout du jeudi soir au samedi.  Père, je me meurs de peine pour le tourment et la confusion que je ressens en mon âme ...  Jésus, si bon, me fera-t-il la grâce de soulager la confusion que j’éprouve pour ces signes extérieurs?  J’élèverai bien haut la voix, ne cessant de le conjurer de retirer de moi, par son infinie miséricorde, non le tourment, non la souffrance ...  mais ces signes extérieurs qui me causent une confusion et une humiliation quasi insupportables
    Très vite la nouvelle de la présence d’un saint homme stigmatisé en Italie, fit le tour du monde. La piété et la ferveur pénétrait dans les cœurs de ceux qui s’approchaient des lieux. Très vite la foule des pèlerins grandit et l’église méfiante interdit à Padre Pio de montrer ses stigmates sans autorisation expresse du St Siège. Les stigmates du Père Pio furent examinés scrupuleusement par des médecins et des scientifiques. Aucune explication naturelle n’a pu être donnée sur ces blessures et exhalait un doux parfum. Ce n’est que quelque mois avant la mort de Padre Pio qu’elles disparurent progressivement.

    Stigmates, don d’ubiquité, visionnaire, guérisseur… ses talents étaient nombreux mais le plus grand fût sa qualité d’écoute, de réconfort. Ils étaient nombreux ceux qui souhaitaient être confessés par lui, tous en attente de réponses, de réconfort, de consolation. C’est 17 heures par jour qu’il passait dans le confessionnal à partager avec ces âmes les peines, les chagrins. Des milliers de personnes ont demandé son intercession auprès de Dieu.
    Il n’a cessé d’être persécuté, critiqué, humilié, calomnié par l’Eglise elle-même au sein de laquelle régnait jalousie, avidité, soif de pouvoir, méfiance. Et pourtant il n’a cessé de vivre dans l’humilité, la foi, la prière, le sacrifice, dans la simplicité et la pauvreté.
    Le 23 septembre 1968, il décède quelques heure après avoir célébré la messe du cinquantenaire de ses stigmates où il dit : « Cinquante ans de vie religieuse, cinquante ans cloué à la croix, cinquante ans de feu dévorant pour toi, Seigneur, pour les êtres que tu as rachetés. »
    Dans son livre Yves Chiron raconte : « Lors des funérailles, alors que le corps de Padre Pio reposait dans la crypte, la foule de fervents réunis au-dehors chanta des cantiques particulièrement aimés du religieux. Soudain, on entendit des exclamations de joie : le Padre Pio apparaissait, souriant, le visage tourné vers la gauche, sur la vitre de ce qui avait été sa cellule ! On voyait nettement sa bure, jusqu’au ventre, et la cordelière, tels que je les avais vus. Aux cris de « Miraculo ! » de la foule, le père gardien du couvent dépêcha un moine sur les lieux. Et ce dernier revint avec l’information incroyable : le Padre apparaissait sur la vitre. Alors, pour donner une bonne leçon de réalisme à tous ceux qu’il pouvait considérer comme des exaltés, des fanatiques, il donna l’ordre d’ouvrir la fenêtre de la cellule du Padre et de tendre un drap blanc. Eh bien ! Après un « Ah » de déception de la foule, retentirent soudain des « Oh ! Oh ! » Joyeux et amusés : la « photo vivante » du Padre apparaissait à la fois sur toutes les vitres de cette façade du couvent de Sainte-Marie-des-Grâces. »
    Le 16 juin 2002, Saint Pio de Pietrelcina est canonisé par le pape Jean-Paul II qui ouvre en même temps une procédure de reconnaissance officielle des stigmates par l'Église. En effet des escarres ont été détachées de ses stigmates, alors qu’il était en vie,  en guise de reliques.
    Un dernier fait extraordinaire reste à raconter. Lorsqu’en 2008, pour les 40 ans de la mort de Padre Pio, le Vatican fait exhumer le corps, on a la surprise de le découvrir dans un bon état de conservation. Depuis 2013, l’ostention du corps du Padre est offert à la vénération des fidèles dans une chasse en verre à San Giovanni Rotondo. Les témoignages des bienfaits de St Pio continuent d’affluer.


    Source :

    Padre Pio, le stigmatisé  de Yves Chiron,
    Voir l'image à l'échellePadre Pio, le stigmatisé de Charles Mortimer Carty


    Padre Pio une vidéo du KTO

    https://www.youtube.com/watch?v=sVm6rlpmW60

     

     

    Saint Padre Pio de Pietrelcina (Images et vidéos émouvantes )

    https://www.youtube.com/watch?v=k9xgK21hi8E

     

     

    Le film en deux parties et en version originale sous-titrée : Saint Padre Pio - Film complet sur sa vie

    https://www.youtube.com/watch?v=bx7YYBQWEk8

     

    https://www.youtube.com/watch?v=W1EH_mNQ47Q

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  • (Les grands mystiques : Marthe Robin suite)

    Elle ressemblait à l'enfant, même par la voix. Elle était enjouée plutôt que joyeuse, sa voix grêle et grave, son chant celui d'un oiseau. Sa manière exprimait l'essence indéfinissable de la poésie.

    Elle n'avait aucun talent, sauf dans sa jeunesse, celui de broder. Au-delà de toute culture, au-delà de la pauvreté, elle se nourrissait de l'air du temps et de l'éternité. Au-delà même de la douleur. Et pourtant, présente d'emblée à tout, à tous.

    J'admirais ce cerveau si organisé qui ne dormait jamais. Toutefois, Marthe avait le privilège de s'ignorer elle-même. Et rien n'est beau en ce monde comme le visage d'une femme qui ne cherche pas à plaire.

    Marthe était simple. Comme un pain qu'on peut manger à toute heure du jour, un lait qui a le goût de la vache, un matin de printemps, une conversation au coin du feu, un voyage vers Emmaüs, une fraction de pain ; comme la vie au bord du lac : douce, calme, familière, sans surprise, sinon le clapotis des eaux, le bruit des sabots et des rires d'enfants. C'était chez elle et autour d'elle un entrelacement du grand et du petit, du haut et du bas, du familier et du sublime. En somme, c'était la vie humaine dans ce qu'elle a de plus étrange, qui est qu'elle n'est pas étrange mais commune.

     

    Cependant, ce qui dominait chez Marthe, c'était son don du sacrifice, à l'imitation du Christ. Elle se sentait directement solidaire des autres. Le salut d'autrui concernait sa propre existence. Le conflit du bien et du mal était une bataille où elle s'exposait en première ligne, s'offrant seule pour l'expiation. Chez Marthe, le don était à l'état pur; sans arrêt, sans discontinuité.

    Et pourtant, le cerveau surmené, elle gardait le sourire. Elle avait le projet de s'attaquer au problème de la misère, tout ce qui est "l'enfer" de ce monde. Mais ses yeux voyaient un autre enfer. Elle croyait au drame du salut. L'homme a péché, mais il existe une loi de substitution qui permet que l'innocent rachète le coupable. Comme le Christ, elle se tenait aux portes de l'enfer pour que l'enfer soit vide.

    Conséquence, chez elle, du don à l'état pur : sans effort apparent, elle s'accommodait aux problèmes si différents des personnes qui venaient lui demander conseil. Elle donnait des solutions par des paroles très simples. Et cependant, un seul mot de Marthe pouvait changer un destin. Ma femme disait : "Ailleurs, il n'y a que des problèmes. Chez elle, il n'y a que des solutions, parce qu'elle se met à la fois au centre du ciel et au centre de la terre." Derrière ce qu'on avait maladroitement cherché à exprimer, elle se portait d'emblée à ce qu'on n'exprimait pas, soit par impuissances, soit par crainte : ce refoulé qui est l'essentiel. De ce qu'on lui disait, de ce buisson d'épines qu'elle appelait le "ramassis" ou les "bricoles" et qu'elle balayait, elle dégageait l'inexprimable, elle donnait la solution.

    Dans ses conseils, refusant la solution raisonnable, selon la prudence, elle montrait l’autre voie, la hardiesse, le risque, le tout pour le tout, comme si elle avait dans l’esprit cette loi de l’évolution des espèces, que les plus grands succès sont du côté des plus grands risques. Bien que toujours surprenante et parfois prophétique, ses conseils étaient toujours simples : elle parlait avec bon sens, la chose la moins partagée chez les gens raisonnables. Souvent, elle se taisait. Alors, son silence, son exemple, son sacrifice avaient plus de force que tous ses conseils.

    Elle était, je l’ai dit, quoique mourante et solitaire, présente à tous et à tout, et d’autant plus qu’elle était, par son corps évanoui, absente de tout et de tous, donnant réponse à toutes incertitudes, soufflant pour ainsi dire sur les problèmes pour se porter à la solution. Par de simples paroles, elle excitait en nous une de ces émotions rares, soudaines, douces, un peu mélancoliques et radieuses pourtant, qui vous font prendre conscience du mystère de votre destinée, et cela réveillait en vous le désir dont parle Nietzsche de devenir ce que vous être d’une manière plus noble.

    Causer avec Marthe, c’était sentir surgir en soi-même l’être parent d’elle-même que l’on porte en soi. Elle réveillait en chacun son essence. Sans le vouloir, elle rapprochait chacun de la source de cette essence. On se sentait dans la chambre noire uni à soi-même, uni aux autres, uni à Dieu.

    Si je voulais résumer d’un seul mot le témoignage que je désire porter sur son mystère, je dirais qu’en elle le familier et le sublime ne se séparaient guère. Dans cette humble chambre où il se passait tant de choses, à première vue il n’y avait rien. Avant de l’avoir connue, je doutais de ce qu’on me racontait sur elle. Après l’avoir visitée, j’avais peine à concevoir que ce que j’avais observé dans la cellule fût vrai. Si extraordinaire, Marthe, et si ordinaire. Hors de ce monde plus que tous : et, plus que tous les autres, comme tout le monde et sur un mode plus simple encore. Elle fut une mystique de première grandeur.

    Critique pour elle-même, comme les mystiques authentiques formées à l’école de Saint-Jean-de–la-Croix, elle plaçait la privation des faveurs au-dessus des faveurs.

    Que de fois, en l’écoutant, je pensais que Plotin, Spinoza ou Malebranche auraient envié celle qui avait expérimenté dans sa chair ce qu’ils  concevaient seulement par l’esprit, sa chair stigmatisée, ce qui la définit essentiellement.

    Quel sens donnait-elle aux phénomènes étranges qui se passaient en elle ? Si elle les acceptait comme elle acceptait son destin de malade, avec le courage que conseillent toutes les sagesses, elle disait qu’il fallait négliger l’extérieur des choses pour passer à leur intérieur, qu’il fallait toujours tout dépasser. Le fond de sa philosophie était que la plus haute  expression du surnaturel c’est ls surnaturel devenu charnel, que la traduction la plus adéquate de l’éternité c’est  le temps ; que le plus désirable dans l’extraordinaire c’est l’ordinaire.

    Si l’on doit juger l’arbre à ses fruits, chez Marthe, les fruits sont bons : les Foyers de charité à travers le monde donnent sa dimension missionnaire.

    Son expérience au XXème siècle, l’alliance en elle de tant de souffrance et de tant  de sagesse est un signe ; il a le caractère des signes divins ; obscur, contestable, opaque, irritant pour les uns ; clair, net, réconfortant pour d’autres. Impossible pour les unes, improbable pour beaucoup, lumineux pour ceux qui acceptent de le recevoir en silence comme un signe des temps.

    Jean-Jacques Antier a reconnu ce signe. Il a abordé cette biographie de Marthe Robin avec les yeux d’un croyant pour qui l’expérience mystique possède une valeur absolue. Tout en nous livrant une analyse comparative avec les grands mystiques chrétiens, et une multitude de bouleversants témoignages, il s’est effacé devant le personnage de Marthe pour nous la restituer dans l’émouvante nudité de sa vie quotidienne, dans la simplicité et la clarté qui ont caractérisé cet esprit hors du temps, visité par de fulgurantes lumières.

    Jean Guitton, de l’Académie française.

     

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  • « Je connais maintenant la joie la plus pure, la plus douce que l’on puisse connaître : celle de vivre pour les autres et pour leur bonheur. »

    Marthe Jeune femme

    C’est la vie d’une femme extraordinaire, d’un destin inimaginable que je vais aborder brièvement. Marthe Robin est l’une des plus grandes mystiques des temps contemporains. Indirectement, elle a fait des apparitions dans ma vie à des moments clés de mon existence et je la porte dans mon coeur.

    Elle est née et a passé son existence à Châteauneuf-de-Galaure dans la Drôme. Une région rude, fertile, montagneuse. Les habitants vivaient en quasi autarcie en raison de l’isolement des lieux. Autant dire l’importance de l’entraide. Tout se partageait : naissances, maladies, morts, travaux agricoles. Comme l'écrivait Jean-Jacques Antier : « les voisins, c’était comme la famille, on ne les choisissait pas. Il fallait les prendre comme ils étaient. (…) ils peinaient en même temps aux mêmes travaux sur leurs terres mitoyennes, ils avaient à tout moment besoin les uns des autres. C’était cette solidarité qui comptait. »  C’est au milieu de ces gens que vécut Marthe Robin jusqu’en 1981 où elle décédait. Petite femme ordinaire, toute simple mais dynamique, décidée et entière, elle eut une enfance normale : école primaire, aide aux travaux, catéchisme. C’est lors de sa communion qu’elle s’ouvre pleinement et pour la première fois à Dieu. Elle ressent comme un lien avec lui et le prie souvent, beaucoup.

    A l’âge de 16 ans, sa santé commence à décliner avec des maux de tête de plus en plus violents. A partir de là, elle ne recouvrera jamais la santé. Pendant plus de cinquante ans, elle vivra paralysée, malvoyante, dans la pénombre, sans dormir, sans manger (hormis la sainte Communion) ni boire, revivant la passion du Christ chaque vendredi. Elle dira combien la souffrance peut mener au désespoir, combien une maladie invalidante pouvait être humiliante. Elle conseillait même de ne pas laisser de médicaments à portée de mains des souffrants car en l’état de douleur, il est si facile d’abandonner pour se sentir soulagée. « Ce qui importe, c'est de ne rien vouloir et de tout accepter, rien demander, tout aimer. » Elle s’abandonne à l’amour de Dieu et décide que sa souffrance ne devait pas rester inutile. Pleine d’abandon et d’amour, elle veut que son état soit une offrande pour sauver le monde de la haine et de la violence. « Que Dieu fasse de moi un vrai foyer de lumière et d’amour, une parole pour porter sa joie. »

     Portant les intentions des uns et des autres dans sa prière, elle rayonnait de présence, d’amour. Attentive et curieuse de tous et de chacun, très vite elle reçut  la visite d’une foule de plus en plus importante, simples gens, prêtres, évêques, médecins, chercheurs, philosophes, théologiens… tous étaient à son chevet et l’écoutaient prodiguer du réconfort, des conseils, des paroles d’espérance, d’amour. « Mon adorable Jésus, (...) faites que toutes les personnes qui m’approchent me quittent consolées quand elles pleurent, relevées quand elles sont accablées, heureuses pour des jours par le souvenir d’une parole, d’un regard, d’un sourire. » Avec le Père Finet, elle a travaillé pour le renouveau de l’Eglise et  crée les Foyers de la Charité, lieux de retraite spirituelle, qui bientôt rayonneront à travers le monde.

    Elle a été examinée par les plus éminents professeurs de médecine, mise sous clé pour vérifier qu’elle ne mangeait pas, pas même la nuit, surveillée, épiée mais tous ont été obligés de reconnaître sa qualité. Aujourd’hui encore certains ont une idée très arrêtée sur Marthe et affirme haut et fort qu’elle simulait, qu’elle était hystérique. Tous ces gens ne l’ont jamais examinée. Comment faire un diagnostic sans avoir vu la patiente ? Sic.

    Quoi qu’on puisse penser de Marthe Robin, de son état, il est indéniable qu’elle a fait du bien à une foule immense. Les témoignages en ce sens affluent. Elle a redonné de l’espoir, ses conseils ont sauvé beaucoup, elle a guéri, elle a réconforté, elle a offert de l’amour et c’est là le plus important. Elle a été visage d’Eglise, visage du Christ pour beaucoup. Une petite lumière qui a guidé et qui guide encore dans une vie de plus en plus difficile où l’espoir cède souvent le pas à la désespérance.

    Un procès en béatification est en cours où ses vertus sont examinées afin de déclarer Marthe « Vénérable »

    « Il suffit souvent d'une seule âme de foi pour la faire rayonner partout, d'une seule âme de lumière pour dissiper bien des ténèbres, d'une seule âme de charité pour la voir déborder de toutes parts. »

    Marthe âgée.

    Source :

    Jean-Jacques Antier  Marthe Robin, Le voyage immobile avec une préface de Jean Guitton

     

    Jacques Ravanel Le secret de Marthe Robin (paroles inédites)

     

    https://www.youtube.com/watch?v=IBprV7tQXCw


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  •  

    De temps en temps, je vais vous partager la vie de quelques grands mystiques de l’Eglise. Des vies extraordinaires, des destins hors norme dans une véritable humanité qui entraînent la conversion des foules, le retour à la Foi, à l’amour. Le curé d’Ars Jean-Marie Vianney, Marthe Robin, le Padre Pio, Ste Thérèse de Lisieux, Yvonne-Aimée de Malestroit… autant de guides spirituels pour les personnes en recherche, en questionnement, en attente… Bien entendu, je ne ferais pas une biographie, je me contenterais de les évoquer avec respect pour vous les faire découvrir. Je n’émettrais pas de jugement non plus. Chacun est libre de croire ou non, d’avoir la Foi ou non.

    C’est quoi les mystiques ?

    Les mystiques sont des personnes de foi qui vivent dans une union intime avec Dieu. Certains d’entre eux présentent des signes extraordinaires : stigmates, ubiquité, visions… Quelle souffrance lorsqu’on est humble de porter des marques qui nous différencie du commun des mortels. Ils ressentent leur différence comme une humiliation, une douleur supplémentaire, une honte.

    Que de tourments pour ces personnes ayant un destin qu’elles n’ont pas choisi, qui leur a été imposé, qu’elles finissent par accepter pour porter le rayonnement du Christ et qui sont des lumières dans la vie des croyants. Des lumières nous indiquant la route  à suivre pour vivre dans l’amour. Elles auront eu à subir la honte, la brimade, la suspicion, le rejet. Un combat au quotidien. Mais c’est surtout un combat quotidien du bien contre le mal. Le Diable existe-t-il ? C’est une longue et difficile question. Bien des prêtres et des croyants aujourd’hui ont tendance à penser que non. Et pourtant tout le monde reconnait que le mal existe. Qu’il est en chacun de nous, qu’il nous pousse parfois à commettre des choses, à dire des choses dont nous savons qu’elles vont blesser. Alors pourquoi ce mal ne pourrait-il pas être personnifié par un être différent, plus puissant que nous ne le voudrions. Je dois avouer que la question me laisse dubitative et que je n’ai pas de réponses. J’ai envie de croire que ça n’est qu’une illusion mais une partie de moi craint sa réalité. Ces mystiques ont pour beaucoup, une relation violente avec cette entité.

    On les croit fous, hystériques… l’incompréhensible, l’étrange fait toujours peur. Mais quoiqu’il en soit, ils ouvrent le chemin vers la charité, le partage, l’amour de l’autre, l’acceptation de Dieu et dans ce monde en fusion, c’est vrai que ces sentiments sont folie. L’amour du Christ, son sacrifice pour sauver l’humanité était une folie. La Foi est une folie, une folie d’amour. Que nous croyons en ces personnes ou pas, écoutons leurs messages, ils sont pleins de bon sens. Après tout, ils ne font de mal qu’à eux-mêmes et ils apportent tellement à une foule de gens dans le désespoir, dans la peur.  Ils valent les meilleurs des psychanalystes et n’attendent rien en retour.

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  • Le manque de prêtres, la responsabilité leur incombant allant croissant, il fallait trouver une solution pour accompagner les familles lors de la perte d’un des leurs. Sachant que les funérailles ne sont pas un sacrement contrairement au baptême, à l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage, l'ordre et l'onction des malades, rien n’empêchait de confier cette mission d’église à des laïcs.  Il ne s’agit pas d’obsèques à deux vitesses comme on serait tenté de le penser. Toutes ces personnes appelées par le prêtre, puis formées à cette mission, suivent le même rituel que les prêtres. Elles sont titulaires d’une lettre de mission délivrée par leur évêque. La décision est difficile à prendre. Bien des questions se posent : sommes-nous capables de gérer l’émotion ? Saurons-nous trouver les mots de réconfort, les attitudes adéquates ? Saurons-nous affronter une assemblée ? Et les questions pratiques se rajoutent : comment faire une homélie (un commentaire de la Parole) ? Faire les rites dignement ?  Autant d’interrogations qui trouvent leurs réponses au cours de la formation et dans les rencontres avec les prêtres et les équipes.

     

    Il faut aussi avouer que les laïcs célébrants sont soumis à un stress supplémentaire. En effet, on leur pardonnera moins facilement un ratage qu’à un prêtre qui lui, aux yeux des gens, est investi d’une mission "divine".

     

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    Comment se préparent des obsèques ?

    Notre responsabilité, nous permet, au nom de l’Eglise d’accueillir les familles en deuil, et de prendre le temps nécessaire à leur écoute. Toutefois le prêtre peut parfois rencontrer les familles au moment de la messe dominicale qui suit les obsèques  si celles-ci se présentent à lui. Nous rencontrons les familles dans un premier temps afin de préparer la célébration avec elles selon le rituel mais aussi selon leur sensibilité, la situation. Nous leur expliquons la démarche de l'Eglise, la nôtre. Nous tentons de les réconforter, de les rassurer quant à la prise en charge de la célébration.

     

     

    Dans notre secteur nous officions à deux : la personne titulaire de la lettre de mission, dirigeant la célébration et une personne qui l’accompagne dont le rôle est primordial. En effet outre le soutien d’avoir à ses côtés quelqu’un d’autre, les accompagnants se chargent de la mise en place de l’église, des mots de mémoire, des prières universelles, de l’encens, souvent de l’accompagnement au cimetière.

     

    Nous commençons par être à l’écoute des familles. La préparation du mot de mémoire (retracer brièvement la vie de la personne défunte pour affirmer à la communauté que ça n’est pas n’importe qui que nous accompagnons, ça n’est pas un lambda mais un homme - une femme qui a aimé, souffert, vécu parmi nous… une personne qui a été importante pour la famille, les amis, les voisins, l’assemblée qui l’accompagnent), la préparation de ce mot donne lieu à des échanges intenses. C’est là que les familles se racontent, se confient, se soulagent. Une partie de cette conversation restera toujours privée et secrète. Nous respectons toujours le choix des familles, ses souhaits de ce qui peut être dit ou non. Mais ce moment est crucial. Il permet une relation de confiance entre les célébrants et les proches. Ces gens dans la peine se dévoilent, tombent le masque de la vie courante et nous avons devant nous des personnes éprouvés retrouvant leur humanité, leur tendresse, leur peine et les partageant. J’ai eu des rencontres formidables, des émotions intenses, des liens qui se sont créés.  Ne croyez pas que ces rencontres ne sont que larmes et tristesses. Non loin de là ! Combien de bons souvenirs remontent et amènent le sourire, le rire au milieu de la peine. Beaucoup de familles témoignent après du bien que leur apporte cet instant de partage, car nous partageons les expériences communes. Souvent on me dit se sentir plus à l’aise avec le laïc qu’avec le prêtre car, pour eux, le laïc partage la même vie, les mêmes expériences familiales.

     

    Ensuite viennent les choix des textes, les explications des rites, la possibilité d’offrir une ou des interventions de la famille ou pas selon leur désir (d’une lecture à un simple dépôt de bougie dans le silence… voire rien si les proches ne s’en sentent pas la force).

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    La préparation :

    Une fois rentrés, il nous faut préparer la célébration en elle-même. C’est du temps à consacrer, de la réflexion.  D’abord le commentaire de la Parole. Les familles auront choisi, si elle le souhaite sinon nous faisons ce choix nous-mêmes, une 1ère lecture, un psaume et un Evangile. A partir de ces trois textes en lien avec le défunt, sa vie, sa personnalité, ses rapports avec les autres, il faut réfléchir et mettre en texte un commentaire. C’est la partie la plus longue. Des ouvrages nous aident dans cette démarche pour celles et ceux qui ne se sentent pas la capacité de la faire seul. Ensuite viennent le choix des prières, monitions. En effet le rituel propose plusieurs prières qui s’adaptent aux différentes situations rencontrées. Et pour finir, il nous faut faire le choix de la partie musicale. La vie change, les gens n’ont plus le temps donc les chorales que nous avons connues, ont disparu dans beaucoup de lieux. D’où le choix de chants liturgiques, de musique classique sur des CD ou clé USB apportant de la paix et une qualité à la célébration.

     

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    La célébration en elle-même.

     

    Nous ne faisons pas n’importe quoi. Nous devons suivre un rituel que nous respectons. C’est indispensable pour éviter des dérives et des dérapages. La qualité de la célébration et de l’échange avec la communauté en dépend. Mais le rituel nous accorde une certaine souplesse par la proposition de prières multiples qui nous permet d'être au plus juste de la vie de chaque défunt. Nous avons le temps, nous prenons le temps pour permettre aux familles de vivre ce dernier moment avec l’être aimé qui s’en va vers la vie éternelle promise par Dieu auquel nous croyons. Des mots d’espérance, des mots de tristesse, de tendresse. Une attitude calme et posée. Autant de facteurs essentiels pour apporter un peu de réconfort aux familles en deuil. Elles ont besoin de ce moment pour faire leur au-revoir ou plutôt leur à-Dieu à la personne aimée. Et oui c’est volontairement que je décompose le adieu ainsi, car c’est à Dieu que l’on confie nos défunts. Et c’est là que nous les retrouverons. Le silence y a sa place aussi. Temps, calme, silence, respect constituant la célébration contribue  à la paix.

     

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    Pourquoi parfois des prêtres et parfois non ?

    Cela est ressenti comme une injustice par quelques familles. Dans certains secteurs, le prêtre continue de célébrer en fonction de ses possibilités de temps. Dans d’autres il ne le fait plus pour éviter ce genre de sentiments d’injustice. Toutefois, le prêtre reste un homme qui a tissé des liens d’amitié. Il lui arrive d’accompagner un ami. Le prêtre reste un homme mais il reste un prêtre en toute circonstance. Donc en tant que tel, il revêt son aube et se tient face à l’assemblée pour accompagner son ami. Nul ne peut lui reprocher cela.

     

    Il arrive aussi que nous, laïcs, faisons appel à lui dans des circonstances particulièrement dramatiques où la charge émotionnelle est trop lourde.

     

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    Pourquoi ai-je fait ce choix ?

    En réalité, je n’ai pas réfléchi longtemps. Je me sentais prête, j’avais peur mais j’étais prête à me lancer. La seule chose qui m’inquiétait, était la façon dont ma famille allait prendre ma décision. Depuis près d’une douzaine d’années, j’accompagne les familles en deuil. Je l’ai dit plus haut, j’ai fait des rencontres fantastiques, j’ai fait la connaissance de personnes rares, j’ai eu des échanges gratifiants et surtout je me suis sentie utile à ma communauté. Le deuil, c’est le moment où l’on se sent le plus fragile, le plus démuni. Que l’on accompagne un parent très âgé, un conjoint, un enfant, il y a une souffrance inquantifiable, un besoin d’écoute, d’accompagnement, il y a aussi le doute. L’écoute, c’est le mot qui définit le mieux la mission qui est la mienne. Je m’imagine à la place de ces personnes, ce que j’attendrais comme présence, aide et je mets à disposition de toutes ces personnes, mon cœur et mon amitié. Il y a des moments plus difficiles que d’autres, des circonstances où le décès est inacceptable. Il faut aussi accepter la colère des familles. Elles ont le droit d’être en colère contre la maladie, contre l’accident, le criminel qui aura fauché l’être aimé, contre Dieu aussi. Elles ont le droit d’exprimer cette colère et nous avons le devoir de l’accepter. Il n’y a pas de réponse toute faite, parfois il n’y a même pas de réponse du tout. Nous restons une présence, une écoute. Nous apportons notre expérience, notre sensibilité, notre humanité, notre foi. Je n’ai aucune certitude, j’ai aussi des moments de doute, des questions sans réponses mais je me mets au service de toutes ces personnes avec, j’espère, assez d’humilité pour qu’elles se sentent comprises et aimées.

     

    Dans cette mission tout est intense. Je voudrais, d’une certaine façon, que mon accompagnement soit visage du Christ pour les familles. Qu’elles ne se sentent pas abandonnées mais accompagnées par Lui au travers de nos actions. Je crois que nous sommes éclairés, guidés pour faire au mieux ce que l’Eglise attend de nous. Et heureusement. Car dans cette mission, il y a un facteur primordial, essentiel, incontournable : notre foi.

     

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    Pour finir ce témoignage, j’ai envie de vous partager un texte exprimant une grande foi dans une profonde humilité.

     

    La fille d’un homme avait demandé au pasteur de sa localité de venir prier avec son père. Lors que le pasteur arriva, il trouva l’homme étendu dans son lit avec sa tête soulevée par 2 oreillers. Il y avait une chaise vide a côté de son lit. Le pasteur pensant que le vieil homme savait qu’il venait et attendait sa visite, dit :

     

    « J‘imagine que vous m’attendiez. »

     

    « Mais non, mais qui êtes-vous? » dit le père.

     

    Le pasteur lui dit son nom, puis il fit la remarque:

     

    « J’ai vu la chaise vide, alors j’en ai déduit que vous saviez que j’allais venir ! »

     

    «  Ah oui… la chaise, » dit l’homme dans le lit.  « Pourriez-vous fermer la porte s’il vous plaît? »

    Un peu confus, le pasteur ferma la porte.

     « Je n’avais jamais dit cela à personne, même pas à ma fille,  » dit l’homme. « Mais durant toute ma vie, je n’ai jamais su comment prier. À l’église j’avais l’habitude d’entendre la pasteur parler de la prière, mais cela me passait par-dessus la tête.  J’ai abandonné toute tentative de prière,  » continua le vieil homme, « jusqu’au jour où, il y a à peu près 4 ans, mon meilleur ami me dit: « Jean, la prière c’est simplement une question d’avoir une conversation avec Jésus. Voici ce que je te suggère: Assieds-toi sur une chaise, et mets une chaise vide en face de toi, et dans la foi, vois Jésus assis sur la chaise. Ce n’est pas étrange, parce qu’il a fait cette promesse en disant: « Je serai toujours avec vous. » Puis parle-lui de la même manière que tu le fais avec moi maintenant. »

    « Alors j’ai essayé, et j’ai tellement aimé ça, que maintenant je le fais  chaque jour. Je fais très attention par contre. Si ma fille me voyait parler à une chaise vide, soit elle ferait une dépression, soit elle m’enverrait dans une maison de fous. »

    Le pasteur fut profondément touché par l’histoire, et encouragea le vieil homme à continuer son voyage de cette façon. Alors il pria avec lui, lui donna le sacrement des malades et retourna à l’église.

     

    Deux soirs plus tard, la fille du vieil homme appela le pasteur pour lui dire que son papa était mort cet après-midi-là.

    « Est-il mort en paix? » demanda le Pasteur.

    « Oui, et lorsque j’ai quitté la maison vers 2 heures, il m’a appelé près de son lit, il m’a dit qu’il m’aimait, et m’a embrassé sur la joue. Lorsque je suis revenue du magasin, une heure plus tard, je l’ai trouvé mort. »  Et elle continua, « Mais il y avait quelque chose d’étrange à sa mort. Apparemment, juste avant de mourir, papa s’est penché et a posé sa tête sur la chaise près de son lit. Que pensez-vous de cela ? »

    Le pasteur essuya une larme, et dit: « J’aimerais tellement qu’on puisse tous partir de cette manière. »

     

    Auteur inconnu

     

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