• Méditation en prière du dimanche des Rameaux

     

    « Jésus entre dans Jérusalem. Aussitôt le peuple se précipite à sa rencontre. Tous poussent des cris de joie ; tous lui font un cortège d'honneur. Les uns jonchent les rues de rameaux d'olivier, les autres étendent leurs vêtements partout où il doit passer. A la pensée de qui pouvait-il venir alors que ce même Jésus, acclamé comme le Messie et triomphalement reçu par tout ce peuple avec tant d'allégresse, devait, après sa condamnation à la mort, passer par ces mêmes rues en portant sa croix sur ses épaules ?

     Mon bien-aimé Jésus, vous entendez maintenant le peuple de Jérusalem qui fait retentir sur votre passage ces cris de triomphe : Hosanna, gloire au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! (Mt XXI, 9). Bientôt ils élèveront la voix pour exiger insolemment de Pilate qu'il vous déclare digne de mort et qu'il vous fasse mourir en croix. Enlevez-le ; enlevez-le ; crucifiez-le (Jn XIX, 15). Va, mon âme, et toi aussi, dis à Jésus avec amour : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Oui, soyez toujours béni, ô Sauveur du monde, d'avoir bien voulu venir ici-bas ; sans vous, nous étions tous perdus. De grâce, ô mon Sauveur, sauvez-moi. »

     

    St Alphonse de Liguori, Dimanche des Rameaux,  "Une année de méditations"

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  • Il y a la nuit et ses ombres géantes qui, aux détours imprévus de nos heures, font parfois s’assoupir l’espérance…
    Il y a l’obscurité dense et tenace qui, sans crier gare, vient comme un voile nous endeuiller le cœur…
    Il y a le crépuscule de Dieu qui s’abat, comme un glaive, sur notre foi qui s’essouffle à gravir ses petits Golgotha…
    Et nous voici fatigués, usés, blessés, isolés, déboussolés, crucifiés dans ce désert nocturne où notre âme assoiffée, brûlée, clouée, tend désespérément les mains vers une aube qui tarde…
    Qui n’a connu la nuit, ne connaît pas le jour…
    Qui n’a connu le doute, ne connaît pas la foi…
    Même toi, Jésus ! Même toi, le propre Fils de Dieu, tu hurles, sur le bois de ta croix, devant l’apparent abandon de ton Père : "Eloï, Eloï, lama sabachthani"…
    Osons-nous l’avouer : la foi en Ton Amour, nous ne l’avons que parfois, nous ne sommes croyants que par intermittence. Au calendrier de notre espérance, nous sommes si souvent Vendredi Saint… Tant de fois nous pourrions faire nôtre ce mot de Bernanos : "La foi ? Vingt-quatre heures de doutes moins une minute d’espérance…"
    Mais il nous faut franchir le gué de la nuit. Croire, malgré le poids des jours sans jour et sans lumière, à cette minute, cette toute petite minute, ces soixante pauvres secondes où l’espérance vient rouler la pierre des tombeaux de nos vies.
    C’est un dur métier, Tu le sais bien, Seigneur, que d’essayer de vivre. "Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard", chantait le poète.
    Il y a l’amour qui cherche à aimer et qui retombe si souvent dans ses ornières.
    Il y a la parole qui cherche à dire et à se dire et qui, tant de fois s‘enferme dans ses mutismes…
    Il y a les gestes, les gestes tendres et fraternels, qui voudraient ouvrir le cœur à l’autre, le frère, la sœur et qui passent et repassent leur chemin sans offrir un regard.
    Il y a les rêves, les projets, les belles utopies, tant d’appels de l’Esprit qui s’étouffent sous le poids des habitudes, des prétendues obligations et des conforts meurtriers.
    Pâques : heureuse minute où il nous est donné de croire que tout est encore possible, que nos existences, quelles qu’elles soient, peuvent se remettre debout, choisir enfin la liberté.
    Pâques : bienheureuse minute où la nuit cède enfin le pas aux premières lueurs de l’aube.
    Pâques : temps béni où nous pouvons enfin nous risquer à devenir ce que nous sommes : des marcheurs, des nomades, des aventuriers, les yeux rivés vers la Terre promise de notre propre résurrection.
    Viens, Seigneur ! Viens, Esprit consolateur, abattre l’arbre mort de nos doutes, où Tu gis, inerte et crucifié.
    Viens, Esprit créateur, habiter notre cœur pour mieux nous relever de l’intérieur.
    Écarte, de Ton Souffle, la cendre de nos vies et viens attiser la braise de notre espérance. Sois pour nous Parole qui guérit, Lumière qui éclaire, Amour qui transfigure.
    Viens, Seigneur, nous murmurer à l’âme que, déjà, Tu es là !

    Bertrand Révillon

     

    Bertrand Révillon : Méditation Pascale.

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  • Bon dimanche des Rameaux à tous

     

    source de l'image : http://creationsreinette.centerblog.net/rub-fete-des-rameaux-.html

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    Inépuisables récits de la naissance du Christ. La foi trouve, tout au long de la vie, de quoi se nourrir et se convertir pour devenir toujours plus foi au Dieu de l’Evangile. Le chrétien y découvre son Dieu et se découvre lui-même, la vérité de son propre cœur.

     

    Noël nous introduit aux paradoxes dont l’Evangile est jonché d’un bout à l’autre : le Dieu infini est là dans un petit enfant ; le Dieu tout-puissant est présent dans la faiblesse d’un nouveau-né ; la Parole devient vagissement. A-t-on assez souligné combien ces récits sont en profonde cohérence avec l’ensemble de la vie de Jésus ? A tort, certains les tiennent à l’écart, comme s’ils étaient le résidu d’une religion encore trop liée au merveilleux. Est-on gêné par l’apparition d’une étoile ? Il nous faut regarder là où elle nous conduit : un enfant nu dans une crèche. Surtout voyons ce qui est célébré : Dieu qui s’exprime non par la force ou la violence, mais dans un être désarmé, totalement livré.

     

    A Noël osons aussi entendre la parole de Jésus : « Qui me voit, voit le Père » (Jean 14, 9). Du coup, la peur de Dieu, cette peur qui s’insinue si facilement, n’a plus lieu d’être. Saint Pierre Chrysologue écrit que Dieu s’est fait enfant pour que nous cessions d’avoir peur de lui.

     

    Beaucoup de contemporains de saint Jean, juifs et grecs, auraient pu écrire : « Au commencement était le Verbe… ». Seul le chrétien Jean, qui a touché de ses mains le Verbe de Vie, peut écrire : « Le Verbe s’est fait chair ». Par chair, il faut entendre, faiblesse, finitude, créature mortelle. Là est le scandale de la foi chrétienne. Scandale qui ne se limite pas à la naissance du Christ, ni même à son existence terrestre, mais qui se poursuit dans sa façon d’être présent aujourd’hui. Saint Augustin en tire toute une intelligence des sacrements.

     

    Le Verbe s’est fait chair, est devenu chair (Jean 1, 14). Voici que Dieu est lié à un devenir. Il n’est pas l’immuable qu’imaginent les philosophes. Sa transcendance n’est pas de se tenir à l’écart, loin des humains. La transcendance du Dieu biblique est de pénétrer l’histoire humaine en y apportant du neuf. Là où tout était vieux, usé, apparemment exténué, sans avenir, le Verbe apporte fraîcheur, nouveauté, élan vers la Vie ou tout simplement ce que les chrétiens appellent le pardon. Car si Jean écrit : « Le Verbe s’est fait chair » avec les connotations de faiblesse et de finitude que nous avons relevées, il ne dit pas : « nous avons vu sa misère », mais « nous avons vu sa gloire ». Une intense beauté, ce que Jean appelle gloire, rayonne du Christ incarné. Dans sa façon de vivre au sein de notre monde, en acceptant les limites humaines, dans un total abandon entre les mains de son Père, en recevant son existence jour après jour, la gloire rayonne. Le visage de Dieu se manifeste.

     

    Matthieu ne nous dit pas tellement autre chose en nous fournissant la longue généalogie de Jésus. Son lecteur en conclut que c’est dans une histoire compliquée, loin d’être parfaite que Jésus entre. Qui est ce Dieu qui ne craint pas de se mêler à l’histoire des humains, à son épaisseur et même à son obscurité ? Le Dieu de la Nativité, de la Croix, de la Résurrection, mais aussi des sacrements. Par l’Eucharistie, il se mêle encore à notre corps, comme ose le dire saint Grégoire de Nysse.

     

    Les chrétiens mettront du temps à tirer toutes les conséquences de cette prise au sérieux de l’histoire. Il n’est d’ailleurs pas certain que ce processus soit achevé.

     

    Pourquoi sommes-nous touchés par les récits de la Nativité ? A leur lecture, quelque chose résonne en nous, comme un appel à laisser tomber nos carapaces, à nous défaire de nos cuirasses et de notre suffisance. Notre cœur est lui aussi fait pour la confiance. Le Bienheureux Charles de Foucauld le dit dans une prière inoubliable : « Mon Père, je m’abandonne à toi… car ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père. »

     

    Bien souvent le cœur ne s’ouvre que devant un plus humble que soi. Ne l’oublions pas : c’est le Tout Autre qui est présent à la crèche. Mais cet enfant nous empêche de penser à la transcendance comme distance ou menace. Ouverts à sa présence, nous ne perdrons pas notre liberté. Nous serons conduits à faire de nos vies « une création avec ». Oui, l’Emmanuel est là, en cet enfant : « Dieu-avec-nous ».

     

    Un frère de Taizé a fait cette méditation de Noël pour KTO « TV catholique programmes », n° 84.

    Source : http://www.taize.fr/fr_article2952.html

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  • http://img15.hostingpics.net/pics/399909soeuremmanuelle.jpg

     

    A 98 ans, Sœur Emmanuelle nous montrait encore toute sa vivacité d’esprit et nous fait part de sa vision de la vie, du monde avec toute l’humilité que nous lui connaissions.  Dans cet entretien elle nous parle de sa vie au service de l’Amour. Quelle vie ! Quelle abnégation ! Quel courage ! Et pour cette volonté d’aimer, en 1991, le président Moubarak lui a accordé la nationalité égyptienne en remerciement pour son action auprès des petits chiffonniers du Caire. Elle a très vite compris ce que les médias pourraient lui apporter comme aide et c’est avec son franc parlé qu’elle est apparue un jour sur nos écrans et avec sa sincérité, elle a touché et ouvert les cœurs de bien des hommes et des femmes. Yala !

     

    https://www.youtube.com/watch?v=MqEtgK7hs3s&feature=share

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