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    Méditation du Jeudi-Saint : le sens du lavement des pieds par Jésus

     

    Extraits d’une méditation que Jean Vanier, fondateur des communautés de l’Arche et de Foi et Lumière, a prononcée le 30 juillet 1998 sur le geste du lavement des pieds que les chrétiens commémorent le Jeudi Saint.

    Source : https://fr.zenit.org/articles/le-sens-du-lavement-des-pieds-par-jean-vanier/

    Au cours du dernier repas avec ses disciples, Jésus se met à leur laver les pieds. Pierre le regarde, commente Jean Vanier : « Toi, me laver les pieds ? Pierre a un sens de la hiérarchie. Il y a des gens en haut et des gens en bas. (…) Il a un sens de ce que sont nos sociétés : la vision d’une pyramide. Quelques personnes en haut et une foule immense en bas. Ceux qui sont en bas sont ceux qui sont inutiles, les personnes avec des handicaps, les malades mentaux peut-être, les chômeurs, les immigrés ». Jean Vanier explique que Pierre ne veut pas se laisser laver les pieds car « ce n’est pas dans l’ordre des choses – Ce n’est pas dans notre culture ». « L’attitude de Pierre est une réaction normale et naturelle », précise-t-il.

    « Ce qui est plus surprenant, poursuit Jean Vanier, c’est la réaction de Jésus : ‘Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi. Le Royaume ne fera plus partie de ton héritage. Tu n’es plus mon disciple’ ». « Ce sont des paroles très fortes, commente le fondateur de l’Arche. Il est parfois difficile pour nous de les prendre au sérieux ».

    « Pierre panique, explique Jean Vanier. ‘Alors Seigneur, pas seulement les pieds mais aussi les mains et la tête’. (…) Jésus dit : ‘Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavés les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres’ ».

     

    « Pourquoi Jésus nous lave-t-il les pieds et pourquoi demande-t-il que nous nous lavions les pieds les uns aux autres ? » s’interroge Jean Vanier.

    Le fondateur de l’Arche distingue trois significations du lavement des pieds : un signe pour transmettre l’amour, un moyen pour enseigner le service de l’autorité, un moyen pour transformer la pyramide en un Corps.

     

    Méditation du Jeudi-Saint : le sens du lavement des pieds par Jésus

     

    Le lavement des pieds comme signe d’amour

    « Je crois que j’ai un peu découvert cela en vivant à l’Arche, raconte Jean Vanier. (…) Nous avions accueilli Eric qui avait vécu 12 ans dans un hôpital psychiatrique. Il était aveugle et sourd. Il ne pouvait pas marcher et ne pouvait pas manger seul. Il vivait avec une angoisse immense au-dedans de lui, et un grand désir de mourir. (…) Il vomissait tout ce qu’il mangeait. Il n’était qu’angoisse et douleur. (…) Notre mission à l’Arche était de l’aider à passer de l’envie de mourir à l’envie de vivre, d’un sentiment de n’être bon à rien à un sentiment d’avoir de la valeur et de l’importance, d’un sentiment de culpabilité à un sentiment de confiance. (…) On ne peut faire cela qu’à travers le pouvoir transformateur de l’amour ; l’amour qui nous révèle que nous sommes beaux ; l’amour qui comprend notre souffrance et nos besoins l’amour qui fait la fête; l’amour qui investit de puissance et nous appelle à être et à être nous-mêmes; et un amour qui pardonne ».

    « Mais comment pouvions-nous révéler cela à Eric ? poursuit Jean Vanier. Il était aveugle et sourd. Nous n’avions que nos mains pour communiquer ; ces mains incroyables que Jésus nous a données, les mains qui donnent la sécurité, la paix, qui manifestent l’amour, mais aussi des mains qui peuvent blesser, prendre, abuser. J’avais le privilège de donner son bain chaque matin à Eric, de tenir son petit corps nu dans mes bras. (…). A travers nos mains (pas seulement les miennes mais celles de toute notre communauté), nous lui avons fait comprendre qu’il était beau. Il faut toucher les gens avec un profond respect, avec tendresse. Nos mains, et pas seulement nos voix, peuvent transmettre l’amour de Jésus. Le Verbe s’est fait chair pour que notre chair devienne parole. Notre chair, par la puissance de l’Esprit Saint, peut révéler leur valeur aux personnes, peut leur révéler qu’elle sont chéries et aimées de Dieu ».

     

    « Quand il s’agenouille devant les pieds de ses disciples Jésus sait que le lendemain il sera mort », explique Jean Vanier. « Mais il veut avoir un moment avec chaque disciple. Pas seulement pour dire au revoir. (…) Il veut les toucher, toucher leurs pieds, toucher leurs corps, les toucher avec tendresse et amour. Il dit peut-être une parole à chacun, il les regarde dans les yeux. Il y a un moment de communion ».

     

    Pour Jean Vanier, le lavement des pieds et l’institution de l’Eucharistie sont intimement liés. « Nous sommes appelés à manger le Corps du Christ pour pouvoir nous laver les pieds les uns aux autres », explique-t-il.

     

    Le fondateur de l’Arche insiste sur ce moment particulier de Jésus avec ses disciples. « Jésus a dû toucher ces corps avec un immense respect, avec amour et tendresse, déclare-t-il. Il leur révélait, d’une façon spéciale, son amour pour eux. Mais il leur révélait aussi que chacun d’eux était beau, choisi, et aimé, pour continuer cette mission, qui est sa mission, d’annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, la liberté aux prisonniers, pour redonner la vue aux aveugles, la liberté aux opprimés, et pour annoncer une année de grâce et de pardon ».

    « Lorsque Jésus lave les pieds de ses disciples, il lave les pieds pour montrer que c’est leurs cœurs qu’il veut purifier. Jésus ne juge pas, il ne condamne pas ; il purifie. Il veut seulement que nous soyons un peuple de la résurrection – des personnes debout (…) qui croient au don de Jésus pour pouvoir apporter ce don à notre monde brisé ».

     

    Méditation du Jeudi-Saint : le sens du lavement des pieds par Jésus

     

    Le lavement des pieds pour enseigner le service de l’autorité

    « Mais Jésus est aussi là comme un serviteur, un esclave. Il est là pour nous (…). Il nous dit : ‘Je veux vous servir ; je veux vous investir d’un pouvoir. Vous allez recevoir l’Esprit Saint et vous devez continuer ce que j’ai fait. Vous devez être remplis de l’Esprit de Dieu, afin que vous puissiez aller jusqu’aux extrémités de la terre pour transmettre cet amour à tous les peuples de toutes les cultures’ », explique Jean Vanier.

    « Jésus sait que ce n’est pas facile d’exercer l’autorité, poursuit-il. (…) Jésus, à genoux à nos pieds, nous dit : ‘Je veux que tu exerces ton autorité dans l’amour. Comme un bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Exercer l’autorité avec tendresse et amour. Exercer l’autorité dans la vérité et dans un esprit de pardon’. (…) Jésus nous montre comment il veut que nous exercions l’autorité, non pas du haut d’un piédestal mais tout près des personnes. Il faut confirmer les personnes, (…) les aider à grandir dans la liberté et la vérité ».

     

    Méditation du Jeudi-Saint : le sens du lavement des pieds par Jésus

     

    Le lavement des pieds pour transformer la pyramide en un Corps

    « Nous savons ce qu’est la pyramide, déclare Jean Vanier. Quelques-uns ont le pouvoir, les privilèges et la richesse. Au bas de la pyramide, se trouve la masse immense des gens pauvres et brisés. Jésus a voulu transformer cela en un Corps. C’est pour cela que Paul, dans la première lettre aux Corinthiens parle de l’Eglise comme d’un Corps, dans lequel chaque personne est différente et chacun est important. (…) Les parties du corps qui sont les moins présentables, les plus faibles, sont nécessaires et doivent être honorées. (…) Jésus veut que nous découvrions l’Eglise comme un Corps où chacun est important, où la fonction de responsable est importante parce que le corps en a besoin. Mais nous sommes tous comme frères et sœurs dans le même Corps qui est inspiré, motivé et habité par l’Esprit Saint ».

     

    « Le lavement des pieds est symbolique, poursuit-il. C’est un geste qui parle de service, de communion, de pardon mutuel, de co-existence, d’unité. Mais Jésus insiste tellement sur le lavement des pieds, sur le fait de toucher le corps, que je crois que ce symbole est aussi un sacrement. C’est quelque chose de très spécial. Ce n’est pas seulement parler avec les personnes mais reconnaître que leur corps est le Temple de Dieu. Reconnaître que l’Esprit de Dieu vit en elles. Reconnaître que leur corps est précieux. Je crois que Jésus insiste sur le lavement des pieds parce que nos corps sont précieux, parce qu’ils sont Temples de l’Esprit ».

     

    « Nous sommes appelés à être en communion, à nous pardonner les uns les autres, à nous servir les uns les autres, et à découvrir que nous sommes appelés à marcher ensemble » affirme-t-il.

    « Nous sommes tous appelés à nous faire petits. Le chameau ne peut pas passer par le trou d’une aiguille. Mais nous qui avons de l’autorité ou du pouvoir, sommes d’une certaine manière appelés à être comme des petits enfants. Nous sommes appelés à nous servir dans la droiture et la vérité comme Jésus. Et si nous nous faisons petits, nous pourrons peut-être passer par le trou de l’aiguille », déclare-t-il.

     

    « Maintenant, c’est ce que nous allons faire, en signe de ce désir de suivre l’humble Jésus, le Jésus brisé, le Jésus en larmes, le Jésus qui se fit tout petit et s’humilia plus encore. D’une certaine manière nous voulons suivre Jésus sur ce chemin qui descend. C’est aussi le chemin par lequel nous nous élèverons avec lui pour être un signe de la résurrection dans notre monde », conclut Jean Vanier.

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  • Méditation en prière du dimanche des Rameaux

     

    « Jésus entre dans Jérusalem. Aussitôt le peuple se précipite à sa rencontre. Tous poussent des cris de joie ; tous lui font un cortège d'honneur. Les uns jonchent les rues de rameaux d'olivier, les autres étendent leurs vêtements partout où il doit passer. A la pensée de qui pouvait-il venir alors que ce même Jésus, acclamé comme le Messie et triomphalement reçu par tout ce peuple avec tant d'allégresse, devait, après sa condamnation à la mort, passer par ces mêmes rues en portant sa croix sur ses épaules ?

     Mon bien-aimé Jésus, vous entendez maintenant le peuple de Jérusalem qui fait retentir sur votre passage ces cris de triomphe : Hosanna, gloire au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! (Mt XXI, 9). Bientôt ils élèveront la voix pour exiger insolemment de Pilate qu'il vous déclare digne de mort et qu'il vous fasse mourir en croix. Enlevez-le ; enlevez-le ; crucifiez-le (Jn XIX, 15). Va, mon âme, et toi aussi, dis à Jésus avec amour : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Oui, soyez toujours béni, ô Sauveur du monde, d'avoir bien voulu venir ici-bas ; sans vous, nous étions tous perdus. De grâce, ô mon Sauveur, sauvez-moi. »

     

    St Alphonse de Liguori, Dimanche des Rameaux,  "Une année de méditations"

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  • Il y a la nuit et ses ombres géantes qui, aux détours imprévus de nos heures, font parfois s’assoupir l’espérance…
    Il y a l’obscurité dense et tenace qui, sans crier gare, vient comme un voile nous endeuiller le cœur…
    Il y a le crépuscule de Dieu qui s’abat, comme un glaive, sur notre foi qui s’essouffle à gravir ses petits Golgotha…
    Et nous voici fatigués, usés, blessés, isolés, déboussolés, crucifiés dans ce désert nocturne où notre âme assoiffée, brûlée, clouée, tend désespérément les mains vers une aube qui tarde…
    Qui n’a connu la nuit, ne connaît pas le jour…
    Qui n’a connu le doute, ne connaît pas la foi…
    Même toi, Jésus ! Même toi, le propre Fils de Dieu, tu hurles, sur le bois de ta croix, devant l’apparent abandon de ton Père : "Eloï, Eloï, lama sabachthani"…
    Osons-nous l’avouer : la foi en Ton Amour, nous ne l’avons que parfois, nous ne sommes croyants que par intermittence. Au calendrier de notre espérance, nous sommes si souvent Vendredi Saint… Tant de fois nous pourrions faire nôtre ce mot de Bernanos : "La foi ? Vingt-quatre heures de doutes moins une minute d’espérance…"
    Mais il nous faut franchir le gué de la nuit. Croire, malgré le poids des jours sans jour et sans lumière, à cette minute, cette toute petite minute, ces soixante pauvres secondes où l’espérance vient rouler la pierre des tombeaux de nos vies.
    C’est un dur métier, Tu le sais bien, Seigneur, que d’essayer de vivre. "Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard", chantait le poète.
    Il y a l’amour qui cherche à aimer et qui retombe si souvent dans ses ornières.
    Il y a la parole qui cherche à dire et à se dire et qui, tant de fois s‘enferme dans ses mutismes…
    Il y a les gestes, les gestes tendres et fraternels, qui voudraient ouvrir le cœur à l’autre, le frère, la sœur et qui passent et repassent leur chemin sans offrir un regard.
    Il y a les rêves, les projets, les belles utopies, tant d’appels de l’Esprit qui s’étouffent sous le poids des habitudes, des prétendues obligations et des conforts meurtriers.
    Pâques : heureuse minute où il nous est donné de croire que tout est encore possible, que nos existences, quelles qu’elles soient, peuvent se remettre debout, choisir enfin la liberté.
    Pâques : bienheureuse minute où la nuit cède enfin le pas aux premières lueurs de l’aube.
    Pâques : temps béni où nous pouvons enfin nous risquer à devenir ce que nous sommes : des marcheurs, des nomades, des aventuriers, les yeux rivés vers la Terre promise de notre propre résurrection.
    Viens, Seigneur ! Viens, Esprit consolateur, abattre l’arbre mort de nos doutes, où Tu gis, inerte et crucifié.
    Viens, Esprit créateur, habiter notre cœur pour mieux nous relever de l’intérieur.
    Écarte, de Ton Souffle, la cendre de nos vies et viens attiser la braise de notre espérance. Sois pour nous Parole qui guérit, Lumière qui éclaire, Amour qui transfigure.
    Viens, Seigneur, nous murmurer à l’âme que, déjà, Tu es là !

    Bertrand Révillon

     

    Bertrand Révillon : Méditation Pascale.

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  • Bon dimanche des Rameaux à tous

     

    source de l'image : http://creationsreinette.centerblog.net/rub-fete-des-rameaux-.html

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  • 3133358502_1_14_qiUPq6gg

     

     

    Inépuisables récits de la naissance du Christ. La foi trouve, tout au long de la vie, de quoi se nourrir et se convertir pour devenir toujours plus foi au Dieu de l’Evangile. Le chrétien y découvre son Dieu et se découvre lui-même, la vérité de son propre cœur.

     

    Noël nous introduit aux paradoxes dont l’Evangile est jonché d’un bout à l’autre : le Dieu infini est là dans un petit enfant ; le Dieu tout-puissant est présent dans la faiblesse d’un nouveau-né ; la Parole devient vagissement. A-t-on assez souligné combien ces récits sont en profonde cohérence avec l’ensemble de la vie de Jésus ? A tort, certains les tiennent à l’écart, comme s’ils étaient le résidu d’une religion encore trop liée au merveilleux. Est-on gêné par l’apparition d’une étoile ? Il nous faut regarder là où elle nous conduit : un enfant nu dans une crèche. Surtout voyons ce qui est célébré : Dieu qui s’exprime non par la force ou la violence, mais dans un être désarmé, totalement livré.

     

    A Noël osons aussi entendre la parole de Jésus : « Qui me voit, voit le Père » (Jean 14, 9). Du coup, la peur de Dieu, cette peur qui s’insinue si facilement, n’a plus lieu d’être. Saint Pierre Chrysologue écrit que Dieu s’est fait enfant pour que nous cessions d’avoir peur de lui.

     

    Beaucoup de contemporains de saint Jean, juifs et grecs, auraient pu écrire : « Au commencement était le Verbe… ». Seul le chrétien Jean, qui a touché de ses mains le Verbe de Vie, peut écrire : « Le Verbe s’est fait chair ». Par chair, il faut entendre, faiblesse, finitude, créature mortelle. Là est le scandale de la foi chrétienne. Scandale qui ne se limite pas à la naissance du Christ, ni même à son existence terrestre, mais qui se poursuit dans sa façon d’être présent aujourd’hui. Saint Augustin en tire toute une intelligence des sacrements.

     

    Le Verbe s’est fait chair, est devenu chair (Jean 1, 14). Voici que Dieu est lié à un devenir. Il n’est pas l’immuable qu’imaginent les philosophes. Sa transcendance n’est pas de se tenir à l’écart, loin des humains. La transcendance du Dieu biblique est de pénétrer l’histoire humaine en y apportant du neuf. Là où tout était vieux, usé, apparemment exténué, sans avenir, le Verbe apporte fraîcheur, nouveauté, élan vers la Vie ou tout simplement ce que les chrétiens appellent le pardon. Car si Jean écrit : « Le Verbe s’est fait chair » avec les connotations de faiblesse et de finitude que nous avons relevées, il ne dit pas : « nous avons vu sa misère », mais « nous avons vu sa gloire ». Une intense beauté, ce que Jean appelle gloire, rayonne du Christ incarné. Dans sa façon de vivre au sein de notre monde, en acceptant les limites humaines, dans un total abandon entre les mains de son Père, en recevant son existence jour après jour, la gloire rayonne. Le visage de Dieu se manifeste.

     

    Matthieu ne nous dit pas tellement autre chose en nous fournissant la longue généalogie de Jésus. Son lecteur en conclut que c’est dans une histoire compliquée, loin d’être parfaite que Jésus entre. Qui est ce Dieu qui ne craint pas de se mêler à l’histoire des humains, à son épaisseur et même à son obscurité ? Le Dieu de la Nativité, de la Croix, de la Résurrection, mais aussi des sacrements. Par l’Eucharistie, il se mêle encore à notre corps, comme ose le dire saint Grégoire de Nysse.

     

    Les chrétiens mettront du temps à tirer toutes les conséquences de cette prise au sérieux de l’histoire. Il n’est d’ailleurs pas certain que ce processus soit achevé.

     

    Pourquoi sommes-nous touchés par les récits de la Nativité ? A leur lecture, quelque chose résonne en nous, comme un appel à laisser tomber nos carapaces, à nous défaire de nos cuirasses et de notre suffisance. Notre cœur est lui aussi fait pour la confiance. Le Bienheureux Charles de Foucauld le dit dans une prière inoubliable : « Mon Père, je m’abandonne à toi… car ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père. »

     

    Bien souvent le cœur ne s’ouvre que devant un plus humble que soi. Ne l’oublions pas : c’est le Tout Autre qui est présent à la crèche. Mais cet enfant nous empêche de penser à la transcendance comme distance ou menace. Ouverts à sa présence, nous ne perdrons pas notre liberté. Nous serons conduits à faire de nos vies « une création avec ». Oui, l’Emmanuel est là, en cet enfant : « Dieu-avec-nous ».

     

    Un frère de Taizé a fait cette méditation de Noël pour KTO « TV catholique programmes », n° 84.

    Source : http://www.taize.fr/fr_article2952.html

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