• Fatigué, fatigué  -  François Morel

     

    Fatigué, fatigué François Morel

     

    Ils ont marqué des mots de haine

    Incognito

    Des croix gammées, des mots obscènes

    Sur mon tombeau

    Ont renversé le livre en pierre

    Et l’ont cassé

    Ils se sont saoulés à la bière

    Et ont pissé

    Tu ne peux pas imaginer

    Comme ils ont ri

    Quand ils se sont débarrassés

    De leurs habits

    Quand ils se sont, le cul à l’air,

    Photographiés

    Sur le mausolée de ma mère

    Se sont branlés

     

    {Refrain:}

    Je suis fatigué, fatigué

    J’imaginais que je pourrais

    Après la vie me reposer

     

    Des nostalgiques de la guerre

    De la terreur

    Ont invoqué le nom d’Hitler

    Et j’ai eu peur

    Je me suis dit "Ça recommence

    C’est pas fini !"

    J’espérais au moins le silence

    Presque l’oubli

    Votre président a promis,

    L’air solennel

    Que seront durement punis

    Les criminels

    C’est tous les jours que l’on écrit

    "Plus jamais ça !"

    Et qu’avance la barbarie

    À petits pas

     

    {au Refrain}

     

    Il paraît qu’il y a des gens

    Ici en France

    Qui osent douter maintenant

    De ma souffrance

    Ils expliquent, l’air dégagé

    Qu’ils ne croient pas

    Que des enfants sont morts gazés

    À Treblinka

    Quand les maîtres sont enragés

    Est-ce étonnant

    De voir leurs chiens encouragés

    Montrer les dents ?

    Ils ont marqué des mots de haine

    Incognito

    Des croix gammées, des mots obscènes

    Sur mon tombeau

     

    https://www.youtube.com/watch?v=3RtVbA7Ihho&feature=share

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  • Contre-attaque -  Wladyslaw Szlengel 

     

    Dégoutés de tout, silencieux  ils entraient dans les wagons

    Lançaient des regards soumis aux Saulys.

    - Du bétail !

    Les beaux officiers se félicitaient de ne pas devoir

    s’énerver,

    Les hordes suivaient une marche hébétée.

    Les cravaches claquaient

    Pour la parade : Dans les gueules !

    Sur la place, la foule silencieuse trébuchait.

    Avant de fondre en pleurs dans le wagon,

    Elle versait son sang et ses larmes sur le sable.

    Et machinalement, les « maîtres » jetaient sur les cadavres :

    Leurs paquets de clopes -  Warum sind Juno rund .

    Jusqu’au jour où, sur la ville endormie par la Stimmung,

    Ils sont tombés à leur tour comme des hyènes dans la

    brume matinale,

    Car le bétail s’est réveillé en montrant ses crocs.

    Le premier coup de feu a éclaté la rue Gentille.

    Un gendarme se tord sous un porche.

    un instant il reste debout éberlué,

    Tenant son épaule fracassée :

    Il dit : « Je saigne pour de bon ! »

    Les brownings retentissent

    Rue Basse, rue Sauvage, rue du Paon.

    Dans l’escalier où une vieille mère a été traînée

    par les cheveux,

    Gît le cadavre du SS Handtke.

    Bizarrement enflé,

    Comme s’il n’avait pas digéré sa mort, comme étouffé

    par la révolte,

    Il a craché du sang

    sur son paquet – Juno sind rund , rund, rund,

    Et mordu la poussière avec ses galons dorés.

    La roue tourne.

    Gisant en uniforme bleu clair sur un escalier souillé

    Un gendarme Rue du Paon, sale rue juive, ignore,

    que chez Schultz et Többens,

    Les balles sifflent et dansent joyeusement.

    La viande se révolte, la viande se révolte ! La viande

    se révolte !

    La viande crache des grenades par les fenêtres,

    la viande vomit des flammes écarlates et s’accroche à des

    carcasses de vie.

    Hé ! Quelle joie de tirer dans le blanc des yeux !

    Ici, c’est le front, les chéris !

    Hier trinkt man kein Bier mehr,

    Hier hat man keinen Mut mehr,

    Blut, Blut, Blut.

    Enlevez vos gants de peau fine et claire,

    Déposez vos cravaches, enfilez vos casques.

    Et demain, publiez ce communiqué :

    « Ils nous ont battus chez Többens.  »

    C’est la révolte de la viande, la révolte de la viande, le

    chant de la viande !

    Entends-tu, Dieu des Allemands, les Juifs qui prient dans

    leurs maisons de « sauvages ».

    Des triques et des gourdins à la main,

    Donne-nous, Dieu, une lutte sanglante,

    Nous t’implorons : accorde-nous une mort violente,

    Que  nos yeux avant le trépas, ne voient pas défiler

    de rails.

    Donne, Seigneur, de la précision à nos doigts,

    Que le bleu de leur uniforme rougisse de sang.

    Offre-nous ce spectacle avant que nos gorges

    Ne crachent un dernier soupir.

    Leurs saintes cravaches tremblent

    D’une peur humaine, comme la nôtre.

    Comme des fleurs ensanglantées,

    Rue Basse et rue Gentille, à Muranow,

    Le feu pourpre de nos canons éclot.

    C’est notre printemps ! La contre-attaque !

    L’ivresse du combat nos monte à la tête 

    Voilà nos forêts de partisans : au coin de la rue Gentille

    Et de la rue d’Ostrow.

    Nos numéros « d’immeuble » tremblent sur nos

    poitrines.

    Ce sont les médailles de la guerre juive.

    Un cri en toutes lettres s’illumine de rouge.

    Le mot « révolte » frappe comme un bélier,

    Et dans la rue, le sang colle à un paquet piétiné :  Juno

    sind rund ! 

     

    Contre-attaque -  Wladyslaw Szlengel

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  • J'habite dans une grosse dame | Caroline Idoux | TEDxNouméa

    Isabelle Desrochers

    « Êtes-vous certains que les obèses sont gros uniquement parce qu’ils mangent trop ? La sleeve n’est pas l’opération miracle que l’on veut nous faire avaler. Caroline Idoux démonte ici les clichés et les idées reçues sur l’obésité et nous offre à aborder l’obésité dans la société d’un autre point de vue : celui des gros. Journaliste et écrivaine, Caroline IDOUX s’attache depuis quelques années à apporter un autre regard sur les personnes en surpoids. Passionnée de littérature et de communication, elle aborde avec beaucoup de facilités et franc-parler toutes les facettes de l’obésité. »

    Un exposé fait avec lucidité, rigueur et sans aucune concession destinée à ouvrir les yeux à tous les grossophobes.

    Ils sont nombreux pour ne pas dire tous à avoir tout essayer pour perdre du poids avec plus ou moins de succès et l’effet yoyo est connu de tous.  Désespérés, ou fortement aiguillés par les médecins, certains se sont tournés vers la Sleev’ cette opération qui consiste à enlever la majeure partie de l’estomac. C’est un peu comme si on coupait la main à un fumeur pour l’empêcher de fumer. Un état des lieux de la sleev a été fait en France.  Après 4 ans la perte de poids moyenne pour une personne de 140 kg, la perte n’était que de 28 kg. Au bout de 8 ans, la sleev est un échec pour une personne sur 2. Si la perte de poids est réversible, la perte de l’estomac, elle, est définitive. Les dépressions, tentatives de suicide sont fréquentes chez les opérés. Pour beaucoup l’alcool a remplacé la nourriture.

    La sleev a été mise au point pour les obésités morbides ou les obésités importantes couplées à un diabète. Avec le temps elle a été proposée à des personnes en surpoids pour l’esthétique. La sleev est devenue une chirurgie esthétique.

    Alors stop avec les idées préconçues et acceptons les personnes pour ce qu'elles sont, tout simplement. 

     

    https://www.youtube.com/watch?v=LZznHRr9ebY

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  • Le silence des bêtes de Vincent Munier

    Partage d’une triste histoire d’amour d’un couple de lynx.
    Un moment si rare ! Souvenir à la fois magnifique et douloureux. 
    Le mâle a subi un acte de braconnage.

     

    https://vimeo.com/253248060?fbclid=IwAR1b2Z9KbnRKLJwEAyJjOurPhZ59VKkabfB5uea7Ge43cTODnN3AlpTk52o

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  • La petite gare de Treblinka -  Wladyslaw Szlengel

     

    Sur la ligne Tluszcz -Varsovie

    qui part de Warschau-Ost,

    prendre le chemin de fer

    et c’est tout droit….

     

    Le voyage dure parfois

    cinq heures trois quarts,

    ou bien  il dure parfois 

    une vie entière, jusqu’à la mort…

     

    La  gare est minuscule,

    avec trois sapins,             

    un simple écriteau :

    ici gare de Treblinka.

     

    Il n’y a ni guichet,

    ni de porteur de bagages

    ni même pour un million

    de billet de retour…

     

    A la gare personne n’attend,

    n’agite son mouchoir,

    seul  accueil : le silence en suspens

    et un vide profond.

     

    Se tait le signal d’arrêt

    se taisent les trois sapins,

    se tait l’écriteau noir,

    … gare de Treblinka.

     

    Seul pendouille depuis longtemps

    (sûrement une réclame)

    un vieil écriteau délabré :

    « Cuisinez au gaz. »

     

    La petite gare de Treblinka -  Wladyslaw Szlengel

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