• C'est aujourd'hui après cette terrible tragédie que ce texte prend une dimension différente. Un texte qui pourraient s'adresser à ceux  qui veulent museler la liberté de paroles, de pensées, et en mémoire de toutes les victimes de charlie Hebdo, je laisse la parole à Charlie Chaplin dans la dernière partie du Dictateur. Ce discours si fort en émotion, devrait être partagé par le plus grand nombre. Ils ont voulu bafouer la liberté mais ils n'ont réussi qu'à faire se lever la foule pour crier que jamais, ils ne nous feront taire.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=MuNq9I2ogPY

     

    "Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l'avons oublié.

    L'envie a empoisonné l'esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l'abondance nous laissent dans l'insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d'intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d'humanité.

    Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n'est plus que violence et tout est perdu.

    Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l'être humain, que dans la fraternité, l'amitié et l'unité de tous les hommes.

    En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d'hommes, de femmes, d'enfants désespérés, victimes d'un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

    Je dis à tous ceux qui m'entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n'est que le produit éphémère de l'habilité, de l'amertume de ceux qui ont peur des progrès qu'accomplit l'Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront et le pouvoir qu'ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu'il faut faire et ce qu'il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.

    Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur.

    Vous n'êtes pas des machines.

    Vous n'êtes pas des esclaves.

    Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l'amour du monde dans le cœur.

    Vous n'avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n'est pas fait d'amour.

    Soldats ne vous battez pas pour l'esclavage mais pour la liberté.

    Il est écrit dans l'Evangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l'être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir, le pouvoir decréer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

    Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l'occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.

    Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n'ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s'affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple.

    Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l'avidité, avec la haine et l'intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !"

     

    JE SUIS CHARLIE


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  • Personne ne nait... Mandela

     

    « J’ai toujours su qu’au plus profond du cœur de l’homme résidaient la miséricorde et la générosité. Personne ne naît haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion.

    Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire.

    Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j’ai toujours aperçu une lueur d’humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer.

    La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher, mais qu’on ne peut jamais éteindre. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, il est enfermé derrière les barreaux des préjugés et de l’étroitesse d’esprit. Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté, tout comme je ne suis pas libre si l’on me prive de ma liberté.

    L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur. Certains disent que ce but est atteint. Mais je sais que ce n’est pas le cas. La vérité, c’est que nous ne sommes pas encore libres ; nous avons seulement atteint la liberté d’être libres, le droit de ne pas être opprimés.

    Nous n’avons pas encore fait le dernier pas de notre voyage, nous n’avons fait que le premier sur une route plus longue et difficile. Car être libre ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. La véritable épreuve pour notre attachement à la liberté vient de commencer ».

    (Nelson Mandela)

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  • Le plus beau proverbe que je connaisse vient d'Egypte. C'est une injonction : "Ne fais jamais peur à quelqu'un, n'inspire jamais la peur à un autre être humain." Je trouve que c'est une sentence magnifique. Et j'y ajouterai : n'injurie jamais la douleur de l'autre, ne va pas trop vite, ne fais pas l'économie de ce que les autres vivent. Comment pourrais-je vous dire cela ? J'ai de la joie à aller dans les endroits, même les moins éclairés qui soient. Je pense, par exemple, à des hôpitaux ou des maisons de retraite, endroits que je continue de fréquenter. J'ai une joie profonde à traverser les épaisseurs de grisaille, la dureté que le monde met sur certains visages à la fin d'une vie. J'éprouve une joie profonde à enlever tous ces voiles et à voir, soudain, deux yeux qui brûlent dans l'ombre. L'humain est un soleil. La vie, voilà la seule merveille. Et c'est la seule merveille non commercialisable. L'humain est un soleil que l'on peut aller chercher dessous les décombres, dessous la fatigue, dessous les pertes. Il n'y a rien de pire que de perdre un enfant. Rien de pire. C'est connaître et éprouver l'hémorragie de ses propres forces. Oui, la vie est très rude. Mais j'essaie de peindre, de livre en livre, le sourire que je vois sur ces lèvres. Malgré tout. Je connais la perte de qui on aime plus que tout. Et je le redis: la vie est peut-être cent milliards de fois plus belle que nous l'imaginons - ou que nous la vivons.

    Pour découvrir cet auteur :http://www.lexpress.fr/culture/livre/christian-bobin-nous-ne-sommes-pas-obliges-d-obeir_1219139.html#FqzmyYu1OZ3w09hI.99

     

    soleil
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  • Le photographe Québécois Patrick Di Fruscia parcours la planète pour capturer toute sa splendeur tout en nous livrant un puissant message de motivation.

    Des images tournées en Islande, le pays du feu et de la glace. Nous pouvons admirer des paysages de toute beauté plein de mystère. Et au milieu de ces merveilleuses images, un message pour nous donner envie d’avancer, de vivre.

    La vie est une question de passion, la vie est une question d’amour, la vie est une question de choix ! Commencez à vivre… MAINTENANT !

    https://www.youtube.com/watch?v=ubOZ31Jqu2s#t=23


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  • (…) J'aime tous ceux qui sont comme de lourdes gouttes qui tombent une à une du sombre nuage suspendu sur les hommes: elles annoncent l'éclair qui vient, et disparaissent en visionnaires.
    Quand Zarathoustra eut dit ces mots, il considéra de nouveau le peuple et se tut, puis il dit à son cœur: "Les voilà qui se mettent à rire; ils ne comprennent point, je ne suis pas la bouche qu'il faut à ces oreilles.
    Faut-il d'abord leur briser les oreilles, afin qu'ils apprennent à entendre avec les yeux? Faut-il faire du tapage comme les cymbales et les prédicateurs de carême? Ou n'ont-ils foi que dans les bègues?
    Ils ont quelque chose dont ils sont fiers. Comment nomment-ils donc ce dont ils sont fiers? Ils le nomment civilisation, c'est ce qui les distingue des chevriers.
    C'est pourquoi ils n'aiment pas, quand on parle d'eux, entendre le mot de "mépris". Je parlerai donc à leur fierté.
    Je vais donc leur parler de ce qu'il y a de plus méprisables: je veux dire le dernier homme."
    Et ainsi Zarathoustra se mit à parler au peuple:
    Il est temps que l'homme se fixe à lui-même son but. Il est temps que l'homme plante le germe de sa plus haute espérance.
    Maintenant son sol est encore assez riche. Mais ce sol un jour sera pauvre et stérile et aucun grand arbre ne pourra plus y croitre.
    Malheur! Les temps sont proches où l'homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir, où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !
    Je vous le dis: il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis: vous portez en vous un chaos.
    Malheur ! Les temps sont proches où l'homme ne mettra plus d’étoile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.
    Voici ! Je vous montre le dernier homme.
    "Amour ? Création ? Désir ? Etoile ? Qu'est cela ?"  Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l'œil.
    La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron; le dernier homme vit le plus longtemps.
    "Nous avons inventé le bonheur,"  disent les derniers hommes, et ils clignent de l'œil.
    Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre: car on a besoin de chaleur. On aime encore son voisin et l'on se frotte à lui: car on a besoin de chaleur.
    Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché: on s'avance prudemment. Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes !
    Un peu de poison de ci de là, pour se procurer des rêves agréables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement.
    On travaille encore, car le travail est une distraction. Mais l'on veille à ce que la distraction ne débilite point.
    On ne devient plus ni pauvre ni riche: ce sont deux choses trop pénibles. Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait obéir encore ? Ce sont deux choses trop pénibles.
    Point de berger et un seul troupeau! Chacun veut la même chose, tous sont égaux: qui a d'autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous.
    "Autrefois tout le monde était fou," disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l'œil.
    On est prudent et l'on sait tout ce qui est arrivé: c'est ainsi que l'on peut railler sans fin. On se dispute encore, mais on se réconcilie bientôt  car on ne veut pas se gâter l'estomac.
    On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.
    "Nous avons inventé le bonheur,"  disent les derniers hommes, et ils clignent de l'œil.
    Ici finit le premier discours de Zarathoustra, celui que l'on appelle aussi "le prologue": car en cet endroit il fut interrompu par les cris et la joie de la foule. "Donne-nous ce dernier homme, ô Zarathoustra,  s'écriaient-ils,  rends-nous semblables à ces derniers hommes! Nous te tiendrons quitte du Surhumain !" Et tout le peuple jubilait et claquait de la langue. Zarathoustra cependant devint triste et dit à son cœur :
    "Ils ne me comprennent pas: je ne suis pas la bouche qu'il faut à ces oreilles. Trop longtemps sans doute j'ai vécu dans les montagnes, j'ai trop écouté les ruisseaux et les arbres: je leur parle maintenant comme à des chevriers.
    Placide est mon âme et lumineuse comme la montagne au matin. Mais ils me tiennent pour un cœur froid et pour un bouffon aux railleries sinistres. Et les voilà qui me regardent et qui rient: et tandis qu'ils rient ils me haïssent encore. Il y a de la glace dans leur rire."

     

    https://www.youtube.com/watch?v=Sg-nYGR4qaU#t=206

     

    J’avais envie de partager cet extrait car je l’ai relu récemment à la lecture du monde d’aujourd’hui, à la façon dont nous traitons notre planète, à la façon dont nous traitons les animaux, nos concitoyens. J’en comprends sans doute seulement aujourd’hui et encore partiellement le sens. Juste avant le passage que je vous cite, Zarathoustra parle du surhomme, l’homme dans la noblesse de ce qu’il devrait être, celui qui ne se laisserait pas aveugler par la soif de pouvoir, mais qui aurait une ambition, celle de se dépasser, de se surpasser, celle de se transcender afin d’atteindre des inspirations divines. Hélas l’homme en est loin, ce sont encore et toujours ses instincts primaires qui le dominent. L’homme est inachevé. Et ce dernier homme dont il nous parle, celui qui reste passif et qui se garde bien de rien changer à ses « avantages », à ses acquis, ne ressemble-t-il pas à notre humanité actuelle ? C’est la figure de l’homme la plus méprisable qu’il nous présente. Ceux à qui s’adresse Zarathoustra ne comprennent pas son message, ils rient de lui. La façon de vivre de ce dernier homme, est ce qu’ils souhaitent. Il est trop tôt, le monde n’est pas encore prêt à comprendre un surhomme. Personne ne peut le suivre sur le chemin qu’il indique. Zarathoustra reste seul. Dans la réflexion cet ouvrage, pas seulement le prologue, est un incontournable. Bien que certaines notions me gênent personnellement, il y a chez Nietzsche et chez son personnage de Zarathoustra un besoin de faire réfléchir sur la nécessité de se créer des valeurs individuelles. «Il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante.»
    La force de Nietzsche est le lyrisme avec lequel il s’exprime ses idées, rendant sa philosophie plus accessible à la lecture, tel un poème ou une ode. Mais ce livre demande plusieurs relectures pour en comprendre l’essence. Aujourd’hui je le redécouvre par bribes, n’ayant pas le courage de m’atteler à l’ouvrage entier d’un coup. Du coup, je le comprends différemment et j’avoue que j’en tire que ce qui me convient.


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