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    http://www.youtube.com/watch?v=6b7qtR5dBRs

     

     

     

    Falaises de Bandiagara

     

    Les Dogons sont un peuple du Mali, installés dans la région, nommée Pays Dogon, qui va de la falaise de Bandiagara formée par la limite d’un plateau gréseux, situé au sud-est du delta intérieur du fleuve Niger, au sud-ouest de la boucle du Niger. C'est l'un des peuples les plus anciens d'Afrique et peut-être l'un des plus mystérieux. Grâce au fait que l'accès à leur territoire montagneux est particulièrement difficile, les dogons ont, longtemps,  pu préserver une indépendance salvatrice.

     

    Ils sont avant tout des cultivateurs (essentiellement du mil) et des forgerons. Ils sont réputés pour leurs sculptures. La langue parlée par les Dogons est le dogon qui regroupe plusieurs dialectes mais existe aussi une langue secrète, le sigi so, langue réservée à la société awa ou société des masques.Cette société regroupe tous les hommes circoncis, jeunes et vieux. L'autorité s'établit selon l'âge. Beaucoup de membres taillent leur propre masque. Ce sont eux qui dirigent différentes cérémonies dont les funérailles en organisant des danses masqués. 

    Les Dogons recherchent fortement l'harmonie, ce qui se traduit dans plusieurs de leurs rites. Par exemple, dans un de leurs rituels les plus importants, les femmes félicitent les hommes, les hommes remercient les femmes, les jeunes expriment leurs appréciations envers les vieux et les vieux identifient les contributions des jeunes. C’est une belle leçon à prendre

     

    Le pays des Dogons

    Le pays des Dogons, désigné au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO,   offre un spectacle magnifique. Il semble perdu au milieu du Mali mais ce pays offre un monde à part dans l’Afrique de l’Ouest avec ses traditions, ses mythes, ses paysages grandioses, sa biodiversité extraordinaire.  Que ce soit en saison sèche ou humide, les paysages sont toujours fascinants avec toutes ces cascades. En effet, les irrégularités du plateau rocheux donnent d’importantes concentrations d’eau qui forment de multiples cascades alimentant  des zones arides dans lesquelles se développent des oasis à la végétation dense et verdoyante qui cotoie une végétation typique du Sahel. Ce qui donne un biodiversité extraordinaire. Chaque micro-climat dans la région offre un assortiment unique de plantes médicinales et d’essences : karité, néré, balanzan ou acacia albida, tamarinier et palmier rônier ainsi que le baobab apportent à la population de quoi s’abreuver, se nourrir et se soigner. De même le pays Dogon possède une richesse ornithologique particulièrement dense.

     

    Le pays dogon possède de nombreux vestiges d’habitat anciens issus des périodes successives d’occupation. Les plus remarquables d’entre eux sont les vestiges des greniers Tellem (ces petits hommes que l’on appelle pygmées), constructions en petites briques en forme de petits pains non séchées et empilées en quinconce, qui se situent au beau milieu des falaises, dans des grottes ou dans des abris sous-roches naturels. Il s’agit là d’une des caractéristiques les plus impressionnantes de la zone de la falaise.

    grenier Tellem

    Hélas le pays est en pleine crise à la fois économique, alimentaire mais aussi au niveau de la sécurité de ses habitants par la menace des Djihadistes qui n’acceptent pas le syncrétisme religieux pratiqué par les Dogons.

     

     

    Mythes et croyances Dogon

     

    En effet les dogons ont une longue tradition de cosmogonie et d’animisme (incluant un esprit ancestral Nommo et une mythologie dans laquelle Sirius joue une part importante.)  Ils croient  en un Dieu unique Amma.

    Amma, maître de l'univers, organisa ensuite un système de planètes qu'il a créé avec des morceaux de "terre", ce mot étant pris ici dans un sens conceptuel. Il lança des boulettes de terre dans le ciel pour donner forme aux étoiles. Il fit de même pour notre système solaire.

    Pour faire le soleil et la lune, Amma modela de la terre en forme de deux poteries qu'il chauffa à blanc une fois pour toutes.

    La Terre fut créée en dernier lieu ; Amma lança un boudin de terre dans l'espace, comme pour chaque planète. A ses deux extrémités, la terre se sépara comme pour figurer des membres rattachés à un tronc. Ce corps schématisé était femelle, et une fourmilière constituait son sexe tandis qu'une termitière figurait son clitoris.

    Ainsi, la Terre fut prête à recevoir Amma.., il en fit son épouse.mais la termitière, élément mâle du sexe féminin, gênait la pénétration. Amma rasa donc la termitière et put s'unir à la terre ainsi excisée.

    C'est ainsi que l'excision apparut en terre Dogon. Un fils unique naquit, Yurugu ou le Renard pâle. La terre donna ensuite à Amma un couple d'enfant jumeaux appelés Nommo, à la fois mâle et femelle, couple idéal, maître de l’eau et de la parole. Puis Amma façonna avec de l’argile un couple humain, qui devait donner naissance aux huit ancêtres. Nommo leur enseigna la parole, liée à l’humidité, ainsi qu’au tissage car elle est faite de questions et de réponses entrelacées.

    Mais ce qui est troublant dans la cosmogonie des Dogons est la suite de leur croyance :Les Dogons considèrent que l'origine du monde vient d'une étoile nommée Digitaria, voisine de Sigui tolo (Sirius). Ce serait la plus petite et la plus lourde des étoiles et contiendrait le germe de toute chose. Cette étoile serait Sirius B, une naine blanche, effectivement une étoile très dense et très lourde mais celle-ci ne fut découverte qu'en 1844. De plus   selon la cosmogonie dogon, Sirius aurait un deuxième satellite, ou plutôt une étoile compagnon, mais il fallut attendre 1995 pour que Jean-Louis Duvent et Daniel Benest, astronomes à l'observatoire de Nice, guidés par des irrégularités apparentes du mouvement de Sirius, soupçonnent l'existence d'une naine rouge hypothétique. Tout ceci pose bien des questions. Comment ont-ils pu savoir ?

    Bien entendu pour les Islamistes, réunir toutes ces traditions à l’Islam est inconcevable. Ironie du sort, l’histoire des Dogons raconte qu’ils ont quitté le pays mandingue, dans le sud du Mali actuel, pour fuir l'Islam. Quelques siècles plus tard, l’Islam revient à eux par la force.

     

    Artisanat et art Dogon

     

    Filage et tissage font partis de l’artisanat Dogon. Le filage du coton est dévolu aux femmes et  le tissage aux hommes car le mouvement de la navette figure la seconde parole de Nommo. 

     

    La poterie est également un art Dogon et exécutée par les femmes. De l’argile mélangée à des morceaux de poterie déjà cuite et réduite en poudre représente la matière première des pots Dogon, particulièrement lourds mais conservant l’eau très fraîche ce qui n’est pas négligeable dans ce climat aride.

     

     

    La forge est une spécialité ancestrale réservée à la gente masculine du peuple. Les forgerons forment des castes endogames et vivent en marge de la société Dogon. Le travail du métal est associé à la parole comme le tissage .

    Les ateliers se trouvent en plein centre des villages. L’enclume, le four, les sièges du forgeron (sur lesquels il est interdit de s’asseoir) sont en pierre. Le forgeron travaille le métal mais aussi le bois. Le fer est extrait de la falaise, le fer ancestral, le fer sacré, le travail du forgeron est sacré lui-aussi.  Couteaux, haches sont fabriqués mais aussi bijoux, parures…

     

     

    La sculpture sur bois. Autrefois elle était le privilège du forgeron. Aujourd’hui avec l’attrait touristique, cet art s’est démocratisé. L’ébène, ce merveilleux bois noir précieux, devenant de plus en plus rare, les dogons le remplace par du bois blanc teinté ou par du clai.  Cet art est le principal pourvoyeur du commerce extérieur et les grossistes exportent par container entiers les œuvres des dogons. Mais l’art d’origine n’était pas fait pour être vu. Les statuettes étaient cachées dans les maisons, dans des sanctuaires et avaient des significations symboliques secrètes.

     

    Conclusion :

     

    Un pays magnifique, un peuple fascinant pleins de mystères, de légendes, de mythes. L’article que je viens de vous écrire ne représente qu’un petit aspect de ce peuple. Il y a tant à raconter sur eux, tant à découvrir. Si le sujet vous intéresse, je vous encourage à continuer d’en apprendre sur eux. Moi je n’y manquerai pas.

     

    Danse de la société des masques

     

    Oiseaux du pays Dogon

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  • gif noel

     

    Mari est une chanteuse norvégienne d'origine saami, née le 8 novembre 1956 au Finnmark, Norvège. Sa musique associe le chant traditionnel des Saami, le joik, avec des sons et des mélodies électro-acoustiques.

    Née en Laponie le pays du Père Noël, au nord de la Norvège, Mari Boine Persen a retrouvé ses racines et les traditions saami, y compris les chants traditionnels. Cette culture était sur le point de disparaître, étouffée par la vie moderne, la religion… Heureusement des jeunes ont commencé à s’intéresser aux traditions de leurs ancêtres et la culture Saami connait un renouveau.

     

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=KD15yirwhW4

     

    Les saamis, nom des lapons anciens, sont le seul peuple indigène d'Europe vivant dans le nord de la Scandinavie, c'est-à-dire de la Norvège et de la Suède, et également au nord de la Finlande et de la Russie. Leur territoire s’étend donc bien au-delà du cercle polaire dans un climat rude, abrupte avec des températures qui vont de -50° l'hiver à +16° l'été, des vents violents.

    Les anciennes croyances chamaniques ont largement disparu avec l'évangélisation forcée des Saami. Mais ils ont toujours un grand respect pour les anciens sites religieux. Ils continuent à croire aux Ulda, le peuple qui vit sous terre. Beaivi le soleil, Bieggolmmai le vent et Ruonanieida le printemps étaient leurs principales divinités. Le chamane entrait en transe au rythme du tambour magique pour communiquer avec le monde des esprits.

    Les chants traditionnels étaient sur le point de disparaître et heureusement ce sont les ivrognes qui les ont sauvés de la disparition. En effet, ce sont eux qui dans leurs délires éthyliques continuaient à les marmonner. De jeunes musiciens ayant comme Mari pris conscience de leur identité ethnique et culturelle, les ont repris et remis au goût du jour.

    http://www.dailymotion.com/video/x7di09_saami-le-musee-de-la-memoire_news

     

     

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    Tumaïs rassemblees_620x465

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     



    Umoja qui signifie "unité", est un village exceptionnel où se sont regroupés dès 1990, des femmes fuyant les mutilations sexuelles, les viols, les violences conjugales, les mariages forcés. Il est  interdit aux hommes et devient rapidement le refuge des femmes samburu.
    Elles étaient une trentaine à avoir le courage de s'enfuir et de fonder ce village de 2
    hectares. On les appelle Tumaï ou "espoir de vie".  Elles vivent dans des huttes, qu'elles ont elles-mêmes construites.

    Les femmes Tumai ne sont pas des Amazones. Les relations sexuelles sont acceptées mais elles doivent impérativement se passer en dehors du village. Les enfants mâles doivent quitter Umoja à 16 ans. Ils ont le droit d’y revenir pour rendre visite à leur mère ou y passer la nuit, mais ne peuvent y habiter tout au long de l’année.


    Depuis sa création , la communauté des femmes Tumai pratique une démocratie 100% «participative». Vendre une poule, acheter des cotonnades dans la bourgade voisine, envoyer des enfants à l’école primaire… Toutes les décisions qui engagent l’ensemble des habitantes sont soumises, après débats et lors de l’assemblée générale, au vote à la majorité et à main levée.

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    Elles vivent du commerce du poivre sauvage, de l'élevage et surtout de l'artisanat qu'elles vendent aux touristes venant visiter ce curieux village.  Sur chaque vente, 90% de la somme recueillie vont à celle qui a créé l’objet et 10% sont versés à la caisse de la communauté pour financer des soins de santé ou des études secondaires pour les enfants.


    Elles se sont résolus à recruter 3 hommes (les seuls admis) pour les protéger des
    hommes jugeant le village non conforme aux traditions locales. En effet, les femmes
    Tumaï s'opposent aux coutumes traditionnelles en refusant les mariages précoces
    pour leurs filles. De plus leur indépendance financière dûe à une économie prospère attise la jalousie.

    Mais depuis les émeutes de décembre 2007 au Kenya, les femmes  Tumai, qui vivent essentiellement de la vente de leur artisanat, se trouvent dans une situation désespérée. En effet, la situation instable du pays a découragé de nombreux touristes de visiter le pays.

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