• Mohammed Dib - Contre-jour

     

    Les oiseaux apparaissent,

    S’allume une flamme

    Et c’est la femme.

     

    Sans nom ni liens, ni voile,

    Errant les yeux clos,

    La femme couverte de la fraîcheur de la mer.

     

    Mais brusquement les oiseaux réapparaissent

    Et s’allonge cette flamme

    Plus qu’entr’aperçue au fond de la chambre.

     

    Et c’est la mer,

    La mer aux bras endormants portant le soleil,

    Ni orient ni nord, ni obstacle ni barre, la mer.

     

    Rien que la mer ténébreuse et douce

    Tombée des étoiles, témoin des mutilations du ciel,

    Solitude, pressentiments, chuchotis.

     

    Rien que la mer.

    Les yeux éteints,

    Sans vague ni vent ni voile.

     

    Brusquement les oiseaux réapparaissent,

    Et c’est la femme,

    Ni étoile ni rêve, ni geyser ni roue, la femme.

     

    Les oiseaux reviennent,

    Et rien que la mer.

     

                            Une anthologie des poésies arabes – Rachid Koraïchi

    Mohammed Dib  Contre-jour

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 22 Mars à 06:49
    Séverine

    Très joli !

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