• Didier DAENINCKX – L’école des colonies

    Didier DAENINCKX – L’école des colonies

     

    Roger Arvenel, instituteur fraîchement diplômé, se trouve affecté à Tigali. Fort de tous les préceptes, toutes les idéologies véhiculés par le colonialisme, il s’imagine déjà participer à la grande œuvre de la France en effectuant une grande mission éducative.

    Or peu à peu tout au long de ces 10 chapitres il se rend compte que toute la propagande étatique est fort éloigné de la réalité et profondément injuste et méprisante. Il découvre les conditions difficiles dans lesquelles vivent ses jeunes élèves, il découvre les brimades, la pauvreté mais aussi la dignité des algériens.

    Un superbe livre orné de planches scolaires, de cartes de géographie, de pages de manuels scolaires d’époque. L’entreprise coloniale était loin d’apporter la connaissance et la liberté aux peuples occupés. Elle se gardait bien d’offrir l’éducation qu’elle prétendait donner en maintenant les élèves et la population dans un esprit de soumission et de servitude sous un enseignement largement paternaliste et raciste.

    Un exemple de ce qui était enseigné aux colons tiré de « Géographie vivante » de 1826 démontrant un fort racisme : « le nègre est à peu près un homme comme les autres. Mais il faudra de longues années d’effort pour qu’il arrive à valoir les peuples blancs qui se sont emparés de sa patrie. »

    Plus tard en 1954, dans « questions scolaires aux missions » l’image donné des colonisés n’a guère évolué et le paternalisme est toujours aussi présent : « L’éducateur peut être exigeant pour les Noirs. Ils sont capables d’effort et de générosité. Celui qui exige beaucoup élève le niveau et permet aux meilleurs éléments de donner pleine mesure et d’atteindre plein épanouissement. Les Noirs attendent de la fermeté chez leur formateur. Ils se savent faibles et souhaitent être aidés. »

    Un livre qui devrait être lu par tous ceux qui prétendent encore que le colonialisme a beaucoup apporté aux populations autochtones.

    Je voudrais finir ce petit compte-rendu en recopiant cette citation d’Aimé Césaire que l’on retrouve aussi dans ce livre :

    « On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.

    Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs Dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.

    Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe infériorisation, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. »

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