• Abû Nuwâs - L'hydromel

     

    Fi des banalités en bloc !

    Vive l’amour ! Il te faut boire.

    Bois le vin clair comme œil de coq,

    d’une gazelle blanche et noire !

    Le vin d’or a des reflets bleus.

    Son allégresse est sans rivale.

    Il saute comme une cigale

    dans la chaleur des prés ombreux.

    Et des comètes d’or le suivent,

    passant de la nuit au grand jour.

     

    Il n’est pas de palme ou de vigne :

    mais c’est de l’hydromel tout court.

    C’est du miel d’abeille aux ruches peuplées,

    qui sont ses quartiers d’été comme hiver.

    Elle butine les fleurs des vallées

    et va s’abreuver  l’eau d’étangs clairs.

    Le nez camus, mince, agile, troussée,

    Les yeux enfoncés, ignorant le mal,

    tantôt l’abeille prend son vol nuptial.

    Tantôt vierge, et tantôt de ses petits suitée.

     

    Quand les gâteaux de miel se collent, dans la ruche,

    les ouvrières viennent étancher leur soif.

    L’heure est enfin venue, et le jour qui se cache,

    de récolter le miel qui aux rayons se juche.

    On le transvase, mélangé à l’eau du Nil,

    dans un chaudron large et bas comme un puits,

    lorsque les éclaireurs ont enlevé l’écume

    et que le feu a purifié le miel fourni.

    Ils le déposent dans les jarres goudronnées,

    brunes, ternes, poudreuses, avec précaution.

    L’hydromel va s’y reposer, sous le bouchon

    d’argile, après avoir tempêté et grondé.

                           

                                              Abû Nuwâs

                                          (Une anthologie des poésies arabes – Rachid Koraïchi )

     

    Abû Nuwâs  -  L'hydromel

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  • Commentaires

    1
    Mardi 13 Mars à 20:13

    Jolie !!! bonne soirée

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